L’invité(e)

« L’UNEF est le rempart à politique de casse sociale du gouvernement »

Gilles Leperlier, président de l’UNEF-Réunion

Céline Tabou / 3 avril 2010

Président de l’UNEF, Gilles Leperlier revient sur le taux de participation record qu’a connu La Réunion cette année. Avec 55,04%% des voix, le syndicat MAHIN remporte les élections du CROUS avec 4 élus sur 7.

Est-ce que le taux de participation aux élections du CROUS a été supérieur à celui de la métropole ?

- Le scrutin a réuni 16,91% de participation à La Réunion (contre 8,12% pour la métropole - NDLR). Malgré un taux de participation largement supérieur à celui de la France hexagonale, l’abstention à ce scrutin confirme la morosité électorale des jeunes. Cette forte participation s’explique par la campagne menée par les militants de l’UNEF, et moi-même. Nous sommes allés dans les lycées, les écoles professionnelles, et tous les lieux abritant des étudiants, ce qui n’est pas le cas dans les autres académies. A La Réunion, il est plus facile de faire tous les centres éducatifs qu’en métropole. Je pense que le bilan de l’UNEF, après deux années d’activité, est bon, car il a su faire évoluer la condition de vie des étudiants.
Les gens sont conscientisés par l’importance des élections syndicales étudiantes, et la politique en général. Grâce au COSPAR, nous sommes parvenus à geler les loyers des étudiants sur deux ans, et nous avons obtenu une hausse de 25% sur les bourses départementales.
Maintenant, les jeunes en situation précaire ont besoin de s’accrocher à un syndicat qui les défend. Ils nous voient dans la rue, dans le quotidien, ils se rendent compte des avancées et des revendications posées par l’UNEF.

Quelles sont les priorités de la nouvelle mandature ?

- Aujourd’hui, nous continuons le travail mis en place depuis deux ans. Nous souhaitons plus de proximité avec les étudiants. Pour cela, nous avons créé il y a six mois un service communication qui permettra une meilleure transmission de l’information auprès des érudiants de toute l’île. Nous souhaitons regrouper nos services dans un seul bâtiment, pour être plus proches des jeunes, mais aussi avoir une vue d’ensemble plus efficace.
Cependant, la priorité est la construction de logements étudiants. Il y a aujourd’hui 16.000 étudiants et seulement 900 chambres CROUS. Ce n’est pas suffisant, d’autant plus que la défiscalisation n’a pas pleinement profité au CROUS, mais plutôt aux agences immobilières, qui ont pris sa place.
Nous avons demandé une enquête, qui n’est pas encore terminée, pour connaitre les besoins de chaque commune en termes de logement, et négocier, avec le gouvernement, des financements. Nous souhaitons que le CROUS soit le seul interlocuteur du logement dans chaque académie.

Quelles propositions allez-vous faire dans les semaines à venir ?

- Nous allons exiger que l’Université de La Réunion s’ouvre à la zone Océan Indien, que ce soit Madagascar, Mayotte ou l’Afrique. Nous voulons que les titres de séjour soient équivalents à la durée d’étude des étudiants étrangers. Il est anormal que les étudiants doivent renouveler leur visa chaque année, sans être certains de l’obtenir. L’important est également de mettre en place une plateforme d’accueil pour les étudiants érangers, qu’ils soient transportés de l’aéroport au campus.
Nous proposerons la gratuité des transports pour les étudiants, avec "la carte libre circulation". Nous demandons l’amélioration du réseau, surtout dans le Sud de l’île.

Propos recueillis par C.T.


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