L’invité(e)

« On n’a pas le droit de jouer avec la misère des gens… »

Jacky Balmine, secrétaire de la Fédération CGTR du Bâtiment et des travaux publics

YVDE / 22 décembre 2009

La Fédération CGTR du Bâtiment et des travaux publics (BTP) a tenu son congrès le 5 décembre 2009 à Saint-Paul, avec la participation de quelque 150 délégués. Au cœur des débats, les licenciements - 6.200 si l’on en croit le dernier chiffre cité par les patrons -, et l’organisation de la lutte. Jacky Balmine, secrétaire de la Fédération CGTR du BTP, réélu à l’issue du congrès, s’insurge contre la politique de casse des emplois et appelle à la lutte.

Les licenciements ont été au cœur de ce congrès. Comment en est-on arrivé là ?

— Je crois sincèrement que la passivité du gouvernement y est pour quelque chose. Il a négligé l’anticipation des chantiers publics. Il y a aussi une irresponsabilité de certains politiques de La Réunion qui veulent barrer la route au Tram-train. Dans une situation déjà très difficile, ce sont 2.000 emplois directs qui sont ainsi retardés. C’est navrant de voir des hommes politiques se réjouir devant un gouvernement qui rechigne à donner 80 millions d’euros pour un projet comme celui-ci. Ce sont 48 millions d’euros par an, rien que pour les salaires directs dont sont ainsi privés les travailleurs du BTP. Ces politiques i amiz azot au lieu d’impulser un projet d’une grande utilité pour les déplacements et le changement climatique. Ils ont choisi de mettre des bâtons dans les roues de ce projet et cela va coûter plus cher en indemnités de chômage. On n’a pas le droit de jouer avec la misère des gens dans un pays où 52 % de la population est en dessous du seuil de pauvreté.

Comment sortir de cette situation ?

— On doit relancer les investissements. Ces derniers doivent se faire : le Tram-train, la route littorale, les logements sociaux… D’autre part, la Direction départementale du travail (DTT) doit faire un peu plus attention quand elle donne le feu vert aux licenciements. Trois entreprises du Nord qui avaient perçu de l’argent public ont fermé avec l’accord de la DDT et ont été rouvertes dans le Sud. Il y a, là aussi, de la passivité, de la négligence. Ce n’est pas une critique, c’est une constatation. Comme l’a dit un camarade tout à l’heure, la crise à bon dos. Les patrons licencient les plus anciens pour économiser de l’argent. A l’approche de Noël, ce sont plus de 6.000 familles qui sont dans la souffrance. Est-ce que les politiques mesurent bien leur responsabilité ?

Que penser de la politique du gouvernement dans ce domaine ?

— Ce gouvernement mène une politique de destruction. Quelque chose m’a choqué récemment sur la politique en direction des seniors. Soi - disant, il faut les protéger pour qu’ils travaillent plus longtemps. Mais si vous allez sur le site Internet du gouvernement, vous y apprendrez comment faire pour ne pas payer le 1% de la masse salariale qui sanctionne les entreprises qui se séparent des seniors. Mais attention, nous sommes ici dans une île. Et l’on constate que les luttes se développement : Postes, impôts, centres thermiques, etc. Nous enregistrons beaucoup de destruction d’emplois. Il nous faut être solidaires et lutter. On dit que quand le bâtiment va, tout va. Aujourd’hui, cela va mal. D’autres secteurs sont touchés comme l’automobile. Nous devons agir ensemble pour remettre les gars au travail. Cette politique anti-sociale est une honte. La CGTR entend être au cœur de ce combat là.

Propos recueillis par YVDE


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