L’invité(e)

« Jean-Marcel Courteaud : Un homme, un militant, un Réunionnais »

Il y a un an, Jean-Marcel Courteaud, alors directeur de "Témoignages", nous quittait

Témoignages.re / 31 août 2009

Lors des obsèques de Jean-Marcel Courteaud au cimetière paysager du Port, Élie Hoarau, secrétaire général du PCR, a pris la parole au nom de “Témoignages” et du PCR pour rendre un dernier hommage à Jean-Marcel Courteaud. En quelques mots, il a retracé le chemin parcouru par l’ancien directeur de "Témoignages". Voici quelques extraits.

« Né en 1948, Jean-Marcel Courteaud voit le jour au Port, trois ans après la fin de la Guerre mondiale, sixième d’une fratrie de 11 enfants, Au lendemain de la guerre, La Réunion est plongée dans la misère coloniale. (…)
Dès son plus jeune âge, Jean-Marcel est engagé dans la bataille militante. Il participe, dans les années 60, à la lutte du peuple réunionnais contre la fraude électorale, l’Ordonnance Debré, pour l’application des lois sociales et contre tous les procédés visant à faire taire l’expression populaire. (…)

À l’âge de 21 ans, il suit son père, travailleur aux Ponts et Chaussées, et toute sa famille en France. Mais quand il s’en va, il n’a qu’une idée en tête : revenir à La Réunion. Après avoir suivi des études de Droit à la Faculté de Montpellier, il décide de travailler à La Poste, car il sait qu’il pourra avoir droit à un congé bonifié pour revenir à La Réunion. (…)

En 1981, Jean-Marcel Courteaud profite de l’occasion de son premier congé bonifié pour arriver à La Réunion et rester dans son pays natal. Il aurait pu choisir de rester dans le cadre confortable d’une vie de fonctionnaire, attendant en France une mutation qui aurait pu venir un jour. Mais tel n’était pas la volonté de cet homme.

Quand il est arrivé, il n’a dit qu’une chose : qu’est-ce je peux faire pour mon pays, et comment ? Il n’avait qu’une seule volonté, celle de servir.
Dès son retour, Jean-Marcel retrouve ses camarades du Port, et son regretté frère Serge, journaliste à "Témoignages". Et à partir de ce moment, il se met au service du Parti et de son journal "Témoignages". Cet engagement, il l’honorera jusqu’à sa mort.

Entré à "Témoignages" en tant que secrétaire de Rédaction, il assurera en même temps les fonctions de rédacteur, monteur puis, à partir de 1991, celle de directeur de publication.

Chaque jour, il était au front pour analyser l’actualité, faire vivre notre journal, porteur d’une parole et d’une vision du monde réunionnaise, ce qui est loin d’être facile. Face au rouleau compresseur d’une idéologie dominante, il était toujours là pour apporter la contradiction à un système. C’est pour cela que Jean-Marcel refusait tous les honneurs qu’il méritait, à un point tel qu’il refusait de toucher un salaire de "Témoignages".
Comme tous les directeurs de notre journal, il a dû répondre de nombreuses fois devant un tribunal des articles parus. Mais ces confrontations avec la justice ne le troublaient guère, persuadé par la justesse de la cause qu’il portait en assurant tous les jours la responsabilité de la publication de "Témoignages".
Voici quelques années, touché par une grave maladie, il a failli mourir. Mais quelques mois plus tard, il était de nouveau là, fidèle au poste. (…)
C’est tout cet engagement qu’il faisait partager à la jeune génération de journalistes, pour qui il était plus qu’un directeur, c’était un exemple vivant de l’engagement militant réunionnais. Modestie, dévouement et engagement envers son Parti et son journal étaient la ligne de conduite de notre camarade Jean-Marcel.

Je sais qu’il sera toujours à nos côtés. Car nous sommes persuadés que d’autres Réunionnais suivront son exemple, et se lèveront pour être tous dignes de reprendre le flambeau que nous transmet aujourd’hui Jean-Marcel Courteaud.

Dans la lutte que mène le Parti communiste réunionnais pour le respect de la dignité et de l’identité du peuple réunionnais, "Témoignages" est essentiel. Rien n’est plus précieux à nos yeux que "Témoignages". Les hommes passent, "Témoignages" reste. "Témoignages" a besoin de combattants comme Jean-Marcel Courteaud. La Réunion ne remerciera jamais assez les militants de cette grandeur, refusant les futilités et les honneurs. Le peuple réunionnais et le Parti communiste réunionnais ne remercieront jamais assez Jean-Marcel Courteaud d’avoir été directeur de "Témoignages" depuis 1991 ».


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