L’invité(e)

Faux de croire que plus on est éclairé, plus on est en sécurité

Gisèle Tarnus, présidente de la SREPEN et membre du CCEE

Manuel Marchal / 30 septembre 2009

Gisèle Tarnus présente une première qui se déroulera demain à La Réunion : "1h pour La Réunion, éteignons nos lumières". De 20 heures à 21 heures, les façades de nombreux édifices publics ne seront pas éclairées. Plusieurs communes ont aussi décidé d’éteindre les lumières des stades et de diminuer l’intensité de l’éclairage public. Quant aux particuliers, ils sont invités à éteindre tout ce qui n’est pas indispensable.

Quel est le principal objectif de cette manifestation ?

- Cette opération vise à sensibiliser les Réunionnais sur les dépenses énergétiques. La nuit, les excès d’éclairage provoque des dégâts sur la faune, en particulier les pétrels. Ces lumières proviennent par exemple des chantiers et d’équipements sportifs qui restent éclairés toute la nuit.
Il est également intéressant pour les collectivités de voir leurs factures diminuer. L’éclairage public représente environ la moitié des dépenses en énergie. Nous avons donc un faisceau d’intérêts convergents.
Cela fait un an que dans le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (CCEE), nous travaillons sur ce projet.

Une telle manifestation a-t-elle des précédents ?

- Il existe déjà en France des actions ponctuelles, mais c’est une première à La Réunion. Nous avons choisi la date du 1er octobre car ce soir là, nous serons quelques jours avant la pleine lune, et la lumière réfléchie par cet astre sera à sa plus grande intensité.
Nous ne demandons pas de tout éteindre, mais d’éteindre ce qui n’est pas indispensable. Nous pensons par exemple à la lumière dans les jardins.
Nous avons une bonne écoute dans les municipalités. Des monuments publics ne seront pas éclairés, ainsi que des rues.

La Réunion est-elle pilote dans le domaine des économies d’énergie ?

- La Réunion est pilote pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables. Nous pouvons en être fiers.
Pour les économies d’énergie, nous pouvons mieux faire. Il faut réfléchir à ne plus aller sur la consommation. Et il est faux de croire que plus on est éclairé, plus on est en sécurité.
Enfin, cette action va faire diminuer la pollution lumineuse qui nuit à l’observation du ciel. Nous allons retrouver le ciel qui nous fait rêver.

Propos recueillis par M.M.


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