Libres propos

De la belle maison des pompiers de La Possession aux 900.000 pauvres des Restos du cœur et de la réaction des milieux du foot professionnel…

Témoignages.re / 5 mars 2012

Une semaine s’est écoulée, avec son lot de nouvelles qui, pour l’essentiel, ne sont pas … nouvelles. Certaines nous amusent, d’autres nous irritent, beaucoup nous peinent. Nous savons, pour ce qui est de ces dernières, qu’elles sont les conséquences chez certains d’ambitions personnelles qui ne savent plus se contenir ou du désir d’autres de régler des comptes sans se douter qu’ils ne régleront ainsi rien, sinon qu’ils discréditeront un peu plus la confrontation politique pourtant nécessaire pour faire avancer la recherche de la meilleure solution pour nos populations. Nous en sommes attristés. Et nous n’y pouvons rien, à la place qui est la notre et avec les moyens dont nous disposons, question de tempérament. Restent donc ces autres points, ceux dont on ne parle pas beaucoup.

De la belle maison des pompiers de La Possession…
Demain mardi 6 Mars est inaugurée la nouvelle Caserne de pompiers de La Possession. C’est ma voisine qui me l’a appris. Proximité de mon habitation oblige, je passe très souvent là où, depuis environ un an maintenant, les hommes de plusieurs entreprises locales, en poste tout en haut d’une imposante grue ou guidant d’autres engins classiques de chantiers, ont travaillé d’arrache-pied pour sortir de terre un bien beau bâtiment.
Il faut le souligner : il est désormais révolu le temps où nos hommes du feu et leurs véhicules étaient parqués là où on leur avait trouvé une petite maison pour les abriter et un bout de cour où pourraient être rangés les camions incendie. À La Possession, la maison du SDIS a été imaginée et pensée, dessinée et corrigée par Jean-François Delcourt, un Architecte dont la réputation n’est plus à faire et qui a signé les plans de quelques constructions remarquables un peu partout dans notre île.
La Caserne des pompiers de la cité de l’Ouest est un remarquable bâtiment, haut en couleurs qui se complètent et se fondent dans leurs symboliques respectives, avec des formes qui prouvent à l’évidence que l’on peut réaliser un lieu de travail qui peut ne plus être de corvée et où la manière et l’art se conjuguent au temps du bon goût. Ici, les plans obliques côtoient harmonieusement les arrondis et les perpendiculaires. Et ces quelques « petites choses » qui, mine de rien, viennent égayer tout un mur et captent le regard pour donner au renseignement utile à tout un chacun le sentiment que les formes des lettres de notre alphabet et les chiffres appris à l’école peuvent ne pas manquer de poésie, ces quelques petites choses, qui n’ont pas couté des mille et des cent, ne sont pas nées au hasard. Elles poussent encore plus loin la conviction des gens de bon sens qu’il ne suffit plus aujourd’hui de couler du béton pour faire un bâtiment. Dût-il, ce bâtiment, avoir une fonction des plus basiques.
Et ce ne sont pas les quelques quarante personnes — pompiers opérationnels, pompiers volontaires, encadrement — ni même, s’ils avaient eu la parole, les véhicules sollicités pour porter secours aux blessés de la route ou ceux qui se retrouvent quand l’alerte est donnée sur les lieux en flammes, qui vont dire le contraire : cela fait du bien de se retrouver là où, le long d’une quatre voies, sur 3.289 m2 de terrain et dans une construction de 727 m2, la main des hommes s’est hissée à la hauteur de la noblesse de l’engagement d’autres hommes.

Les Restos du Cœur : 900.000 personnes y passeront…
L’information ne méritait pas de passer inaperçue et de finir dans les oubliettes d’une actualité qui, chaque jour, avalent sans les digérer mille informations. Les Restos du Cœur s’attendent cette année à battre le record d’affluence qu’ils avaient enregistré l’an dernier avec 860.000 personnes. Cette année, le nombre de 900.000 devrait être dépassé. C’est Olivier Berthe, le Président de l’association créée par Coluche , qui l’a annoncé il y a trois jours. Et de poser les questions qui interpellent : « Est-ce qu’on va rester dans cette situation absurde ? Est-ce que les candidats aux prochaines présidentielles vont répondre à notre interrogation ? Est-ce que leurs réponses seront seulement des mots et non des actes ? ». Et d’enfoncer le clou en pointant du doigt : « Si vous êtes élus au mois de mai prochain, mènerez-vous une politique qui combatte cet état de fait intolérable ? Et d’ici là, allez-vous concrètement évoquer cette situation et la mettre au cœur de la campagne ? ».
La lettre que, depuis l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, Jean-Hugues Ratenon vient d’envoyer aux candidats Jean-Luc Mélenchon, François Hollande et Éva Joly va dans le même sens. En soulignant à l’attention de ces derniers qu’il semble bien que « la détresse ressentie par la population réunionnaise est mal perçue dans l’hexagone » et en se demandant si « elle est d’ailleurs vraiment comprise par nos élus locaux eux-mêmes ? », le Président de l’ARCP pose le même problème de fond que Olivier Berthe : combien de temps encore va durer notre type de société qui cultive ces insupportables inégalités ?

Quand le foot professionnel a peur pour ses (très) hauts salaires…
La nouvelle n’a pas traîné dans la presse. Elle a même été transcrite dans un coin de pages, sans mise en évidence aucune : l’organisation des footballeurs professionnels demande à François Hollande de ne pas leur appliquer demain la mesure qui a été annoncée et qui vise à surtaxer la part des revenus des contribuables français qui est au-dessus du 1 million d’euros par an. C’est que un million d’euros par an, c’est chose courante chez les footballeurs professionnels ! Y en a même qui touchent ce million en deux ou trois mois seulement !
Nous ne ferons pas d’autres commentaires que le souhait suivant : que tous les candidats songent sérieusement, en matière de révision de la fiscalité sur les revenus, à rattraper François Hollande. Payer un peu plus sur ce qui est au-dessus du million annuellement perçu ne fera pas de ceux qui ont de tels salaires de pauvres petits citoyens français. Cela fera d’eux des hommes qui pourront se regarder dans leur miroir sans se reprocher d’avoir un peu vite oublié d’où ils viennent…

Raymond Lauret


Kanalreunion.com