Libres propos

Et dire qu’ils étaient ensemble à prendre leur petit-déjeuner avec le Président de la République !

Témoignages.re / 15 février 2010

Difficile de résister à la nécessité — car c’en est une, tant les Réunionnais doivent bien comprendre ce que sont en vérité certains de ceux qui se présentent à leurs suffrages à l’occasion des Régionales des 14 et 21 Mars prochains — oui, difficile de résister à la nécessité de placer les projecteurs sur les instants qui ont scellé la rupture ( « le clash » , pour reprendre le mot de nos confrères du “JIR” et du “Quotidien”) entre Jean-Paul Virapoullé et Didier Robert dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, devant un grand nombre de ceux et celles qui devaient constituer leur liste d’union. Et devant quelques journalistes au flair aiguisé.

Rappelons nous que, la veille encore de cette nuit-là, pour l’un comme pour l’autre des deux mandatés de l’U.M.P., « l’union (était) plus que jamais une évidence », Robert ayant à conduire la liste et Virapoullé devant jouer le rôle de coordonnateur de campagne. Seules quelques mauvaises et jalouses langues s’employaient à évoquer de possibles grains de sables qui auraient pu s’être glissés dans les rouages de la machine. Et puis, patatras, dans une salle d’un hôtel de la côte Ouest, le ton monte soudain. Comme si les voix attendaient cet instant depuis longtemps, à l’étroit et trop fortement comprimées dans les gorges de personnages que pas un seul chapitre d’un vrai programme ne réunit. De personnages qui donc n’ont à discuter que de la place à donner à l’une ou à l’un, sachant qu’un autre et même un autre encore ont un protégé à imposer. Et alors, devant des journalistes qui n’en croient pas leurs yeux et leurs oreilles, ça fuse.

S’agissant de Thierry Sam-Chit-Chong que Virapoullé veut en bonne place, mais dont « Cyrille Hamilcaro n’en veut pas », pour Yves Mont-Rouge du “JIR”, « JPV n’est pas convaincu par les explications “fantaisistes” apportées par la tête de liste d’union ». Et l’ex-Maire de Saint-André de dire avec une rare élégance ses quatre vérités à son homologue de Saint-Louis : « En 40 ans de vie politique, je n’ai jamais eu de casseroles et je n’ai jamais été mis en examen. Sans compter que, moi, je ne marche pas la braguette ouverte en ville ». Brrr !!

Didier Robert en prendra pour son grade lui aussi. Il est traité devant tout le monde, et les yeux dans les yeux, de « petit dictateur » . C’en est trop et, n’en pouvant plus, il quitte les lieux ! A Michel Fontaine qui arrive alors pour tenter, dit-il, « de recoller les morceaux », JPV lance : « Je ne lui adresse plus la parole. Je veux un fax signé de ce petit salaud ». C’est Laurent Bouvier qui le rapporte dans “Le Quotidien” !

Arrive alors le moment pour Jean-Paul Virapoullé d’un numéro qui restera dans les annales de la gesticulation devant une caméra. Un numéro de gesticulation que des dizaines de milliers de Réunionnais ont pu voir et revoir sur leur petit écran. Un numéro pour lequel un de ses sympathisants demandera qu’on l’excuse puisque « il est fatigué, ses nerfs ont lâché » ! Un numéro au terme duquel le Sénateur, toujours selon Laurent Bouvier, « pose ses conditions et donne jusqu’à aujourd’hui (c’est-à-dire samedi) midi à Didier Robert pour les approuver ». Sinon ? Sinon, menace JPV, « Ma liste est dans ma poche ». Samedi, avant que prenne fin l’ultimatum lancé par le coordonnateur de sa campagne, nous apprendrons que le Didier avait dans son cartable depuis quelques jours déjà sa liste toute prête et qu’il pouvait donc la déposer en Préfecture. Ce qu’il fit, histoire de montrer à l’autre qu’ils n’ont finalement rien à s’envier dans l’art de se faire mutuellement confiance. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, ils étaient ensemble à prendre le petit-déjeuner avec le Président de la République !

Amis lecteurs et amis de toute La Réunion, permettez qu’avec vous, je me félicite que du côté de l’Alliance, parce que Paul Vergès avait à constituer sa liste à partir d’un programme réfléchi et qui ambitionne de rassembler tout ce que notre île compte de gens soucieux de l’intérêt général, les problèmes qu’il a eu à gérer n’ont jamais été de cet ordre, ni de cette nature. Et nous sommes quelques-uns et même plus, parmi les sortants sur sa liste, à lui avoir dit que l’essentiel n’est pas que nous y soyons toujours. L’essentiel, c’est que, où que nous soyons, nous puissions apporter notre contribution à un combat qui sera à mener tant qu’il y aura des Hommes sur la Terre.

Permettez que je vous dise que vendredi dernier, lors de la présentation de notre liste, en écoutant Philippe Jean-Pierre, Jean-Pierre Avril, Michel Lagourgue, Michel Dennement, Laurita Alendroit, Aline Murin-Hoarau, Marie Rose Gras, Brigitte Malet, Fabrice Tandrayen ou bien encore Rahiba Dubois nous expliquer pourquoi ils étaient avec Paul Vergès, je ressentais beaucoup de fierté d’appartenir à ce courant qui rassemble et allie, loin des querelles étalées par les ambitieux.

Permettez encore que je vous confie combien ce vendredi 12 février, en serrant dans mes bras la jeune Béatrice Leperlier, je pensais à mes petits-enfants et m’espérais à les imaginer, quand ils auront demain 19 ans et l’âge de s’engager, comme elle, eux aussi debout pour prendre leur part dans tout ce qu’il y aura encore à faire pour notre humanité.

R. Lauret


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