L’invité(e)

« Gisèle Rabesahala est un exemple de combattant »

Hommage de Julien Ramin

Céline Tabou / 29 juin 2011

Julien Ramin, président du Comité Réunionnais pour la commémoration des liens historiques entre l’Inde du Sud et îles et pays de l’océan Indien a rencontré Gisèle Rabesahala lors de différents évènements politiques et culturels.

Comment avez-vous connu Gisèle Rabesahala ?

- Dans les années 1950, j’étais président du Comité solidaire du Sud de La Réunion, créé pour lutter contre la répression parce qu’à l’époque le Parti Communiste Réunionnais subissait les foudres du pouvoir et bon nombre de militants étaient jetés en prison. Par la suite, le Comité du Sud est devenu le Comité Solidaire Réunionnais avec Ariste Bolon, comme président. En tant que président, j’ai assisté à l’un des congrès du Comité de solidarité de Madagascar avec Laurence Vergès, qui était présente pour Témoignages. J’ai été reçu à Antananarivo par des amis, dont Gisèle Rabesahala. Nous nous sommes rencontrés une autre fois, lors de sa venue à La Réunion pour assister au second Congrès du PCR.
Bien qu’elle ne soit pas souvent venue à La Réunion, à travers l’océan, nos esprits se rencontraient, notamment lorsque j’étais militant du PCR. Elle soutenait nos combats contre le colonialisme, la fraude électorale, la répression et les inégalités. De son côté, elle menait ses combats de défense du peuple Malgache et soutenait les régions qui luttaient contre le colonialisme comme les Réunionnais, et les peuples africains.

Quelles étaient vos relations avec Gisèle Rabesahala ?

- Hormis nos relations de responsables, elle n’était pas venue à La Réunion, très souvent. Je me demande d’ailleurs, si elle n’était pas interdite de séjour à La Réunion du temps de Péraud-Pradier et des autres préfets, car elle était solidaire de nos combats. Mais cela reste une simple question. Nous avons beaucoup débattu durant les congrès auxquels nous avions assisté et lorsqu’elle nous avait fait visiter l’artisanat malgache et des zones pauvres du pays.
Madagascar était encore une colonie française, en dépit de son indépendance. Nous avons connu le même colonisateur. La Réunion possède une population issue des différents continents, mais aussi de Madagascar.

Que représente pour vous la disparition de Gisèle Rabesahala ?

- Gisèle représente pour moi la femme qui n’a jamais cédé et qui a toujours lutté pour ses frères et sœurs Malgaches afin qu’ils sortent du colonialisme. Elle n’a jamais dévié de sa ligne, ni de son combat, malgré la répression, son but était de faire progresser son pays. C’est un exemple d’une combattante pour moi.
C’est une perte pour Madagascar, car Gisèle a beaucoup œuvré pour son pays et son peuple. J’espère que les Malgaches se rappellent de la ligne tracée et suivront son chemin pour le développement de Madagascar. C’est une femme, une combattante qui a toujours été solidaire de nos combats et a toujours exprimé son soutien au peuple malgache et à tous les mouvements en lutte.

Propos recueillis par Céline Tabou


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