L’invité(e)

Une délégation partira à Bruxelles le 19 septembre prochain

Daniel Bègue, porte-parole de l’ADEFAR (Association de défense des agriculteurs de la Réunion)

Sophie Périabe / 20 août 2009

Depuis quelques temps, des éleveurs de bovins dénoncent la situation catastrophique dans laquelle se trouve leur cheptel. Les bêtes meurent unes à unes suite à des maladies. L’ADEFAR avait alors pointé du doigt les services de l’État et toute la filière qui sont, selon ces éleveurs, responsables de cette situation. Nous avons contacté le porte-parole de l’association pour faire le point sur la situation.

Depuis votre dernière mobilisation avez-vous eu des réponses de la part des services de l’État ?

- Non aucune. Dernièrement, on a rencontré le sénateur Virapoullé qui nous a dit n’avoir jamais entendu parler de problèmes dans les élevages, alors que sa collègue était déjà intervenue sur ce sujet au Sénat.
Il est arrivé en « Zorro » et nous a conseillé de ne pas nous rendre à Bruxelles, il y a tellement de bâtiment, vous allez vous perdre, nous a-t-il dit. Il nous a pris un peu pour des c… Il a peut-être besoins de redorer un peu son blason donc il est venu nous voir pour nous proposer son aide. On n’a pas refusé, mais bon.
Demain soir (jeudi soir : ndlr), on doit rencontrer le directeur du Crédit Agricole. Il est au courant de notre situation, nous allons lui soumettre 3 nouveaux rapports qui prouvent des dysfonctionnements à tous les niveaux. Nous attendons donc un geste au niveau de la banque, beaucoup d’éleveurs sont aujourd’hui en contentieux et ne peuvent plus rembourser les dettes.

Votre voyage à Bruxelles est-il toujours prévu ?

- Oui, une quinzaine d’éleveurs vont se rendre à Bruxelles du 19 au 26 septembre. Nous avons choisi ces dates car les billets d’avion sont moins chers et beaucoup de personnes ont du mal à payer. Nous nous donnons un peu de temps pour récolter des fonds grâce à la générosité des gens. Durant ce voyage, nous aurons le soutien d’éleveurs belges notamment, ils vont nous aider pour l’hébergement, etc.
Nous serons reçus par la responsable de la Commission des fraudes. Après ce sera à l’Europe de voir si elle continue à donner de l’argent pour que des éleveurs tombent un à un. L’objectif est que la filière fonctionne bien, aujourd’hui ce n’est pas le cas.

Vous avez également créé un blog "Dilavérité", pourquoi ?

- Le blog "Dilavérité" a été créé il y a un peu plus d’un mois pour faire connaître la situation à davantage de personnes et notamment dans d’autres pays. Nous avons le soutien de la Belgique, de la République Tchèque notamment. Sur leur conseil, on a fait une pétition, on commence à la faire signer ici et elle sera remise à la Commission des pétitions à Bruxelles.
De toute façon, nous sommes déterminés car si on ne fait rien, la filière va tombée toute seule. Or, nous voulons sauver cette filière et travailler.
Il y a certains éleveurs qui disent que leurs bêtes sont saines. Mais il faut voir au niveau de la DSV, lorsqu’ils disent que le cheptel est sain, ils ne recherchent que 2 maladies : la tuberculose et la brucellose. Mais en ce qui concerne les autres maladies, il n’y a pas de recherche.
Il faut arrêter de nous faire travailler avec des animaux malades. Nous, nous ne demandons qu’à travailler avec des bêtes saines.

 Propos recueillis par S.P. 


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