L’invité(e)

Brigitte Malet : « Les gens attendent encore de nous, il ne faut pas se laisser attendrir »

Le COSPAR a 1 an

Céline Tabou / 5 mars 2010

Brigitte Malet fait partie de Agir pou nout tout, association co-fondatrice du mouvement Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion (COSPAR), qui est parvenu à ce que ses revendications majeures soient prises en compte par l’État et les acteurs économiques : gel des loyers des logements sociaux, baisse de 5 euros de la bouteille de gaz, hausse des bas salaires, des minima sociaux et des retraites, baisse de 20% sur les produits de première consommation.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous impliquer dans le COSPAR ?


- Je suis engagée dans l’association Agir Pou Nout Tout, avec laquelle le milite. Les thèmes principaux pour lesquels on lutte sont la hausse des prix, le pouvoir d’achat et le revenu. Jean-Hugues Ratenon a demandé plus de transparence à l’Observatoire des prix et des revenus. Lorsqu’aux Antilles, le LKP a poussé les gens à sortir de chez eux, ici le combat s’est accentué, notamment contre la hausse des prix du carburant.
Début février 2009, quelques personnes ont constitué le noyau central du COSPAR : Jean-Hugues Ratenon, moi-même, la FSU, la CGTR, le NPAR et le Parti de Gauche à La Possession. Par la suite, il y a eu de nombreuses réunions qui ont fait grandir le mouvement, une quinzaine de personnes venant d’associations diverses se sont associées à nous et ont fait grandir le COSPAR.

Comment percevez-vous les changements obtenus par le COSPAR ?


- On a tout de suite eu des réponses sur le gaz et l’essence : on a eu droit à 5 euros de moins sur le gaz et quelques centimes sur le prix de l’essence. C’est peut-être minime, mais c’est très important pour les familles qui ont du mal à s’en sortir. 250 produits ont connu une baisse significative, entre 10 et 20% sur des articles alimentaires et de tous les jours, c’est une réelle avancée pour les Réunionnais.
Mais après avoir obtenu ces avantages, nous avons, avec l’association Agir pou nout tout, décidé de se rendre dans les grandes surfaces afin de voir si elles pratiquaient la baisse des prix, et surtout si elles avaient mis en place l’affichage des prix COSPAR. Nous faisions nos enquêtes, et si les grandes surfaces ne faisaient pas la baisse des prix, on leur demandait des explications. Cependant, les grandes surfaces ont répondu à nos attentes, et ont joué le jeu. Parfois, nous sollicitions les clients pour qu’ils nous indiquent si dans leur supermarché la baisse n’avait pas lieu.
Mais on a senti un engagement de la part de tout le monde, tant des supermarchés que des clients. Cela a conduit au changement des modes de consommation, notamment parce que les familles ont moins de moyens.
Je déplore la dissolution du COSPAR. Bien qu’il ne soit plus, les gens attendent encore des actions de la part des meneurs. Il ne faut pas se laisser attendrir, il faut agir, même sporadiquement, en descendant dans la rue pour dire que nous sommes toujours là.
Il existe tout de même une continuité dans l’action du COSPAR, car les politiciens, les syndicalistes continuent dans leur domaine de compétences à lutter pour les Réunionnais. Les associations, elles, vont se réunir en Collectif, pour adhérer aux 30 propositions faites le 16 janvier dernier à Saint-Leu par Agir pou nout tout pour trouver des solutions aux problèmes de l’emploi, à l’urgence sociale, à la hausse des prix, entre autres.

Quelles perspectives voyez-vous pour La Réunion ?

- Je pense que l’Observatoire des prix et des revenus doit toujours veiller sur les prix et qu’il soit transparent. L’Observatoire doit également faire des actions au niveau de la répression des fraudes. L’emploi est un souci majeur à l’heure d’aujourd’hui, il est nécessaire de trouver des moyens pour les secteurs de l’aide à domicile et l’environnement. Ces deux thèmes sont majeurs à La Réunion, et peuvent être créateurs d’emplois. On parle beaucoup d’urgence sociale, c’est là où il faut faire quelque chose pour les services de proximité qui sont essentiels dans la société.

Propos recueillis par Céline Tabou


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