L’invité(e)

L’ARCP appelle la population à la plus grande vigilance

Jean-Hugues Ratenon, président de l’ARCP

Témoignages.re / 29 février 2012

Le président de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté revient sur toutes les difficultés rencontrées pour l’application de l’accord COSPAR sur 254 produits. Trois ans après, l’État n’a pas tenu ses engagements, d’où un appel à la plus grande vigilance.

En 2009, le COSPAR et la population ont arraché une baisse des prix sur plus de 250 articles. L’accord prévoyait-il qu’une fois baissés, les prix étaient gelés ?


- Non, l’accord prévoyait qu’une fois baissés, les prix pouvaient encore évoluer pour atteindre l’objectif d’une baisse minimum de 20% et que toute évolution des prix ferait l’objet de concertation par l’ensemble des signataires. Il faut quand même rappeler que l’accord arraché après plusieurs jours de négociation est le résultat de la mobilisation de la population sous l’impulsion des organisations politiques associatives et syndicales.

Quelle était la part de l’engagement de l’Etat dans cet accord ? Devait-il envoyer des contrôleurs vérifier le respect des baisses de prix ?


- Oui l’État s’était engagé sur les points suivants :

- le 7e point de l’accord stipule bien que cette liste de 254 produits fera l’objet d’un contrôle régulier,

- le point 8 montre bien que pour la TVA, l’État s’est engagé à un débat pour un impact positif en faveur des consommateurs.

- le point 10 précise que les parties concernées conviennent de mettre en place une commission spécifique sur les fruits et légumes.

Contrôle ? Débat sur la TVA ? Commission fruits et légumes ? En bref, nous pouvons dire que l’État n’a pas respecté ses engagements et le discours du président Sarkozy lors du CIOM qui allait dans le même sens que notre accord.

En septembre 2009, le préfet a décidé de casser le gel des prix des carburants. Depuis, le prix du gasoil a augmenté de près de 30 centimes. Qu’en est-il des 254 produits COSPAR ?


- Nous constatons que le préfet a décidé de manière unilatérale d’augmenter les prix des produits d’hydrocarbures, ce qui a fortement pénalisé les familles de La Réunion. Concernant les 254 produits de l’accord COSPAR, le laxisme de la préfecture a permis à la grande distribution de détourner l’accord et d’amplifier les abus sur les marges. Notre vigilance, avec un partenariat des médias de La Réunion, nous a permis de limiter les abus et le maintien d’un certain nombre d’acquis parmi la liste COSPAR.

Cet après-midi, la préfecture a présenté une liste de 60 produits dont le prix pourrait baisser. Est-ce un moyen de casser ce qui a été acquis dans la lutte voici 3 ans ?


- Aujourd’hui, nous craignons que les avancées soient remises en cause avec l’accord sur les 60 produits de ce jour. J’ai à plusieurs reprises insisté auprès du préfet pour un couplage des accords afin d’améliorer le quotidien de la population. Dans son communiqué hier, le préfet dit que c’est désormais l’Observatoire des prix et des revenus qui sera le garant du respect de l’accord COSPAR et de celui signé hier. Avec quel moyen ?
Notre vigilance, nos mises en garde de ces derniers jours peuvent sauver l’accord de 2009. L’ARCP appelle la population à la plus grande vigilance.

Comment expliquer une telle coupure entre ce qui est proposé par l’Etat et ses partenaires, et les attentes de la population ?


- Le préfet, c’est la voix du gouvernement, de Sarkozy, bref de la politique de casse sociale engagée depuis le début de la mandature. Ils sont dans leur logique et sont les responsables directs de la détresse de notre population. D’où la difficulté de demander à des pyromanes d’éteindre le feu…


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