L’invité(e)

Des pertes énormes à prévoir surtout dans l’Ouest

Panne à l’usine de Bois-Rouge

Sophie Périabe / 3 septembre 2009

Manque de trésorerie, risque d’incendie, pertes financières, les conséquences sont multiples pour les milliers de planteurs qui dépendent de l’usine de Bois-Rouge. Dans l’Ouest, les planteurs demandent la tenue en urgence d’une commission mixte d’usine.

Depuis dimanche soir, l’usine de Bois-Rouge ne réceptionne plus les cannes suite à un incendie déclaré dans le local électrique de la centrale thermique. Pour les 1.400 planteurs de l’Est et du Nord-Ouest, ces 10 jours d’arrêt forcés est un gros coup dur.
Selon la Chambre d’agriculture, 20.000 tonnes de cannes déjà coupées attendent dans les remorques. « Techniquement, il est prouvé que des cannes restées à terre plus d’un jour perdent en poids et en richesse, alors attendre 15 jours, c’est une perte énorme », indique Jean Julius Métanire, membre de la Commission mixte Stella/Savanna.
Par contre, pour les cannes restées dans les champs, « c’est un point positif, car la canne aura le temps de mûrir davantage, le taux de sucre sera plus élevé », selon Sylvestre Lamoly, président de Commission mixte Stella/Savanna. Mais cela est valable que pour la zone Est qui ne connaît pas de problème d’irrigation.
Car, de l’autre côté de l’île, c’est un vrai désastre. « Dans l’Ouest, il y a le problème de l’irrigation, l’eau n’arrive pas facilement. De plus, le risque d’incendie est élevé, un planteur a déjà subi un incendie aujourd’hui, le feu peut se propager très facilement dans cette zone de l’île », poursuit Sylvestre Lamoly.
D’autre part, ces 10 jours d’arrêt entraînent de vrais problèmes de trésorerie pour les planteurs. « Il faut savoir que nous sommes payés toutes les semaines. Donc pour ceux qui ont des prêts à rembourser, ce sera très difficile sans trésorerie. Les planteurs qui emploient des coupeurs de cannes ne peuvent pas les renvoyer en attendant ». Certains ont déjà commencé à entretenir les cannes restées au champ, engrais, désherbage, etc… sont au programme.

« Nous demandons la tenue d’une Commission mixte d’urgence »

Dès l’annonce de la suspension des livraisons à Bois-Rouge, les représentants de la Commission mixte de Stella/Savanna avaient demandé aux industriels que le nécessaire soit fait pour que les cannes de Savanna soient transférées, en attendant le retour à la normale, à l’usine du Gol, du fait de « leur trésorerie fragile et du manque d’eau pour la majorité ».
Hier, les industriels ont présenté un nombre de mesures d’urgences pour ne pas pénaliser les planteurs. Les cannes déjà dans les remorques pourront être livrées et prendront la direction du Gol. En conséquence, les apports des centres du Sud et de l’Ouest sont modifiés : pas de réceptions hier aux Casernes, puis à Grand-Bois et à Langevin aujourd’hui. Les centres du Baril, Stella et Tamarin seront concernés vendredi. Les industriels demandent aux planteurs de Bois-Rouge de ne pas reprendre la coupe et à ceux du Sud d’ajuster les volumes de cannes coupés aux nouveaux plannings.
Mais là encore, pour les planteurs du Grand Pourpier et Savanna, le problème est loin d’être réglé. « À Savanna, la campagne a commencé avec 2 semaines de retard, aujourd’hui, il y a encore 2 semaines à attendre, c’est vraiment trop », dénonce Sylvestre Lamoly.
« Ils ont fait un geste mais c’est loin d’être suffisant. 2 semaines à attendre, c’est énorme pour les planteurs de l’Ouest », poursuit Jean Jilius Métanire.
« Nous demandons la tenue d’une commission mixte d’usine en urgence afin de trouver des solutions ».
Car même si la campagne 2009 se rallongeait de 15 jours, les pertes ne pourront être rattrapées, « les coupeurs, à l’approche de l’été, n’ont pas le même rendement. Cela nous emmènerait jusqu’à Noël, ce sera très dur psychologiquement pour les planteurs », soutient les représentants de la Commission mixte Stella/Savanna.

 S.P. 


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