L’invité(e)

Baisse des recettes et pression sociale : « on conjugue les difficultés »

Guito Ramoune, maire de la Petite Île

Manuel Marchal / 22 septembre 2009

La baisse des recettes de l’octroi de mer a des conséquences pour les budgets des communes, et notamment des plus petites d’entre elles. Éclairage de Guito Ramoune, maire de la Petite Île.

Quelle est l’importance de l’octroi de mer dans le budget de la Petite Île ?


- L’octroi de mer à la Petite île, c’est 38% du budget. Si la tendance observée depuis le début de l’année se confirme, alors la baisse des recettes de l’octroi de mer entrainera un manque à gagner de 350.000 euros dans le budget.
À cela s’ajoute une diminution des rentrées du FIRT (financé par la taxe sur les carburants - NDLR), de l’ordre de 50.000 euros.
Ce sont donc 400.000 euros de moins pour les recettes qui sont destinées au fonctionnement.

Quelle conséquence pour les investissements ?


- Cette année, nous pouvons temporiser. Mais l’an prochain, cela va être serré. Nous sommes sûr de ne pas avoir de FRDE (fonds financé par l’octroi de mer destiné aux investissements des communes - NDLR). Pour la Petite Île, le FRDE, c’est entre 400.000 et 450.000 euros. Nous n’aurons donc aucune recette d’octroi de mer pour l’investissement.
En ce moment, nous préparons les budgets pour l’an prochain, mais c’est l’incertitude.
Car ces difficultés s’inscrivent au moment où des financements diminuent de manière drastique, comme le FRAFU ou des crédits d’État. L’ancien DOCUP prévoyait un co-financement des stations d’épuration à 80% par l’État, cela n’est plus le cas.
Aucun projet de la commune n’est bénéficiaire du Plan de relance de l’État. On peut regretter le niveau de financement réel de ce Plan de relance : 46 millions d’euros destinés aux communes.

Comment allez-vous faire ?


- Nous nous sommes engagés à ne pas augmenter les impôts durant la mandature. Au bout de 18 mois de mandat, nous avons identifié des postes où nous pouvons faire des économies dans le fonctionnement. C’est par exemple le cas du papier. Nous voulons développer l’échange de données informatique entre les services. Nous souhaitons également limiter les frais d’insertion des marchés publics en recourant aux TIC.
Je constate que les communes de Métropole ne connaissent pas cette baisse des recettes. Nous sommes en pleine crise, la pression sociale s’accentue sur les Mairies. Nous avons aussi la pression du BTP qui souhaite la relance.
On conjugue les difficultés, et les petites communes sont les plus touchées par cette baisse des recettes de l’octroi de mer.

Propos recueillis par M.M.


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