L’invité(e)

L’importance de l’anticipation

Jean-Yves Langenier, maire du Port

Manuel Marchal / 24 juillet 2009

Cette année, la commune du Port lance un programme d’investissements de 45 millions d’euros. C’est le résultat de plusieurs années d’études et de préparations qui ont permis de créer les conditions pour lancer les investissements. Autrement dit, Le Port n’a pas attendu l’aggravation de la crise et l’annonce d’un plan de relance pour anticiper des chantiers importants qui vont être une contribution importante à l’emploi à La Réunion.

Dans quelle mesure la commune du Port est-elle concernée par le plan de relance du gouvernement ?

- Pour La Réunion, sur les 44 millions d’euros mis à disposition, 22 millions sont destinés aux collectivités locales. Dans une lettre datée du 6 juillet, nous avons transmis à l’État un certain nombre de travaux que nous prévoyons de lancer. Le montant total de ces investissements est de 14,620 millions d’euros. Pour le moment, nous n’avons reçu qu’une seule réponse de l’État. Cela concerne le forage FR1, avec une subvention qui n’ira sans doute pas au-delà de 200.000 euros.
Pour le moment, nous n’avons pas non plus connaissance de la consommation de l’enveloppe de 22 millions d’euros allouée aux collectivités.
Par ailleurs, l’État a changé les règles du versement du FCTVA. Cette année, nous aurions dû percevoir le FCTVA de 2007. Exceptionnellement, nous recevrons le FCTVA de 2007 et 2008. C’est un coup de pouce qui permet d’avoir une trésorerie plus importante, mais c’est de l’argent qui nous est dû. Ce n’est pas un fonds supplémentaire. Pour qu’en 2010, une commune puisse percevoir le FCTVA de 2009, elle doit réaliser un volume minimal d’investissements. Si ce volume n’est pas atteint, la collectivité ne recevra le FCTVA 2009 qu’en 2011, soit un retour aux règles de versement précédemment en vigueur.

Cette année, la Ville du Port lance un programme d’investissements de 45 millions d’euros. Est-ce un plan anti-crise ?

- C’est le résultat de plusieurs années de travail. Pour pouvoir faire des investissements importants comme celui de l’extension de la Mairie ou du Mail de l’Océan, il faut la maîtrise du foncier, le résultat des études, boucler le financement. Il est donc très rare de pouvoir lancer en une année un gros investissement.
Nous avons une enveloppe d’études bien fournie, c’est le résultat de la précédente mandature. Le mandat actuel est celui de la réalisation des projets. Certains sont le résultat de plus de 10 ans de préparation. C’est par exemple le cas de la darse de grande plaisance dont les travaux commenceront l’année prochaine. En 2000, une charte avait été signée avec l’État, la Région et le Département, mais avant de signer, il avait fallu des années de négociations pour arriver à un accord.

Le recours à l’emprunt est privilégié pour financer les investissements. Ne craignez-vous pas qu’avec la crise financière, emprunter va coûter bien plus cher et renchérir les investissements ?

- Voici trois ans, nous avons signé une convention avec l’Agence française de développement (AFD). Concernant les banques, jusqu’à cette année, nous avons des conditions normales, nous n’avons pas noté pour ce qui nous concerne de flambée des taux d’intérêt.
Mais pour l’avenir, un effet inflationniste est possible, ce qui aura des répercussions sur le volume des investissements.

Propos recueillis par M.M.


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