L’invité(e)

« Ne disons plus : "c’est pas à moi de le faire !" »

Le mime Pato

Témoignages.re / 22 octobre 2009

Vendredi prochain, 23 octobre, à 20 heures 30 au Théâtre sous les Arbres du Port, le mime Pato présentera à nouveau son spectacle "stand up avec la Terre" intitulé "Ça tourne encore...". Un spectacle qui nous interpelle tous et que nous recommandons aux lecteurs de "Témoignages".

Quel message voulez-vous faire passer aux spectateurs à travers ce spectacle ?

- À travers mon "stand up avec la Terre", je veux inviter les spectateurs à une réflexion sur ce que nous pouvons faire pour soulager l’agonie que nous avons imposée à notre planète et aux espèces qui la peuplent. Nous savons à présent que rien n’est éternel mais nous savons aussi que nos efforts pourraient préserver la survie de l’humanité, si tous nous nous donnons la main sans égoïsme et sans abandonner notre idendité d’êtres humains du 21ème siècle.
Je dis cela parce que pour bien de nos congénères, l’économie d’énergie et les efforts pour l’épargner nous transformeraient automatiquement en personnes préhistoriques. Or je crois que nous pourrions, par le biais d’une bonne manière de vivre, arriver à prolonger les délais que les données scientifiques nous annoncent et ainsi permettre à un maximum de générations à venir de vivre sur notre belle Terre.

Que faut-il donc faire pour préserver la survie de l’humanité et notamment celle des plus pauvres ?

- Il faudrait retourner à l’amour des choses simples que nous offre la Terre, arrêter d’admirer les conquêtes technologiques qui nous éloignent de plus en plus de la nature jusqu’à nous rendre insensibles à tous les appels qu’elle nous lance au quotidien. Nous nous isolons dans tout ce qui nous écarte d’elle jusqu’à perdre tout contact avec le vivant. Nos déplacements se font sur des dalles de béton et autres isolants, qui nous empêchent d’avoir le moindre contact avec la Terre au point d’en faire un élément étranger et sale. Notre milieu de vie est envahi de saletés, qui nous apportent des maladies. L’abondance de produits dits de nettoyage (détergents, désinfectants, désodorisants, dégraissants…) est une masse de produits qui tuent toutes les espèces de petits animaux, insectes, reptiles et autres, qui sans cela auraient régulé leur présence d’eux-mêmes, sans avoir besoin de déverser dans la nature tous les toxiques énoncés.
Nous plongeons dans des salles obscures durant des journées merveilleuses pour regarder des images en technicolor inodorant et avec des musiques qui nous éloignent de la vérité des paysages.
On visite des instituts pour obtenir des couleurs que le plein-air pourrait nous donner généreusement. On lève des poids pour fortifier nos muscles, enfermés comme des hamsters dans des cages où ils courent sur place dans des roues en plastique.
Pour tous ces "besoins" on paie, et ensuite on pleure la chute de notre pouvoir d’achat. Il faut donc surtout apprendre à ne pas se laisser persuader par la tentation des dépenses superflues.
Est-ce que vous trouvez vraiment qu’une limonade gazeuse est mieux qu’une citronade, tamarinade, décoction de peau d’ananas ou un simple verre d’eau ? Ma réponse est non ! Ce qui me rapproche de la Terre ! Bien sûr, les gestes à faire sont un peu plus longs que prendre un décapsuleur.

Quels moyens et quelles méthodes devons-nous utiliser pour atteindre ces objectifs ?

- Les méthodes pour parvenir à nos buts consistent surtout à oublier notre auto-satisfaction, auto-admiration et auto-adoration de l’être humain. Nous devons aussi arrêter de nous dire : "ce n’est pas à moi de le faire" car dans l’état où sont les choses, il va falloir agir. On ne peut plus attendre que, en haut lieu, on agisse pour nous. Les élus ou pas élus, de qui nous sommes toujours en attente, ne sont pas nos mamans et nous ne sommes pas leurs nourrissons. Alors prenons-nous nous-mêmes en charge, échangeons nos idées pour économiser nos denrées, nos énergies et arrêtons tout gaspillage.
Il y a mille et une manière de le faire. Je pourrais vous raconter tout ce que je fais, des gestes simples au quotidien auquels je me suis habitué et que je fais automatiquement sans plus y penser. Je sais aussi qu’il y a d’autres gestes à découvrir, ce sont des gestes généreux ; et l’expression "c’est pas à moi de le faire !" n’est plus dans mon vocabulaire.
Pour aller dans ce sens, il faut également éduquer les citoyens à ne pas écouter le chant des sirènes de la publicité. Les riches se sont bien rendus compte que la carence fait de bonnes affaires et que l’acte d’acheter donne la sensation aux pauvres d’avoir quelque chose. Alors, par périodes, ils inventent des produits complètement superflus, comme les pin’s, les totoches ou les diddles, objets polluants produits à des fins commerciales pour enrichir les riches et conditionner la psychologie des masses dans le besoin d’une reconnaissance sociale.
Cette publicité, il faut la doser et la canaliser. À mon avis, il faudrait éliminer complètement la publicité routière pour embellir nos paysages, supprimer les catalogues, pamphlets, flyers et tout ce qui décime nos forêts et nourrit nos poubelles ; confier cette mission seulement aux ondes (radio, web, télé) et aux journaux, c’est bien suffisant…

Correspondant


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