L’invité(e)

Maloya : musique des combats passés et présents

Entretien avec Anaïs Charles-Dominique, réalisatrice de Maloya, j’écris ton nom

Correspondant Témoignages / 14 octobre 2015

Le mercredi 7 octobre dernier, Témoignages a publié un article sur le nouveau film que vient de réaliser Anaïs Charles-Dominique avec Tiktak Production ainsi que les artistes Christine Salem et Olivier Araste sous le titre ‘’Maloya, j’écris ton nom’’. Un film documentaire de 81 minutes, présenté la veille aux médias et qui sera diffusé sur Réunion 1ère le jeudi 15 octobre prochain à 20H45.

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Christine Salem.

Ce jeudi 10 octobre, une nouvelle projection du documentaire pour les médias a eu lieu au siège de Tiktak Production et nous avons vraiment pu apprécier ses diverses qualités : certes, ses magnifiques images du pays et reportages sur des concerts de maloya à La Réunion et ailleurs dans le monde, mais aussi et surtout le sens profond donné à ce film. En effet, les artistes y rendent d’émouvants hommages à leurs ancêtres esclaves, créateurs – entre autres – du maloya, et ils expriment des réflexions intenses sur les leçons à tirer pour être nous-mêmes toujours fidèles aujourd’hui à leurs combats pour la liberté. D’où ces trois questions que nous avons posées à Anaïs Charles-Dominique.

• Quel sens profond voulez-vous donner à ce film ?

—  Au départ, l’idée de ce film est née parce que nous apprécions énormément Christine Salem et Olivier Araste, qui sont deux grands artistes mais aussi deux personnalités passionnantes. Deux chanteurs, accompagnés de leur groupe, qui font vivre le maloya à La Réunion mais aussi à travers le monde puisqu’ils se sont déjà produits au Japon, aux États-Unis, en Malaisie et dans bien d’autres pays. Le sens que nous souhaitons donner à ce film est de parler du maloya aujourd’hui, de ce qu’il représente et de la philosophie qu’il véhicule.

• Que pensez-vous des nombreux liens évoqués par les artistes entre les combats menés par nos ancêtres et ceux à mener aujourd’hui ?

—  Ce qui m’a marqué, c’est la manière de continuer à porter le maloya comme une musique libre, héritière des combats passés mais aussi porteuse de combats présents. Dans le film, ce que soit Olivier Araste ou Christine Salem, les deux artistes continuent de proclamer leur fierté de jouer leur musique, de pratiquer leur religion, de parler leur langue, de vivre leur identité.

En plus des diffusions de ce très beau documentaire sur des chaînes de télévision et dans des salles de cinéma, ‘’Maloya, j’écris ton nom’’ sera-t-il prochainement disponible et achetable pour la population, le monde éducatif et associatif etc, afin de faire réfléchir le maximum de Réunionnais et de citoyens du monde sur les problèmes qu’il pose ?

—  Dans un premier temps, le film devrait être diffusé en festival à La Réunion en fin d’année et nous l’espérons au cinéma à La Réunion l’année prochaine. Nous souhaitons également le traduire et le diffuser en dehors de La Réunion. Il sera également disponible pour le monde éducatif, notamment pour des diffusions au collège et au lycée.


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