L’invité(e)

« Il faut une seule voix pour défendre les Réunionnais »

Thierry Robert, maire de Saint-Leu

Céline Tabou / 1er décembre 2010

Le maire de Saint Leu était présent lors du Congrès des maires, du 23 au 25 novembre à Paris. L’élu revient sur les discussions concernant les difficultés des départements et territoires d’Outre-mer, suite aux décisions du gouvernement qui réduisent les marges de manœuvres budgétaires des collectivités territoriales.

Comment s’est déroulé le Congrès des maires, et notamment la journée consacrée à l’Outre-mer ?


- Je crois que globalement, au-delà des déclarations polémiques contre le gouvernement, il y a eu une voix unanime au Congrès, que cela vienne des Antilles ou de La Réunion. L’ensemble des départements et territoires d’Outre-mer a partagé les mêmes éléments, et défendu les mêmes valeurs. Ils ont tous relaté les difficultés rencontrées dans leurs communes, et dans l’Outre-mer de manière générale.
Parmi celles qui font le plus de mal aux maires, le gel des dotations de l’État. En réalité, il ne s’agit pas d’un gel, mais bien d’une baisse qui va entraîner des déséquilibres budgétaires considérables. Cette réévaluation des subventions de l’État a un impact sur les salaires du personnel. Car chaque année, les salaires sont réévalués, il existe des fluctuations budgétaires chaque année. Il y a immanquablement une hausse des dépenses dans les collectivités, donc le gel des dépenses, est non seulement une baisse des aides, mais aura un impact négatif sur les budgets des communes.

Quel est selon vous l’impact de ces décisions gouvernementales sur les collectivités d’Outre-mer ?


- Ce gel des dotations pose un problème majeur dans l’Outre-mer, et à La Réunion. On voit de plus en plus de personnes venir vers nous parce qu’ils ont besoin de logements, d’aides financières, des difficultés pour trouver un emploi, beaucoup de choses où nous ne pourrons plus rien faire à l’avenir. Parce que d’un côté, l’État diminue les aides, et de l’autre, nous ne pouvons plus, par exemple, investir dans le logement parce que nous n’avons pas les moyens de le faire. De même, la hausse du chômage et surtout la baisse des contrats aidés aggravent la situation. Les capacités des maires sont réduites pour répondre aux attentes de la population. Car, la population doit être conscience des difficultés que nous rencontrons, et l’état doit impérativement prendre en compte les spécificités réunionnaises, et de l’Outre-mer.
Il existe des spécificités, liées à l’éloignement, qui ne doivent pas être négligées. En effet, l’Ile de France et La Réunion ne sont pas deux départements identiques. L’Ile de France compte près de 5% de chômage, contre 30% chez nous. Il faut traiter l’Outre-mer en fonction de ces spécificités économiques et sociales.

Quel bilan tirez-vous de ce Congrès ?

- Les maires ont demandé au gouvernement de revoir son budget pour l’Outre-mer afin d’éviter une baisse des dotations. De même, lors de la visite de la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, j’ai demandé à ce qu’une voix commune à La Réunion s’élève pour défendre les Réunionnais, et leurs intérêts.
Les élus défendent les Réunionnais, il faut que tous, au-delà des clivages politiques s’allient pour exposer les difficultés économiques et sociales que vivent les Réunionnais. Cela va devoir passer par la contestation des mauvaises décisions gouvernementales. Je constate que les élus progressistes se sont alliés pour appeler la ministre à prendre en compte les spécificités réunionnaises, mais je déplore que l’UMP, et le Nouveau Centre restent muets, et ne posent pas les problèmes des Réunionnais. Il est important, aujourd’hui, de s’unir pour défendre les Réunionnais.

Propos recueillis par Céline Tabou


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