L’invité(e)

« Ces pluies ont été exceptionnelles dans leur durée et dans leur abondance… »

Jean-Claude Melin, 3ème adjoint de la maire de Saint-Paul

YVDE / 8 février 2010

Jean-Claude Melin, 3ème adjoint de la maire de Saint-Paul, témoigne de la forte présence – la députée-maire, Huguette Bello en tête – des élu(e) sur le terrain, lors des fortes pluies tombées sur l’Ouest dans le nuit de mercredi à jeudi. Il resitue les responsabilités et souligne que la municipalité travaille d’arrache-pied sur le dossier considéré prioritaire de la protection des biens et des personnes.

De grosses pluies – quand même pas très exceptionnelles - sont tombées dans la nuit de mercredi à jeudi dernier et l’on se retrouve avec plusieurs quartiers inondés. Que faire ?

- J’étais sur place toute la nuit. Ces pluies ont été exceptionnelles dans leur durée et dans leur abondance sur Saint-Gilles. Dans les hauts de Saint-Paul, on a battu des records. Or, tout ce qui est tombé dans les hauts est arrivé très vite et très violemment dans les bas. Ce qui a eu pour effet, le débordement soudain des ravines de l’Ermitage et de Saint-Gilles.
Devant Champion en une demi-heure, j’ai constaté que l’on ne pouvait plus passer en voiture. La ravine de l’Ermitage était pleine. A Saint-Gilles, au niveau de la Poste et de la rue Saint-Laurent, on ne passait plus non plus. C’était complètement inondé.
Dans le point bas de la Saline les Bains, au niveau des restaurants, vers une heure du matin, nous avons mis en route la pompe que nous avons installée en 2008. Ce qui a permis de récupérer l’eau du canal et de la rejeter sur le parcours de santé qui est une zone tampon d’expansion des crues, une zone de rétention des eaux.

Quels sont les responsables de cet état de fait ?


- D’abord, il est important de rappeler que l’Etat est responsable du domaine fluvial et doit assurer le bon écoulement des eaux pluviales et l’ouverture du cordon dunaire de Saint-Gilles.
Aujourd’hui, il n’existe aucune convention entre l’Etat et la Municipalité de Saint-Paul . Si demain matin, nous ouvrons le cordon dunaire sans la signature de cette convention, nous serons tenus responsables des incidences sur la navigation et sur le milieu aquatiques. Nous attendons une position claire de l’Eta et la signature d’une convention nous autorisant à ouvrir le cordon dunaire à titre préventif.
Il va nous falloir également examiner si la Route des Tamarins a aggravé - ou pas - le phénomène. C’est possible ! Mais nous n’avons pas d’informations précises là-dessus, ni aucune notion palpable des données. Ce que l’on sait, c’est qu’à la Saline les Bains, à l’Ermitage et à Saint-Gilles, nous avons assisté à une montée brusque des eaux. Ce qui explique le déversement phénoménal de la ravine Saint-Gilles dans le port. D’autant que le cordon dunaire avait été ouvert il y a quelque temps et qu’il n’était pas encore totalement refermé. Il n’a donc pas fonctionné comme il se doit avec l’arrivée d’eau massive.
Il nous faut aussi remonter un peu dans l’histoire. Avant même l’urbanisation de Saint-Gilles et de l’Ermitage, ces zones étaient inondables. Nous, nous héritons d’une situation dont nous ne sommes pas responsables. Les maires qui se sont succédés depuis quarante ans ont délivré les permis de construire un peu n’importe où. Et s’ils ne le faisaient pas, on leur opposait que la ravine « lé sek…ke li la pas koulé dopi trantan ». Ce n’est que depuis 1995 que l‘on travaille sur un schéma d’eaux pluviales pour la zone de la Saline et de l’Ermitage et qu’il existe une programme d’endiguement contre les risques de crues centennales. Nous ne sommes pas responsables des carences de nos prédécesseurs. Il n’y a pas deux ans que nous sommes là, avec une interruption de plusieurs mois. Nous atteignons notre vitesse de croisière. Et la question de la protection des biens et des personnes fait partie de nos priorités.

Justement, qu’avez-vous fait depuis que vous êtes à la mairie ?


- Il y a quinze jours, nous avons instruit un dossier dans le cadre d’un appel à projets sur La Réunion pour bénéficier d’un cofinancement Europe Etat, Région… Si notre dossier est retenu nous devrons diligenter une étude plus fine pour lancer les travaux afin de protéger les personnes et les biens à la Saline et à l’Ermitage. Il s’agit de travaux d’endiguement, d’amélioration bon écoulement des eaux par des déviations vers d’autres ravines, notamment vers la ravine Tabac. Un étude de la Sogreah démontre qu’après la réalisation de ses travaux, ces zones retrouveront un caractère normal et seront protégée d’une crue centennale. La Municipalité travaille sur ce dossier et pense le faire aboutir. La députée-maire est bien consciente de tous ces problèmes et nous mettons tout en œuvre pour les résoudre avec des cofinancement publics de divers organismes.

Propos recueillis par YVDE


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