L’invité(e)

2010 : un calendrier contraignant pour l’abolition de la pauvreté et pour l’emploi aux Réunionnais

Élie Hoarau, secrétaire général du Parti communiste réunionnais et député au Parlement européen

Témoignages.re / 11 janvier 2010

Élie Hoarau, secrétaire général du PCR revient sur le premier Comité central de l’année qui s’est tenu vendredi au Port. L’occasion de faire le point sur l’année écoulée et réfléchir sur l’année en cours.

L’année 2009 avait débuté par un article du "Quotidien" titrant l’année du PCR. Au milieu de l’année 2009, un observateur de la vie politique réunionnaise, M. Combeau, déclarait que le PCR est l’acronyme de Parti central de La Réunion. Quelles appréciations y portez-vous ?

- Cette année était celle du cinquantenaire de notre parti, et elle a été marquée par le succès de plusieurs grandes manifestations : conférence extraordinaire de Saint-Pierre, 6ème Congrès du PCR à Saint-Denis et à La Rivière, rassemblement de La Possession.

Le Congrès a été un moment très fort, marqué par le renouvellement du Comité central et la réaffirmation de nos objectifs, pour le développement durable de La Réunion et l’abolition de la pauvreté. Ce mot d’ordre a été rappelé le 22 novembre à notre rassemblement de La Possession.

2009 a été aussi l’ouverture de la route des Tamarins, de l’arrivée de l’A380, de la reconnaissance du maloya en tant que patrimoine mondial de l’humanité, sans compter les efforts faits pour concrétiser les projets du tram-train et de la MCUR.

À cela s’ajoute la participation d’une importante délégation réunionnaise au sommet de Copenhague. Je n’oublie pas la rencontre exceptionnelle d’un responsable politique réunionnais avec le président du GIEC, prix Nobel de la paix, et acteur incontournable de toutes les questions liées au Climat à l’ONU. Il est regrettable que l’année 2009 se termine sur une catastrophe sociale aussi grave que la liquidation de l’ARAST et la mise au chômage de 1.200 personnes. Cette situation doit interpeller tous les acteurs sociaux de La Réunion sur l’esprit de responsabilité qui doit présider aux destinées des associations et à la garantie de l’emploi. Je profite de l’occasion pour rappeler que nous sommes dans un État de droit, que le droit doit s’appliquer : les travailleurs de l’ARAST ont cotisé à l’AGS, et l’AGS doit verser sans délai les indemnités dues aux travailleurs. Toute autre attitude participe à la diversion dans le traitement de ce dossier. L’AGS doit payer maintenant car ce n’est pas l’argent du MEDEF, mais celui des cotisations des travailleurs. Cette cotisation a été créée par la loi justement pour régler ce type de situation. D’ailleurs l’AGS a déjà payé 65 personnes, il est juste qu’elle fasse aussi pour les autres.

2009 était aussi une année électorale ?

- Tout de suite après le Congrès a eu lieu l’élection au Parlement européen. L’Alliance des Outre-mer est une coalition qui a été capable d’obtenir un des trois sièges de la circonscription, uniquement sur nos forces de l’Outre-mer.
Ensuite, des annulations ont débouché sur des partielles qui ont vu la reconduction des équipes contestées. Ceux qui ont tenté de manœuvrer pour affaiblir notre camp ont perdu et la population a rendu hommage à la qualité de nos cadres et à la justesse des objectifs généraux de la politique du parti.

2009 a été aussi l’année d’un grand mouvement social, quelle a été la contribution du PCR ?

- Le PCR a participé à des degrés divers aux luttes sociales, il faisait partie du COSPAR. Des dizaines de milliers de Réunionnais étaient dans la rue pour réclamer la baisse des prix et l’amélioration du pouvoir d’achat.

Ces luttes ont débouché sur les États généraux. Fidèle à son esprit de responsabilité, le PCR a contribué à la tenue des États généraux. Et il a fait connaître ses propositions pour La Réunion dans les 8 ateliers.

La démarche des États généraux a débouché sur un Conseil interministériel sur l’Outre-mer qui a proposé un catalogue de mesures dont le président de République s’est chargé de faire le commentaire le 6 novembre. Nous avons souligné les points positifs de ces mesures tout en regrettant l’absence de mesures essentielles pour faire face à l’urgence sociale.

Et pour 2010 ?

- L’année 2010 termine la première décennie du millénaire. Les objectifs du millénaire n’ont pas été atteints. Il reste cinq ans. Si à l’époque on avait un doute sur les capacités financières des pays riches, on a vu que pour sauver des banques, ils ont pu sortir des milliers de milliards de dollars. Il reste cinq ans, il est donc possible de rattraper le retard, notamment pour diminuer le 50% la pauvreté.

Concernant la crise climatique, Copenhague pouvait déboucher sur la création d’un fonds de plusieurs centaines de milliards de dollars. Avec une délégation réunionnaise, nous avons participé à la lutte solidaire pour que ce projet se concrétise. À ce moment décisif de l’Histoire, nous étions présents. La leçon de cet événement, c’est que le Réunionnais doit être toujours présent dans les luttes fondamentales, là où se construisent l’avenir.

Concernant La Réunion, 2010, c’est une année électorale décisive. Nous faisons confiance à la population pour permettre à l’équipe sortante de continuer le travail entrepris. Nous allons nous mobiliser pour réclamer l’application des décisions adoptées au moment du CIOM. Pour 2010, nous réclamons au gouvernement un calendrier des mesures décidées au CIOM. Un calendrier très contraignant avec un comité d’évaluation qui se réunira tous les mois pour faire le point sur la concrétisation des mesures du CIOM. 

Les Réunionnais peuvent se rassembler pour remporter des victoires électorales, mais aussi sociales.

En ce sens, le PCR a pu contribuer aux avancées de la société réunionnaise. Il agit en parti responsable devant les Réunionnais et devant La Réunion. À souhaiter que les autres partis puissent en faire autant, et qu’ils ne passent pas leur temps à causer.

Si néna i koz, nou, ni fé !


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