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Construire dans la pente : comment implanter ma maison ?

Témoignages.re / 3 juillet 2010

Dans les Hauts de l’île, les terrains constructibles sont pour la plupart en pente : pente unique plus ou moins prononcée, succession de pentes différentes, ou encore suite de replats et de contre-pentes. Comment tirer parti de la forme du terrain pour implanter sa maison ? Éléments de réponses avec le CAUE.

La construction dans une pente impose un terrassement, mais celui-ci sera plus ou moins important suivant lʼattitude choisie pour lʼimplantation de votre maison.

Sachez avant toute chose que les Plans locaux dʼurbanisme (PLU) prévoient des règles précises qui limitent les travaux de terrassement, la hauteur de votre maison et des murs de soutènement. Il est fortement conseillé de rencontrer lʼarchitecte-conseiller de votre commune pour lʼinterprétation de ces règles, qui varient dʼune ville à une autre.

Plusieurs solutions sʼoffrent à vous pour implanter votre maison, dont les trois premières consistent à sʼadapter au terrain :

1. Se surélever du sol, en porte-à-faux ou avec des pilotis


Cette solution est particulièrement adaptée aux terrains complexes et en pentes extrêmes, mais reste très réglementée et parfois interdite dans certaines communes. Toutefois, si vous implantez votre maison en surplomb, lʼimpact sur le terrain naturel sera minime et par conséquent, le volume de déblai très faible. La surélévation vous permettra également de jouir de vues dégagées et traversantes.

Notez cependant que, dans ce cas, lʼaccès à votre terrain pourrait sʼavérer plus complexe et que la structure porteuse constituera un coût supplémentaire à ajouter bien évidemment à votre budget.

2. Accompagner la pente, en cascade, avec succession de niveaux ou de demis-niveaux suivant le degré dʼinclinaison


En plus dʼun impact minime sur le terrain naturel, adopter cette attitude vous permettra de bénéficier dʼaccès directs multiples à tous les niveaux. Attention cependant à la circulation intérieure qui pourrait sʼavérer contraignante.

3. Sʼencastrer, sʼenterrer, remblai et déblai


Le choix de cette implantation vous offrira une certaine intimité notamment grâce au degré du talus.
Encastrer votre maison vous permettra aussi de bénéficier dʼune bonne isolation thermique ; la terre jouera le rôle dʼisolant et évitera de trop grandes variations de températures à lʼintérieur.

Lʼorientation de votre terrain favorisera en outre la bonne ventilation naturelle de votre maison. Selon le choix de votre toiture, celle-ci pourra être utilisable à condition bien sûr de mettre en place des dispositifs de sécurité et dʼaccessibilité.

Attitude à éviter : déplacer le terrain


Une dernière attitude consiste à déplacer le terrain, poser à plat sur un terrassement. Sauf cas exceptionnel, cette solution nʼest pas à retenir. Elle accompagne souvent la construction de maisons non conçues pour les terrains qui les reçoivent. Elle déforme les terrains et sʼaccompagne de la réalisation presque obligatoire dʼenrochements ou de murs de soutènement de grande hauteur, pour la stabilisation des talus, qui dénaturent le paysage. Les seuls avantages quʼon peut lui conférer sont lʼaccès direct au terrain et l’ouverture multiples aux différentes vues.

Cʼest le choix dʼune de ces quatre attitudes qui déterminera en grande partie lʼorganisation et la volumétrie du bâtiment.

Aussi, assurez-vous de la qualité du sol de votre terrain pour être sûr que le bâtiment ne le déstabilise pas au cours du temps. Et dans le cas de pente très extrême, faites appel à un géotechnicien qui déterminera le type de fondation à utiliser en fonction du projet et de la nature du terrain.

Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement est gratuitement à votre disposition pour vous informer. Pour prendre rendez­vous avec l’un de ses architectes­conseillers, téléphonez au 0262-21-60-86. Vous pouvez également consulter son site internet www.caue974.com.


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