Libres propos

…et, détail important, sans que personne ne sourit alors…

Témoignages.re / 30 novembre 2009

Jean-François Beaulieu et le direction du CROS (Comité Régional Olympique et Sportif) de La Réunion ont eu samedi l’excellente idée de convier un certain nombre d’acteurs du mouvement sportif local à une journée de réflexion sur ce que pourrait être la contribution de ce dernier à une politique volontariste en faveur du Développement Durable.
A une semaine de l’ouverture du sommet de Copenhague (du 7 au 18 Décembre), il convenait que soit rappelé qu’à cette occasion, la France a notamment choisi, dans un texte de seize pages baptisé "Copenhague : un projet pour le monde" , de bien distinguer sur notre Terre « les pays les moins avancés et les pays les plus vulnérables, comme les petits Etats insulaires vers lesquels doivent converger des financements internationaux pour appuyer des politiques de développement sobres en carbone, et prévenir les conséquences du réchauffement » (Laurence Caramel, dans le quotidien "Le Monde" du 20 Novembre dernier).
Il convenait aussi que soit soulignée la proposition française (proposition qui, toujours selon "Le Monde", ne semble plus soulever de sévères oppositions) « d’un déblocage de fonds dés 2010 pour commencer à financer des politiques climatiques dans les pays en voies de développement. Le besoin de 5 à 7 milliards de dollars par an est avancé . Il serait satisfait par la contribution volontaire des pays riches et émergents ».
Car, par delà l’indispensable engagement de chacun de nos dirigeants et de tous nos sportifs dans des reflexes quotidiennement repris pour réaliser sur nos lieux de réunions et de pratiques sportives toutes les économies d’énergies possibles, par delà encore nos propositions vers des instances de décisions politiques pour, par exemple, optimiser les toitures des équipements dans des fonctions de développement durable, par delà également nos propres réflexions pour réduire nos largesses dispendieuses en tous genres, nous avons aussi à nous engager, à cotés de celles et ceux que le suffrage universel a désignés pour préparer notre Terre à accueillir les générations à venir, pour changer les choses. Tout naturellement, et –détail important sans que personne ne sourit alors, la question de l’utilisation de la bicyclette comme moyen de se déplacer là où cela est possible ne pouvait pas ne pas être abordée.
J’imagine sans peine que pour le délégué de Mayotte présent dans la salle et qui voit chaque matin les kilomètres de bouchons qui paralysent l’entrée dans la ville de Mamoudzou, j’imagine également que pour celui de Madagascar lui aussi assis dans l’hémicycle du CREPS de Champ Fleuri qui sait combien se déplacer est, pour les pauvres de son immense pays, un privilège derrière lequel un grand nombre d’entre eux courent sans espoir, j’imagine aussi, j’imagine surtout que pour Monsieur Vincent Mériton, Ministre Seychellois des Sports et Président en exercice de la C.J.S.O.I. (Commission Jeunesse et Sport de l’Océan Indien) lui aussi participant au Colloque du CROS de La Réunion, nous ne pouvons pas ne pas mobiliser les mouvements sportifs de nos pays respectifs. Tous ces pays ne partagent-ils pas les mêmes problématiques de ces « petits Etats insulaires parmi les plus vulnérables » de la planète, exposés aux graves conséquences des dérèglements climatiques ? Comme, devait le rappeler M. Régi Bertogli, Directeur Régional de la Jeunesse et des Sports et représentant l’Etat français, « le sont déjà les Maldives » ?
Peut-être que, sans même y penser quand l’idée leur fut venue de ce colloque, Jean-François Beaulieu et les responsables du CROS de La Réunion ont-ils aidé samedi l’ensemble des responsables de la CJSOI à aller bien plus loin que ce que leur impose la seule charte olympique qui les unit. Et si s’était consolidée samedi la noble idée que notre rôle à tous, surtout quand, à travers le Sport, nous côtoyons notre jeunesse, va bien au delà des seuls terrains de jeux et de la compétition pour se porter sur l’avenir de nos territoires tellement vulnérables ? Et si, samedi, à Saint-Denis de La Réunion, le drapeau menacé de ce grand village qu’est aujourd’hui devenu notre planète avait finalement supplanté dans nos consciences d’Hommes et de Femmes respon sables les couleurs et les hymnes de nos seules nations du même Océan Indien ?

R. Lauret


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