L’invité(e)

« On ne lâchera pas le morceau… »

Krishna Damour, animateur du collectif Nou vé nout tram

YVDE / 2 décembre 2009

Le collectif Nou vé nout tram se mobilise pour défendre le projet tram-train. Rassemblement, pétition, motion… il fait feu de tous bois pour soutenir un projet réunionnais qui touche aux déplacements, à la lutte contre le réchauffement climatique, à la relance économique… trois questions à un de ses animateurs, Krishna Damour.

Pourquoi avez-vous créé le collectif Nou vé nout tram ?

- C’est un collectif qui rassemble des citoyens, des personnes à mobilité réduite et des associations comme le Kolèktif pour le développement de la micro-région Sud, l’association Ti Train, l’association des transports doux intermodales, Saminm, Apascal, le syndicat des terrassiers (VTR), etc…
Il a été créé dès que la Ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a annoncé le refus des dotations ferroviaires pour l’entretien et l’équilibre de gestion du tram-train. Des dotations données aux autres régions de France hexagonale. Or, ces dotations sont essentielles pour la globalisation du financement du tram-train et elles conditionnent l’extension du réseau vers l’Est et le Sud.
Le collectif Nou vé nout tram a pour objectif d’appuyer le projet tram-train et exige un accord sur les dotations ferroviaires et une plus grande implication de l’Etat dans le projet.

Comment appréciez-vous les soutiens au tram-train, parfois tardifs, voire électoralistes ?

- Le tram-train n’est pas un projet politique. C’est un projet d’aménagement réunionnais, un projet de société. C’est un enjeu pour toutes celles et tous ceux qui se déplacent et souffrent des embouteillages. C’est un outil pour l’amélioration des déplacements des Réunionnaises et des Réunionnais. C’est un enjeu pour les jeunes, pour les étudiants qui peinent à trouver un logement à Saint-Denis.
Le tram-train, c’est aussi un enjeu environnemental. À quelques jours du Sommet de Copenhague sur le changement climatique, c’est une solution efficace pour éviter de rejeter dans l’atmosphère des tonnes de CO2. Et l’on ne peut s’empêcher de rappeler que le tram-train représente l’ossature du projet Gerri, cher au Président de la République.
Enfin, le tram-train a une dimension économique évidente. C’est un signe fort que le syndicat des terrassiers (VTR) se soit engagé aux côtés du collectif. Ce syndicat rassemble des PME du Bâtiment et des travaux publics (BTP). Et pour lui, le projet du tram-train est primordial. Le tram-train permettra d’améliorer les déplacements et la mobilité des Réunionnaises et des Réunionnais. Il va aussi relancer l’économie dans un contexte de crise. Faut-il rappeler que l’on vient de dépasser la barre des 100.000 chômeurs ? L’ouverture du chantier répondra à un besoin urgent des PME qui espèrent beaucoup du tram-train.
Le bouclage financier du dossier fixe à 520 millions d’euros destinés aux PME du BTP. C’est crucial pour elles. Il en va de la survie de ce secteur.

Quelle que soit la décision de la Région Réunion (1), allez-vous continuer à vous battre pour le tram-train et les dotations ferroviaires ?


- Comme a dit le Président de la Région, Paul Vergès, « on ne lâchera pas le morceau ». Nous voulons aller au bout du projet. Ce n’est pas terminé. La signature de la pétition que nous avons lancée se poursuit. Dans les jours qui viennent, nous déposerons une motion à la Région.
Le tram-train et la route littorale ne s’opposent pas. Ce sont deux projets prioritaires. Le second n’est techniquement pas prêt. Nous devons donc nous battre pour mettre en route le chantier du tram-train.

Propos recueillis par YVDE

(1) L’interview a été réalisé avant le débat de la séance plénière du Conseil régional


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