L’invité(e)

« Démagogie électoraliste »

Philipe Berne, membre de l’Alliance

Geoffroy Géraud-Legros / 2 avril 2010

Didier Robert et la route du littoral, c’est enfoncer des portes ouvertes. Tout ce qu’a promis Didier Robert est déjà fait, ou alors est impossible. Démonstration.

Pendant la campagne et après son élection, Didier Robert a pris position sur le Tram-train et sur la Route du littoral. Quelle impression générale retirez-vous de ses déclarations ?


- Je remarque tout d’abord qu’à peine élu, il est parti prendre ses ordres à Paris. Je remarque surtout que ses déclarations sur le Tram-train sont vides de sens. Que veut faire Didier Robert ? S’il veut toucher au tracé, c’est tout le dossier que nous avions construit qui est à refaire. En effet, il faudra un nouveau dossier de DUP (déclaration d’utilité publique), il y en a pour deux ans au bas mot. Des modifications substantielles, comme de toucher aux gares, etc, engageraient une cascade de procédures et de négociations. Je ne sais pas s’il s’en rend bien compte. D’un autre côté, il peut aussi choisir de se limiter à des modifications marginales, et reprendre le travail de l’équipe précédente à son profit. Dans ce cas, cela voudra dire qu’il a mené une campagne démagogique, en attaquant durement un projet, un travail et une équipe, dans un but uniquement électoraliste.

Au cours de la campagne, Didier Robert a beaucoup plaidé pour la route du Littoral contre le Tram-train. C’est cet argument qu’il développe à Paris en ce moment. Que vous inspire cette ligne de conduite ?


- Il faut être clair : les Accords de Matignon sont un ensemble de financements croisés, qui viennent de l’Europe, du FEDER, de la Région. Ces fonds ne sont pas détachables l’un de l’autre à volonté. Il n’est pas possible d’opposer l’un et l’autre.

Didier Robert parle aujourd’hui de “sécurisation” et de “modernisation”. Qu’entend-il par là ?


- Prétendre que l’on va démarrer les travaux de la Route du Littoral du jour au lendemain relève là encore de la démagogie électoraliste. La Route du littoral donne lieu à des études, et tout un travail de fond a été fait ; des études sans lesquelles on ne peut rien faire. D’ailleurs, la position de l’Etat en la matière est d’éviter la précipitation pour éviter les recours en cascade. Le début des travaux est fixé pour 2013-2014. La livraison est prévue pour 2017. Didier Robert ne pourra pas aller plus vite. S’agissant de la “sécurisation”, il ne pourra guère faire mieux. Depuis l’effondrement de 2006, les chutes de roches ont été diminuées par 10. Les basculements, qui servent à prévenir les chutes, fonctionnement mieux qu’avant. Que peut-il faire de plus ? Il faut rappeler que cette compétence, autrefois partagée par l’Etat et la Région, est aujourd’hui entièrement passée à cette dernière. Conséquence : il manque aujourd’hui 50 millions d’euros. Quant à la “modernisation”, il faut bien dire que c’est un concept vide de sens… qui vaut bien celui de “changement”, auquel Didier Robert n’a donné aucun contenu positif.

Propos recueillis par Geoffroy Géraud-Legros


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