L’invité(e)

« L’Est apportera sa contribution à l’autonomie énergétique »

Eric Fruteau, vice-président du Département et maire de Saint-André

Témoignages.re / 12 juillet 2010

Jeudi dernier a eu lieu à Saint-André l’inauguration du premier site de stockage d’électricité, une étape essentielle vers l’autonomie énergétique à partir des énergies renouvelables. Le lendemain, c’est à Sainte-Rose qu’a été présentée l’extension de la centrale hydroélectrique. Vice-président du Conseil général délégué à l’Environnement et maire de Saint-André, Eric Fruteau explique les enjeux de ces événements.

Depuis 2008, la commune de Saint-André a lancé un plan de valorisation des énergies renouvelables, Alon VERSA, quelles sont les avancées obtenues ?

— D’abord il faut rappeler qu’à notre arrivée aux responsabilités à Saint André nous avons décidé d’appliquer le programme que nous avons établi et pour lequel nous avons été élu.
Notre commune se doit de mettre en œuvre un programme ambitieux d’aménagements (de part les retards structurels, sa démographie importante...) : véritables défis à relever dans les prochaines années. Nous avons donc décidé d’engager notre commune dans une démarche de développement durable en priorisant un volet énergétique. Ainsi dès 2009 nous devenons membre de droit de l’ARER. Ce nouveau partenariat nous permet d’élaborer notre stratégie énergétique et environnementale déclinée en un projet : ALON VERSA. Aujourd’hui ont commencé à être déclinées les différentes actions à ce sujet : diagnostic énergétique du patrimoine communal, valorisation du patrimoine solaire, construction d’une école HQE à Mille Roches, émergence d’une ferme solaire sur Bois Rouge (qui vient conforter l’orientation "énergies renouvelables" du site voulue par l’équipe municipale) avec possibilité de stockage de 4 à 5 MW, mise en place du PLU avec l’intégration des préconisations de Grenelle, Village solaire à Bras des Chevrettes, comité de pilotage pour une "Ville solaire", équipements des plateaux sportifs de panneaux photovoltaïques, étude lancée dans le cadre du partenariat avec l’ANRU pour la construction d’un quartier durable sur Ravine Creuse, futur quartier durable à Bel Ombre, travail avec les écoles à la sensibilisation pour l’économie d’énergie et aux gestes éco-citoyens,...

Les éoliennes et le biogaz à Sainte-Suzanne, la centrale à bagasse de Bois-Rouge et le centre de stockage de Bras-des-chevrettes, la centrale hydroélectrique et les éoliennes de Sainte-Rose : comment expliquer cette multiplication des projets dans l’Est ?

— Effectivement les avancées obtenues sur Bras des Chevrettes et sur Sainte Rose (avec la 3ème citerne) nous permettent de dire que les énergies renouvelables connaissent une croissance multicolore dans l’Est : le vert dû à la transformation de l’énergie mécanique amenée par le traitement de la biomasse (bagasse), le bleu amené par l’énergie hydraulique de Sainte Rose et de TAKAMAKA, le blanc des éoliennes de Sainte Suzanne (si l’on considère que cette commune jouxte le territoire Est) et le stockage possible de Bras des chevrettes, le jaune par le potentiel solaire de toute notre région l’une des plus ensoleillée de l’île. Cela ne fait que commencer car d’autres projets sont à venir et la marge de progression dans ce domaine peut être considérable : amplifier le solaire (installation de panneaux photovoltaïques sur certains collèges...) et l’éolien, la poursuite des projets sur Bois Rouge, prévoir TAKAMAKA 3 (inscrit dans le SDAGE), prévoir la possibilité d’installation de micro-turbines sur le réseau hydraulique éventuellement amené par le projet MEREN pour la Région Nord-est (inscrit au SDAGE et en étude avec le Conseil Général). L’Est apportera alors sa contribution à l’autonomie énergétique. L’Est ne souhaite pas être spectatrice de la transition énergétique annoncée mais actrice. Cela est maintenant possible grâce à une volonté commune et partagée d’avancer dans ce domaine.

Avant les accords de 1969, des milliers de Saint-Andréens travaillaient dans la canne à sucre. Dans quelle mesure les énergies renouvelables et les métiers de l’environnement pourront redynamiser l’économie de la commune ?

— Vous avez raison de rappeler l’histoire. Car il ne peut y avoir de développement Durable sans référence au passé, aux racines. Nous ne voulons pas que les mêmes erreurs que celles commises en 1969 (accords passés dans le dos des planteurs et écartant ces derniers des plus-values des sous-produits de la canne). Nous payons toujours ces erreurs même si la lutte légitime de planteurs a permis une avancée. La canne et les usines constituaient l’essentiel de l’économie de la ville et de la région Est. La mutation rapide de notre société, avec une tertiarisation des emplois a transformé l’économie. Mais la canne reste très présente (25% de l’énergie apportée par la bagasse) et se doit d’être sauvée. Les projets d’installation d’ouvrages hydrauliques structurants sur notre territoire (permettant une gestion équitable de la ressource en eau potable et d’irrigation) avec le Conseil général devrait contribuer à consolider la filière canne ainsi qu’à permettre la diversification agricole (et son volet d’autosuffisance alimentaire) tout en contribuant au volet énergétique. Demain d’autre pistes sont possible avec le traitement la valorisation des déchets : tris sélectifs, construction de déchèteries, recyclage, filières de valorisation... Cela devrait nous permettre de créer des emplois dans ce secteur et relancer l’économie de la microrégion Est.
Il est aussi évident que la relance de l’économie passe par l’économie solidaire. Il nous faut donc être imaginatif afin que l’environnement et les énergies renouvelables puissent être les moteurs d’un développement endogène. D’autre modèles sont à prévoir que celui existant actuellement... Il appartient aux élus de créer les conditions pour rendre tout cela possible.


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