Libres propos

Mickaël Rosalie : dans le registre d’un état du civisme sportif de la Commune du Port…

Témoignages.re / 27 décembre 2010

Cela s’est passé au Port le mercredi 15 décembre dernier. Sous l’œil averti de Pascal Léar, président de l’Office municipal du Sport et des mains autorisées de Jacques Dobaria, élu délégué au Sport de la ville, Mickaël Rosalie recevait le trophée du "Mérite sportif" de l’année 2010.
Le "Mérite sportif", symbolisé par un magnifique coq tout en écaille de tortue et œuvre de l’artiste saint-leusien Nicol Payet, souligne chaque année la part de sa vie qu’un Portois a donnée à la politique sportive de la cité maritime. Cet élan du cœur et de la reconnaissance d’une collectivité remonte à 37 ans déjà. C’est en effet en 1973, deux ans seulement après la naissance de l’O.M.S. du Port, qu’avec Albert Mourvaye et quelques autres fut ouvert ce registre d’un état du civisme sportif de la commune. Jean-Paul Parmentier, le talentueux coureur cycliste mais surtout sportif d’une exemplarité peu commune, ouvrit une page que couvrirent par la suite des noms d’hommes et de femmes remarquables. Je n’en citerai aucun. Parce que c’est un livre, mais un livre qui n’aurait pas de dernière page, qu’il faudrait que l’on consacre à ces figures qui auront marqué, chacun et chacune à sa manière, la vie d’une cité.
Jean-Claude Chabriat, en son temps sportif remarqué et aujourd’hui Principal de collège à la retraite, puis Michel Picot qui fut instit’ au Port avant de trouver une suite logique à sa vie en se joignant à l’équipe d’Éric Fruteau à la Mairie de Saint-André, et puis encore Fabrice Zitte, autour d’une flopée de joueurs d’une époque où ils étaient tous minimes et tous champions, Jean-Claude, Michel et Fabrice donc surent dire à une assistance tout acquise à sa cause combien Mickaël avait été un inlassable militant de l’Éducation, avec cette majuscule qui fait obligation à l’enseignant d’être également, sinon surtout, éducateur.
Et puis, il eut ce témoignage d’André Gontier, filmé depuis sa maison du Dos d’Âne. Nous avons apprécié que l’ancien maire du Port et président de la Jeanne d’Arc souligna tout naturellement, à côté des anecdotes qui ont fait de Mickaël quelqu’un de remarquable, combien l’idée d’une politique sportive purement portoise s’imposait dans une cité où construire de l’habitat, des écoles et des réseaux ne pouvait pas seulement suffire si on nourrissait l’ambition qu’une âme s’imprime petit à petit jusqu’à donner naissance à une expression – «  Le Port sa mém mém  » - qui deviendrait celle de tous et de toutes. Mickaël Rosalie, et de cela nous sommes plusieurs à pouvoir porter témoignage, contribua à construire dans sa plus belle dimension le concept d’un « Sport pour tous et toutes, et le plus haut niveau possible pour chacun » tel que l’avait souhaité la FNOMS et son inspirateur d’alors Jean Guimier.
L’essentiel était dit, un essentiel qui fit que nous pouvions percevoir l’émotion qui perçait dans le regard et dans la voix du méritant récipiendaire auprès duquel Josette, son épouse, devait revivre les longues soirées où elle attendait l’homme de sa vie retenu dans les lieux de pratique ou de réflexion.
En cette fin d’année – c’est aujourd’hui mon dernier "libres propos" pour 2010 -, permettez que je reste dans le domaine du Sport, là où je crois avoir bien profité de cette satisfaction que l’on peut ressentir quand on fait le bilan de ce que l’on a pu donner aux autres.
Je vous emmène à la Ligne Paradis, à Saint-Pierre. C’était l’autre mardi, 21 décembre donc, dans la grande salle "Le Mahavel". Sous l’égide de la Ligue réunionnaise de Football et de la Municipalité de Saint-Pierre, trois membres éminents du "Club Corporatif de l’Hôpital Sud Réunion" recevaient les Médailles d’Or, d’Argent et de Bronze que la L.R.F. décerne à ses bénévoles les plus méritants. Ceux et celles de l’ombre.
C’est ainsi que j’ai pu m’enrichir de ce qui nous fut dit, que ce soit par Jack Gence, par mon ami Goulam Gangate et par quelques autres encore, de l’engagement militant et efficace de Messieurs Benjamin Moutoucomorapoulé et Christian Boucheron, tous deux vice-présidents de la structure corporative et sportive du grand hôpital de Saint-Pierre. Des vies faites d’un dévouement sans relâche et qui force le respect.
La Médaille d’Or était remise, dans le même temps et à titre posthume, à Roger Beaulieu décédé quatre jours auparavant. Ici, même et dans la page du courrier des lecteurs du Quotidien qui a fait au valeureux capitaine de la "Saint-Louisienne" d’une belle époque l’amitié de notre hommage, nous avons rappelé la place que Roger a pu prendre dans un football orienté vers l’offensive de l’amitié et du respect de l’adversaire, dans un football porteur de ces mille petits messages et qui fondent une culture et un patrimoine, pour sa part lui aussi. Les témoignages, ce mardi 21, ne pouvaient que souligner son rôle, souvent fait de discrétion, toujours de la détermination de ceux qui savent qu’on ne peut demander aux autres que ce que l’on exige de soi même.
Invité à dire quelques mots par les dirigeants du Club où Roger a terminé sa vie de sportif, il ne me fut pas difficile, derrière une inoubliable anecdote qui nous ramenait à la première participation réunionnaise à la Coupe de France et à la demi-finale qui opposait la "Saint-Louisienne" dont Roger était capitaine et la "Jeanne d’Arc" dont je gardais les buts, il ne me fut pas difficile, disais-je, de rejoindre les souvenirs émus de ceux qui prirent ce soir-là la parole, devant un parterre d’invités dont Madame Sigismeau, adjointe au maire de Saint-Pierre, et Monsieur Lagarrigue, élu municipal et ancien footballeur. Dont, également et bien sûr, Marianne Beaulieu, l’épouse de Roger, ainsi que Karine et Marine, leur fille et petite-fille.
Que Roger me pardonne si lors de mon propos, posant le temps de quelques courts instants mon regard dans celui d’Yves Ethève, je rappelais à ce dernier tout ce que l’institution régionale a réalisé de grand avec la Ligue dont il a la charge et que je lui dise qu’il appartient à la nouvelle équipe de poursuivre dans ce qui reste à faire. J’ai rappelé ces évidences, selon le souhait de ceux qui m’ont appelé, dirigeants de clubs, membres élus de la LRF et journalistes, qui ont été choqués par certaines paroles négligemment lâchées lors d’une certaine dernière assemblée générale, en présence de certaines autorités qui, jouant sans doute la carte de « l’aplaventrerie » pour les uns, celle de la pitié pour les autres, n’ont pas cru nécessaire de relever l’outrance et la goujaterie d’une plaisanterie bien minable de notre pourtant compétent président..

Raymond Lauret


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