Le mot du CAUE

Termites : tout que ce vous devez savoir !

Le mot du CAUE

CAUE / 1er octobre 2011

Depuis 2007, tous les bâtiments neufs doivent être conçus de façon à résister à l’action des termites et autres insectes xylophages. Lutter contre les termites, c’est une chose ! Mais bien souvent, les produits chimiques utilisés se trouvent être très toxiques pour l’environnement et la santé de l’Homme. Alors, comment se prémunir des effets des carias sur nos constructions tout en préservant la planète ? Éléments de réponses avec le CAUE.

La Réunion compte 12 espèces de termites ! Soyons très clairs : il serait irresponsable de vouloir les supprimer définitivement de l’île. D’abord, les termites se trouvent être indispensables pour le recyclage des végétaux morts et l’aération du sol. Ensuite, leur éradication complète nécessiterait l’utilisation massive de produits hautement toxiques !
Puisqu’il faut abandonner l’idée d’éradication, tâchons donc de les empêcher au maximum de causer des dégâts.

Un termite, c’est quoi ?

Pour agir efficacement contre cet insecte, la première démarche consiste à bien le connaître. Le termite est un insecte xylophage, c’est-à-dire qui se nourrit de bois. Il est totalement inoffensif lorsqu’il est pris isolément, mais redoutable lorsqu’on considère une colonie. Celle-ci est composée d’ouvriers, de soldats, d’un roi et d’une reine qui pond toute la journée (les carias que l’on voit s’envoler sont les futurs rois et reines). Seul le termite “ouvrier” travaille et cause les dégâts.
Le termite attaque presque toutes les essences de bois de charpente et de menuiserie, jusqu’à leur destruction totale, de l’intérieur. Et puisque c’est la cellulose de bois qu’il veut, il s’attaquera également aux meubles, aux portes, aux papiers, aux cartons…

Ce que dit la loi

Depuis 2007, la loi impose de nouvelles mesures de protection des bâtiments neufs contre les attaques de termites souterrains.
Doivent être mis en œuvre pour les éléments participant à la solidité des structures soit des bois naturellement résistants aux insectes ou des bois ou matériaux dérivés dont la durabilité a été renforcée. La durabilité de ces éléments de structure doit être d’au moins dix ans.
Les mêmes obligations s’imposent lors de l’introduction dans un bâtiment existant d’éléments en bois ou matériaux dérivés participant à la solidité de la structure.
Doit également être mise en place une barrière physico-chimique ou physique entre le sol et le bâti (cf ci-dessous traitements préventifs).

La situation à La Réunion

A La Réunion, le problème n’est pas vraiment nouveau. Nous sommes infestés par les termites, tout le monde le sait. Depuis plusieurs années, scientifiques et professionnels du bâtiment se préoccupent des dégâts causés par ces insectes.
Sur les 12 espèces répertoriées par l’Observatoire régional de lutte anti-termites (l’ORLAT), 3 causeraient de lourds dégâts. Parmi elles, le genre coptotermes gestroi est l’un des plus ravageurs. Ce sont des termites souterrains capables de s’attaquer à quasiment toutes les essences de bois. Il s’agit de l’espèce la plus répandue à La Réunion.

Les actions préventives (une obligation réglementaire !)

Les actions préventives doivent s’appliquer à toutes les constructions neuves, quel que soit le système constructif retenu : maçonnerie, ossature bois, etc. Elles consistent à établir verticalement en périphérie du bâtiment une sorte de ligne Maginot infranchissable et incontournable. Cela s’opère en installant une barrière physique ou physico-chimique à l’interface sol/bâti de manière à empêcher les termites souterrains de pénétrer dans le bâtiment ; sont donc mis en œuvre des polyanes dans lesquels sont incorporées les molécules assassines ou bien des grillages à maille très fine en acier inoxydable.
Attention à ne pas négliger de traiter les détails comme le passage des canalisations, des fourreaux électriques, etc., qui peuvent devenir des autoroutes permettant aux termites de franchir allègrement votre barrage.
Autre point à ne pas négliger : n’incorporez jamais les déchets de votre chantier dans les terres de remblais. Ils constitueront un appât et garde-manger pour les termites.
Parmi les actions préventives, il y en a une que vous pouvez envisager dès la conception de votre bâtiment : prévoyez un vide sanitaire ventilé. Cela ne sera pas suffisant pour empêcher les termites de passer, mais les éventuelles actions curatives ultérieures en seront grandement facilitées.
Si votre état parasitaire indique la nécessité d’un traitement préventif ou curatif, faites appel à une société de traitement certifié.

Respectez les règles de construction !

Attention, le risque zéro n’existe pas ! Choisir un bois traité classe 4 ne vous met pas complètement à l’abri. S’il est mal mis en œuvre, les termites pourront quand même faire leurs dégâts. Faites appel aux professionnels.

Les actions curatives

Les actions curatives sont beaucoup plus délicates à mettre en œuvre, car il s’agit d’intervenir sur de l’existant généralement habité. Les travaux sont susceptibles de causer des dégâts visibles, dont le coût des réparations viendra se surajouter au coût du traitement.
Le traitement par injection et pulvérisation d’insecticides dans les éléments en bois et les maçonneries est principalement utilisé dans l’élimination des termites de bois sec.
Il existe aussi une technique plus respectueuse de l’environnement : le traitement par pièges-appâts qui consiste à alimenter les ouvriers avec une molécule toxique qu’ils distribuent ensuite à toute la colonie. Ce traitement ne s’applique qu’au termite souterrain et, bien sûr, n’a d’intérêt que dans le cadre d’une action curative.

Attention, les produits utilisés en préventif comme en curatif sont hautement toxiques. N’effectuez pas vous-même ces traitements, laissez faire les professionnels. Ils ont du matériel de protection adapté et sont habitués à prendre les précautions draconiennes qui s’imposent.

Les tests en cours à l’ORLAT

A ce jour, la durabilité naturelle des essences de bois face aux termites et autres agents de détérioration est répertoriée dans différents guides (CIRAD, AFNOR). Cependant, aucun de ces documents n’est adapté aux DOM-TOM. 
L’ORLAT mène actuellement une étude pour faire le point sur la durabilité naturelle des essences de bois, utilisées dans la construction à La Réunion, face au termite le plus virulent de l’île : le Coptotermes gestroi.
Des pré-essais ont déjà révélé que des bois réputés durables dans les guides précédemment cités se sont montrés sensibles au Coptotermes gestroi.
Cette étude donnera lieu à un guide destiné aux artisans, fin 2011.

Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement est gratuitement à votre disposition pour vous informer sur ce sujet. Pour prendre rendez-vous avec l’un de ses architectes-conseillers, téléphonez au 0262-21-60-86. Vous pouvez également consulter son site internet www.caue974.com
Nous vous invitons également à contacter l’ORLAT au 0262-58-87-90.


Question/Réponse

Quelles sont les démarches que je dois entreprendre si je constate des termites chez moi ?

- S’il y a des termites chez vous, il faut en faire la déclaration en mairie. Cette déclaration doit préciser l’identification de l’immeuble et faire état des indices qui révèlent la présence de termites. Elle peut à cette fin être accompagnée d’un état parasitaire. Le fait de ne pas effectuer cette déclaration en mairie est passible d’une amende de 3ème classe, soit jusqu’à 450 euros.


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