Libres propos

En ces temps de difficultés pour le BTP, où en est-on de la “commande publique” ? Faut-il seulement desserrer la contrainte si on veut avancer ? Ne faut-il pas la dépasser ?

Témoignages.re / 15 septembre 2009

Jeudi dernier 10 Septembre, au Conseil Général, se tenait une importante réunion sur l’état de la « commande publique » telle qu’elle peut être quantifiée actuellement sur notre île. Il s’agit, devant les représentants des corps de métiers des Travaux Publics et du Bâtiment, devant également les instances de l’Etat, de la Région, du Département, des EPCI et des Communes, de dresser régulièrement le tableau des travaux que la puissance publique a déjà mis et compte mettre sur un marché dont personne, aujourd’hui, n’ignore qu’il est actuellement considéré comme difficile. Sans doute appartient-il à l’animateur principal de la cellule du BTP de rendre public le contenu de ces travaux dont il assure le suivi avec, il faut le dire, une maîtrise certaine. Je voudrais pour ma part me limiter à la position que j’y ai exprimée en ma qualité de représentant de la collectivité régionale.
Tout d’abord, il convenait que soit précisé ce qui a été réalisé à ce jour, à savoir pour le compte de l’année 2009, à la date du 9 Septembre.
Au titre des marchés notifiés au 9 Septembre 2009, la Région Réunion a mis sur le terrain 230 marchés pour une valeur totale de plus de 134 millions (134 millions 177.040) d’euros. Ces 230 marchés se décomposent en 100 marchés et 114 millions 600.000 euros pour le secteur des Routes et en 130 marchés et 19 millions 577.040 euros pour celui des Bâtiments.
S’agissant, ensuite, des prévisions pour le dernier trimestre de cette année 2009, en consultations déjà lancées avec notifications des marchés dans les deux mois, le secteur des Routes compte pour près de 7 millions (6 millions 990.000) d’euros et celui des Bâtiments pour plus de 30 millions (30 millions 215.000) d’euros. En consultations à lancer, plus de 27 millions (27 millions 395.000) d’euros concernent les Routes et 6 millions 411.000 d’euros sont dévolus aux Bâtiments. Nous ne mentionnons pas ici les 57 millions d’euros de travaux prévus pour la M.C.U.R. Dès qu’ils sortent, ce sera autant d’offert à nos entreprises de terrassement et de construction.
Ce n’est pas rien. Et personne n’y a trouvé à redire.

D’autant que, comme le font toutes les autres collectivités ainsi que l’Etat, la Région procède systématiquement à une généralisation du principe de l’allotissement, elle réduit ses délais de paiement et elle consent aux TPE et PME des avances sur marchés conséquentes. Et de cela aussi, personne n’a eu à en redire.
Mais tout cela ne suffit évidemment pas pour mettre notre île à l’abri de l’impact de la crise. Pourquoi donc ce sentiment de malaise et d’inquiétude que l’on sent à quasiment tous les niveaux du BTP, tant chez les grands groupes que chez les TPE et PME dont les organisations syndicales ouvrières participaient à la réunion du Conseil Général de l’autre jeudi ?
Quelle réponse apporter dans ce contexte ? Nous avons proposé celle-ci. La route des Tamarins sitôt terminée, il aurait fallu que le chantier du Tram-train prenne le relais. Dès lors, une question devait donc être posée. Et elle l’a été : faut-il laisser les « Faut qu’on » et les « Y a qu’à » tenter de faire prendre du retard au seul chantier capable d’apporter actuellement à nos entreprises l’équivalent de ce qu’elles ont eu en travail avec celui de la route des Tamarins ? Faut-il laisser les « brasseurs de vent » tenter de bloquer un projet qui a fait l’objet — Monsieur le Préfet devait le rappeler fortement dans une intervention remarquée en fin de séance — d’un engagement financier fort de l’Etat à travers le Protocole de Matignon approuvé par Nicolas Sarkozy alors Ministre de l’Intérieur et aujourd’hui Président de la République ? Ne faut-il pas opposer à ces gens le front uni de tous ceux qui veulent que notre économie reparte ? Ne nous faut-il pas tous faire nôtre, le propos de Monsieur le Préfet selon lequel, quand les temps sont difficiles, « ce n’est pas en desserrant la contrainte qu’on avance, c’est en la dépassant » ?

R. Lauret


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