L’instant éducation

La Chine, Singapour, la Corée et le Japon en tête du classement PISA

L’état de l’éducation dans le monde évaluée par l’OCDE

Témoignages.re / 4 décembre 2013

Les pays d’Asie dépassent les autres pays du monde dans le classement de la dernière enquête PISA de l’OCDE, qui a pour objet d’évaluer les connaissances et les compétences des jeunes âgés de 15 ans sur l’ensemble de la planète.

Plus de 510.000 élèves de 65 pays et économies ont été soumis aux épreuves de mathématiques, de compréhension de l’écrit et de sciences de l’enquête PISA 2012 de l’OCDE. Les mathématiques étaient la matière principale. Les compétences dans ce domaine constituent une importante variable explicative des bons résultats que pourront enregistrer les jeunes à l’âge adulte. Elles influent sur leur aptitude à suivre des études de niveau postsecondaire et sur la rémunération qu’ils pourront escompter obtenir dans l’avenir.

Shanghai (Chine) et Singapour se situent en tête pour les mathématiques, les élèves de Shanghai ayant obtenu un score équivalant à une avance de près de trois années d’études par rapport à la plupart des autres pays de l’OCDE. Hong Kong (Chine), le Taipei chinois, la Corée, Macao (Chine), le Japon, le Liechtenstein, la Suisse et les Pays-Bas font aussi partie du groupe des pays les plus performants.

L’Asie privilégie la formation des enseignants

« Compte tenu du niveau élevé du chômage des jeunes, de l’aggravation des inégalités et de la nécessité impérieuse de stimuler la croissance dans un grand nombre de pays, il est plus urgent que jamais de faire en sorte que les jeunes acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour réussir », a déclaré Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, à Washington D.C. lors de la présentation du rapport. « Dans une économie mondialisée, la compétitivité et les possibilités d’emploi futures dépendront de ce que les individus sont capables de faire avec les connaissances qu’ils possèdent. Les jeunes sont l’avenir ; par conséquent, chaque pays doit faire tout ce qu’il peut pour améliorer son système d’enseignement et les perspectives qui s’offrent aux jeunes générations ».

L’enquête met en lumière plusieurs des traits qui caractérisent les meilleurs systèmes d’enseignement. Les plus performants, notamment en Asie, mettent fortement l’accent sur la sélection et la formation des enseignants, encouragent ces derniers à travailler ensemble et investissent en priorité dans l’amélioration de leur qualité, et non dans la taille des classes. De plus, ils fixent des objectifs clairs et donnent aux enseignants l’autonomie dont ils ont besoin dans la salle de classe pour pouvoir les atteindre.

Les élèves dont les parents ont de fortes attentes ont de meilleurs résultats : ils font généralement plus d’efforts, ont davantage confiance en leurs propres capacités et sont plus désireux d’apprendre.

Des progrès en général

Parmi les pays pour lesquels il existe des données tendancielles allant jusqu’en 2012 pour les mathématiques, 25 ont vu leurs performances s’améliorer dans ce domaine, 25 autres n’ont enregistré aucun changement et 14 ont reculé. L’Allemagne, le Brésil, Israël, l’Italie, le Mexique, la Pologne, le Portugal, la Tunisie et la Turquie ont progressé de manière régulière au cours de la période. Shanghai (Chine) et Singapour ont accru leur score, qui était déjà élevé en 2009.

L’Italie, la Pologne et le Portugal ont aussi vu croître leur proportion d’élèves très performants et diminuer celle des élèves peu performants. L’Allemagne, le Mexique et la Turquie sont également parvenus à améliorer les résultats de leurs élèves les plus faibles, dont beaucoup sont issus de milieux défavorisés sur le plan socioéconomique. Cela montre que les pays peuvent simultanément renforcer l’équité et accroître les performances.

Selon l’OCDE, il est essentiel de donner à chaque enfant la possibilité de réussir. Or, 23% des élèves des pays de l’OCDE et 32% des élèves de l’ensemble des pays n’ont pas réussi à résoudre les problèmes de mathématiques les plus simples. Sans cette aptitude fondamentale, ils risquent fort de sortir tôt du système scolaire et d’être confrontés à des difficultés dans l’avenir. Certains pays ont réussi à aider les élèves ayant des performances insuffisantes : l’Allemagne, la Colombie, la Finlande, l’Irlande, le Mexique et la Pologne ont mis en place des dispositifs visant à repérer sans tarder les élèves et les écoles en difficulté et à leur apporter un soutien, si bien qu’ils ont vu croître les scores obtenus par cette catégorie d’élèves aux épreuves du PISA.

Une exception française

France : dégradation du système éducatif et augmentation des inégalités

Selon l’OCDE, « en France, par rapport à 2003, il y a un peu près autant d’élèves très performants, mais surtout beaucoup plus d’élèves en difficulté, ce qui sous-entend que le système s’est dégradé principalement par le bas ces 9 dernières années ». Extraits du rapport PISA relatif à la France.

Parmi les 64 participant à l’évaluation PISA 2012 qui disposent de données comparables avec les évaluations PISA précédentes, 25 pays et économies font état d’une amélioration de la performance de leurs élèves en mathématiques et 14 (dont la France) enregistrent un recul de leur performance. Pour 25 autres participants, la performance en mathématiques est restée identique.

Parmi les pays qui ont participé à chacune des évaluations PISA depuis 2003, le Brésil, l’Italie, le Mexique, la Pologne, le Portugal, la Tunisie et la Turquie affichent une augmentation moyenne de 2,5 points par an.

S’il est certes plus aisé d’accroître ses performances lorsque l’on commence avec des résultats assez faibles, certains pays ont prouvé qu’il était toujours possible d’améliorer ses résultats, même quand on se situe déjà parmi les meilleurs. Depuis leur première participation à l’enquête PISA, l’Allemagne, ainsi que les économies et pays partenaires Hong-Kong (Chine), Macao (Chine), Shanghai (Chine) et Singapour, ont réussi à améliorer leur performance en mathématiques, alors qu’ils se situaient déjà au-dessus ou au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE.

Recul général

Alors qu’en 2003, la proportion d’élèves de 15 ans très performants à l’évaluation PISA était légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE et que, à l’autre extrémité de l’échelle, la proportion d’élèves en difficulté se situait bien en dessous de la moyenne de l’OCDE, ces deux proportions se retrouvent aujourd’hui au niveau de la moyenne de l’OCDE. Ceci explique la baisse générale des résultats des élèves de 15 ans, qui a fait passer la France du groupe des pays se situant au-dessus de la moyenne de l’OCDE à celui des pays dont la performance est dans la moyenne de l’OCDE.

Parmi les exemples positifs, entre 2000 et 2012, l’Italie, la Pologne et le Portugal ont réduit leur proportion d‘élèves en difficulté tout en augmentant celle de leurs élèves très performants. La Pologne, dont la performance a augmenté de 27 points entre 2003 et 2012, recueille les fruits de sa réforme globale qui lui a permis de diminuer sa proportion d’élèves peu performants (passant de 22% à 14%) et d’augmenter en même temps sa proportion d’élèves très performants (passant de 10% à 17%).

Ainsi, les 10% d’élèves les moins performants ont vu leurs résultats chuter de 23 points en France entre 2003 et 2012, alors que les résultats des 10% d’élèves les plus performants n’ont baissé que de 6 points ; l’écart entre ces deux groupes d’élèves s’est donc creusé de 17 points rendant le système d’éducation français encore plus dichotomique qu’auparavant.
Baisse des performances en mathématiques

- La performance des élèves de 15 ans en mathématiques se situe en France au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE, avec un score de 495 points (contre 494 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE).

- En France, le score obtenu en mathématiques par les élèves de 15 ans a diminué de 16 points entre PISA 2003 (511 points) et PISA 2012 (495 points), ce qui, en 9 ans, fait passer la France du groupe des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l’OCDE au groupe des pays dont la performance est dans la moyenne de l’OCDE.

- Cette baisse entre 2003 et 2012 est en partie due à la chute des résultats observée en France entre 2003 et 2006.

- Par rapport aux résultats de 2003, il y a à peu près autant d’élèves très performants (niveau 5 ou 6 de compétence) en France, mais surtout beaucoup plus d’élèves en difficulté (sous le niveau2 de compétence), ce qui sous-entend que le système s’est dégradé principalement par le bas entre 2003 et 2012.
Hausse des inégalités dans l’apprentissage

- En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance est bien plus marquée que dans la plupart des autres pays de l’OCDE ; le niveau de performance en mathématiques y reste toutefois dans la moyenne des pays de l’OCDE.

- L’augmentation d’une unité de l’indice PISA de statut économique, social et culturel entraîne une augmentation du score en mathématiques de 39 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE, et de 57 points en France, soit l’augmentation la plus marquée de tous les pays de l’OCDE.

- Le système d’éducation français est plus inégalitaire en 2012 qu’il ne l’était 9 ans auparavant et les inégalités sociales se sont surtout aggravées entre 2003 et 2006 (43 points en 2003 contre 55 en 2006 et 57 points en 2012). En France, lorsque l’on appartient à un milieu défavorisé, on a clairement aujourd’hui moins de chances de réussir qu’en 2003.

- Les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté. La proportion d’élèves issus de l’immigration se situant sous le niveau 2 en mathématiques lors du cycle PISA 2012 ne dépasse pas 16% en Australie et au Canada, mais atteint 43% en France et globalement plus de 40% uniquement en Autriche, en Finlande, en Italie, au Mexique, au Portugal, en Espagne et en Suède.

- Même après contrôle du milieu socio-économique, en France, les élèves issus de l’immigration accusent des scores inférieurs de 37 points à ceux des élèves autochtones, soit presque l’équivalent d’une année d’études (contre 27 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE).

- En France, les élèves issus d’un milieu socio-économique défavorisé n’obtiennent pas seulement des résultats nettement inférieurs, ils sont aussi moins impliqués, attachés à leur école, persévérants, et beaucoup plus anxieux par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE.


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