L’invité(e)

« Aujourd’hui, les planteurs vendent la canne au même prix qu’il y a 30 ans »

Assemblée générale de la Coordination Rurale

Sophie Périabe / 25 août 2009

Samedi dernier, la Coordination Rurale tenait sa traditionnelle assemblée générale à Saint-Joseph. C’était l’occasion pour le syndicat agricole de revenir sur les sujets d’actualité qui touchent l’agriculture réunionnaise : la canne et les éleveurs notamment.

Quelle est la position de la Coordination Rurale concernant la revalorisation de la tonne de canne proposée par le ministre ?

- Lors de notre assemblée générale, nous avons fait le point sur l’actualité locale ; nous nous sommes penchés sur le problème de la canne. Aujourd’hui, les planteurs vendent la canne au même prix qu’il y a 30 ans. On nous propose une revalorisation de 10 euros, c’est bien ; mais si l’Europe décide d’appliquer la PAC aux DOM-TOM, ça va poser un sérieux problème à la filière. C’est pour cela que, pour nous, ces 10 euros, c’est de la poudre aux yeux.
Beaucoup de planteurs nous ont interpelés également sur le problème de la pesée de la canne. Nous nous y sommes intéressés et nous avons été sur la balance de la plate-forme de Grand-Bois afin de voir comment cela se passe. Il faut savoir que l’année dernière, des planteurs voulaient bloquer la balance. Aujourd’hui, tout le monde est satisfait, et si demain il y a une anomalie, nous savons désormais comment cela se passe et vers qui nous retourner.

Les éleveurs de bovins ont fait la Une de la presse dernièrement en dénonçant la qualité des animaux importés, qu’en pense la Coordination Rurale ?

- Aujourd’hui, nous soutenons ces éleveurs qui osent enfin emmener leurs bêtes malades devant les locaux de la DAF. Lors d’une conférence de presse, nous avions dénoncé les prix pratiqués par les coopératives agricoles et la grande distribution sur la production locale. Des éleveurs ont subi des pressions et certains ont même vu leur quota réduit.
Aujourd’hui, il est nécessaire de se mettre autour d’une table afin de sauver la filière. On demande toute la transparence sur ce dossier.
Au niveau de l’équarrissage, le problème est lui aussi loin d’être réglé. On y travaille actuellement pour voir ce qu’on peut faire car cela remet en cause toute la filière.

Vous vous battez également pour une meilleure représentativité du syndicat ?

- En effet, lors des Etats-généraux, nous regrettons ne pas avoir été invités par le préfet. Nous avons bien été convoqués par les renseignements généraux, mais sur les sujets importants comme les Etats-généraux, ce sont toujours les mêmes décideurs. Or, tous les syndicats doivent être conviés.
D’autre part, nous ne sommes pas là pour pointer du doigt tel ou tel syndicat, lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des agriculteurs, tous les syndicats doivent s’unir.

 Propos recueillis par SP 


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