L’invité(e)

« La réalité est que rien n’a changé »

Joël Legros, géomètre et topographe

Céline Tabou / 13 septembre 2010

Géomètre et topographe, Joël Legros explique comment les projets auraient dû être faits depuis des années pour éviter la crise d’aujourd’hui et de demain.

Parlez-nous de votre profession ?

- Je suis géomètre, topographe, mon travail est de mettre en place la base de toutes les études pour des projets d’architectures, de routes ou de recherches. Aujourd’hui, on se rend compte depuis la fin des travaux de la route des Tamarins que rien n’est arrivé et que le secteur s’est enlisé. On est dans un système où on est aspiré, parce qu’il n’y a pas de travail, pas d’entrée d’argent, donc une crise totale. Il n’y a rien à l’horizon, ce n’est pas dans deux-trois ans que les choses vont s’améliorer.
Depuis la route des Tamarins, les grands groupes du BTP sont venus d’ailleurs et ont profité des chantiers à La Réunion. Ils sont ensuite partis, nous laissant sans rien.

Pourquoi avoir décidé de manifester avec les travailleurs et patrons du BTP le 10 septembre ?


- Depuis 45 ans, c’est la première fois que je participe à un mouvement de grève. On nous a dit que ça allait bouger, mais rien n’est arrivé. La réalité est dure, car il n’y a plus rien. Depuis l’ouverture de la route des Tamarins, comme je l’ai souvent rappelé, ils ont tué la branche, parce qu’on est en retard au niveau des marchés dans le BTP, le logement social... Les études ne relanceront pas les marchés. Il existe des incompétences quelque part, car les autorités en place ne répondent pas à l’avenir.

Est-ce que vous pensez que le secteur pourra être relancé ?


- Il n’y a pas de problème avec l’argent, les problèmes sont à la base. Aujourd’hui, il n’y a pas de travail parce qu’il n’y a pas eu de projets depuis la route des Tamarins. Normalement, on a un projet, puis un autre, ainsi de suite, cela s’enchaîne, mais là, rien n’a été fait. Si un cahier des charges n’est pas mis en place rapidement, on est foutu.
Les projets et l’organisation auraient dû être faits depuis la fin des travaux de la route des Tamarins, pour aujourd’hui, mais aussi demain. On est coincé, on ne serait pas dans la rue sinon.

Propos recueillis par Céline Tabou


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