L’invité(e)

« Sarkozy est au pied du mur »

Gilles Leperlier, porte-parole de l’AJFER

Geoffroy Géraud-Legros / 16 janvier 2010

À trois jours de l’arrivée du président de la République, “Témoignages” a rencontré Gilles Leperlier, porte-parole de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi des Réunionnais (AJFER).

Quels sont les problèmes fondamentaux de la jeunesse d’aujourd’hui ?
— Les jeunes se sentent privés d’avenir. Mais pour autant, ils sont loin des stéréotypes que colportent les médias. La jeunesse lève la tête, et revendique le droit de construire son avenir.
Au centre de cette revendication, il y a bien sûr l’emploi. L’emploi est au centre de la campagne que nous menons, avec le mot d’ordre de priorité à l’emploi des Réunionnais . Mais la jeunesse a aussi besoin de s’exprimer. Or, on ne peut pas dire que les médias aujourd’hui aident à satisfaire ce besoin. Vous en savez quelque chose : l’AJFER avait réuni hier une conférence de presse, à laquelle seul “Témoignages” était présent, en plus d’un photographe du JIR. Nous devons donc trouver nous-même les moyens de nous exprimer : hier, face au désintérêt de la presse, nous sommes allés directement vers la population, en diffusant un dépliant dans Saint-Denis. Notre message est passé, notre document a été très bien accueilli. Nous n’excluons aucun moyen de nous faire entendre.

Quelles sont les propositions centrales de l’AJFER ?
— Nous l’avons dit clairement dans nos tracts et dans notre périodique : le temps des constats est derrière nous. On ne peut plus promettre à la jeunesse une vie passée à courir d’un emploi précaire à un autre sans espoir de sortir de cette spirale infernale. C’est indigne. L’heure est venue d’un grand projet de développement pour La Réunion. L’heure est venue de créer des emplois véritables pour les jeunes réunionnais.
Il est aussi indispensable de créer les cadres du développement en investissant massivement dans la formation des Réunionnais à La Réunion. Immédiatement, il faut donner la priorité à l’embauche des Réunionnais. L’année passée a révélé l’ampleur du scandale dans ce domaine. Il nous faut d’ailleurs dans ce domaine mettre au point un observatoire, afin d’établir l’état des besoins et faire toute la transparence dans ce domaine.

Comment envisagez-vous la visite du président de la République ?

— Il y a la question des emplois publics dans l’enseignement : un sénateur UMP a lui-même souligné que sur 1.000 emplois dans ce secteur, 100 seulement sont occupés par des Réunionnais. Le président de la République a parlé de « caricature », pour montrer à quel point les citoyens d’Outremer étaient sous-représentés dans les réunions en Préfecture dans l’Outremer. Et bien nous demandons à ce que cesse la « caricature » à La Réunion. De plus, nous n’oublions pas la lutte des enseignants en liste complémentaire.
Au-delà de cela, il y a la nécessité d’un développement endogène : il faut désormais passer de la parole à l’action, et annoncer d’urgence un agenda…. Depuis le CIOM, nous ne pouvons plus nous contenter de vagues promesses et nous ne pouvons plus attendre.

Propos recueillis par Geoffroy Géraud-Legros


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