L’invité(e)

« La solidarité des planteurs »

Jean-Bernard Gonthier, co-président de la Commission mixte d’usine de Grand-Bois

Manuel Marchal / 7 septembre 2009

Vendredi s’est tenue une réunion des Commission mixte d’usine du Gol et de Grand-Bois. Il a été question des mesures à prendre pour faire face à l’arrêt de l’usine de Bois-Rouge depuis lundi dernier, à cause d’un incendie survenu dans la centrale thermique voisine.

Savez-vous quand l’usine de Bois-Rouge va redémarrer ?

— Nous ne le savons pas. Et pour la semaine qui commence, nous avons décidé de maintenir la solidarité des planteurs du Sud et de l’Ouest envers ceux de l’Est et du Nord qui ont des cannes déjà coupées. Ces derniers pourront livrer afin que les cannes soient traitées au Gol. Pendant ce temps, les planteurs du Sud et de l’Ouest vont réduire leurs apports.

Comment a été prise cette décision ?

— Cela s’est passé dans l’urgence. Le représentant de l’usinier m’a téléphoné pour voir ce que nous pouvions faire. Nous ne sommes pas contre à condition que l’usine du Gol puisse recevoir davantage de cannes le samedi, ce qui compense en partie le retard que nous prenons. Ainsi samedi, l’usine du Gol a reçu 9.000 tonnes de cannes au lieu de 7.000. Nous demandons que ce rythme soit maintenu jusqu’à la fin de la campagne.
Nous avons choisi de jouer la solidarité, car entre planteurs, c’est comme une grande famille. Et demain, cela peut être nous qui aurons besoin de la solidarité.

Comment s’organise cette solidarité ?

— Normalement, nous livrons 8.000 tonnes de cannes par jour à l’usine du Gol. La semaine dernière, les planteurs de l’Est et du Nord ont pu livrer au Gol 6.616 tonnes. Ce sont 6.616 tonnes que les planteurs du Sud et de l’Ouest n’ont pas pu livrer cette semaine-là. La Chambre d’agriculture avait évalué à entre 18.000 et 20.000 tonnes la masse de cannes déjà coupées en attente de livraison dans l’Est et le Nord.
Nous sommes donc pour que l’usine du Gol puisse travailler à son maximum, afin que le samedi nous puissions en partie compenser notre retard, et que ce rythme se maintienne toute la durée de la campagne pour qu’une fois la panne réparée, le retard soit complètement comblé.

Comment se présente la campagne dans le Sud et l’Ouest ?

— Il est prévu de livrer cette année 965.000 tonnes de cannes au Gol. Nous en sommes actuellement à 32% de notre chiffre prévisionnel. Mais la situation n’est pas la même dans tous les centres. Au Gol, 34% du tonnage prévu a été livré, alors qu’à Langevin, à Grand-Bois ou aux Casernes, c’est 31%. Nous demandons que ces centres soient davantage privilégiés. En effet, chaque fois qu’il pleut, il est impossible de livrer, les remorques peuvent s’embourber dans les champs, et il y a beaucoup de relief.

Comment voyez-vous la suite des événements ?

— Nous disons tout d’abord, il est possible que les planteurs dans l’Est puissent avoir une indemnité à cause de la panne de l’usine de Bois-Rouge. Ensuite, nous pensons que Bois-Rouge finira la campagne en même temps que le Gol pour rattraper le retard.
Nous demandons aussi à la DAF de verser les aides économiques par anticipation avant le 15 octobre. Les impôts doivent être payés avant le 15 octobre, et compte tenu de la situation, nombreux sont les planteurs qui n’ont pas de revenu. Du fait de cette conjoncture exceptionnelle, nous demandons donc le versement de cette avance sur l’aide économique.

Propos recueillis par M.M.


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