L’invité(e)

Un projet pour La Réunion qui ne peut se faire qu’avec un partenariat de l’État

Pierre Vergès, vice-président du Conseil régional en charge du tram-train

Manuel Marchal / 4 décembre 2009

Mercredi, le président de la Région et le président de la société Tram’Tiss ont signé le contrat de partenariat public-privé. Pierre Vergès, vice-président de la Région en charge du projet Tram-train, apporte un éclairage sur ce que signifie cet acte très important pour la construction d’un chemin de fer à La Réunion.

Mercredi, la Région et la société Tram’Tiss ont signé le contrat de partenariat public-privé (PPP). Quelles sont les conséquences immédiates ?

- Mardi, l’assemblée plénière du Conseil régional a validé le choix de la société Tram’Tiss, groupement d’entreprises, et a autorisé le président de la Région à signer le contrat de partenariat public-privé (PPP) avec Tram’Tiss. Cette signature a eu lieu le lendemain, mercredi 2 décembre.
À partir du moment où le contrat est signé avant le 3 décembre, le dossier ne sera pas instruit par l’Europe, ce qui aurait allongé les délais de réalisation.
Cela satisfait les trois partenaires du projet, à savoir l’État, la Région et le groupement d’entreprises qui vient de signer le PPP.

Le groupement d’entreprises a accepté l’insertion d’une clause suspensive dans le contrat de PPP. À quel moment ce contrat produira-t-il tous ses effets ?

- Pour que l’ensemble des effets du contrat puisse s’appliquer, il reste à boucler le financement sur la base de trois pistes.
Premièrement, la réduction du plan pluriannuel d’équipement sur la période 2010-2019.
Deuxièmement, une dotation de l’État qui accréditerait encore la volonté partagée d’engager le premier grand projet de niveau national inscrit dans le Plan de Relance.
Troisièmement, pour ne pas alourdir la charge de la Région et de l’État, la recherche de recettes nouvelles qu’impose la remise en cause de leviers fiscaux comme la taxe professionnelle.
Dans l’attente de cet équilibre qui permettra alors aux banques de s’engager, des travaux peuvent commencer, réalisés par le groupement d’entreprises, avec accord du Conseil régional. Il s’agit d’études, notamment sur le plan environnemental.

Mercredi, le secrétaire général de la Mission d’appui PPP du Ministère de l’Économie a annoncé que « le gouvernement (…) envisageait de proposer un soutien financier plus important » au projet Tram-train. Que pensez-vous de cette déclaration ?

- Écoutez, encore une fois, je répète qu’il s’agit d’un projet pour La Réunion, et ce projet ne peut se faire qu’avec un partenariat de l’État.
Je ne peux que prendre acte de cette volonté de ne pas réduire ce projet, pour des raisons politiques, à "des clans" comme voudraient le faire certains opposants.
Le tram-train est capital pour le projet Réunion 2030, un projet emblématique du président de la République et qui s’inscrit totalement dans les impératifs du Grenelle de l’Environnement et du Protocole de Kyoto. À quelques jours de la conférence internationale de Copenhague, c’est tout un symbole. C’est aussi tout un symbole de ce qu’un camarade député disparu appelait « une parole réunionnaise au monde ».

Propos recueillis par Manuel Marchal


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