Libres propos

Monsieur le Président, Je vous fais cette lettre, Que vous lirez peut-être Car vous avez du temps…

Témoignages.re / 10 janvier 2011

L’information n’a sans doute pas échappé aux observateurs moyens que nous sommes, vous et moi : ainsi donc, Jacques Chirac, l’ancien chef d’Etat de la France redevenu aujourd’hui simple citoyen de la République, comparaîtra devant une juridiction correctionnelle du 7 mars au 8 avril prochain. Il devra répondre de faits qui remontent à bien avant 1995. A une époque donc où le peuple souverain ne l’avait pas encore élu à la fonction suprême.
A l’époque Maire de Paris, le citoyen Chirac, aujourd’hui qu’il n’est plus « protégé » par l’immunité pénale que lui conférait son statut de chef d’Etat, se voit reproché deux délits de « détournements de fonds » et d’« abus de confiance » portant sur, d’une part, vingt et un emplois de complaisance payés par des fonds publics entre 1992 et 1995 et, d’autre part, sept chargés de mission payés par la Mairie de Paris pour bosser au R.P.R., le parti politique dont il était président.

Il se trouve que j’aime bien Jacques Chirac, même si de ma vie je n’ai voté qu’une fois pour lui. C’était, on s’en souvient, lors du second tour de la fameuse élection présidentielle où il ne lui restait comme adversaire que Jean-Marie Le Pen. Voter Chirac s’imposait alors. Nous fûmes une immense majorité à le faire.
Oui, j’aime bien Jacques Chirac, cet « homme qui n’aime pas les dîners en ville » pour reprendre le titre d’un livre de Thierry Desjardins, cet homme qui a voulu mettre le peuple en garde en confiant un jour à un journaliste du "Monde" que « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », cet homme qui a osé l’image selon laquelle « le poisson pourrit par la tête, le présent par l’avenir » , cet homme qui, parlant de lui, a dit : « Pour moi, il est donc acquis que je suis un fonceur. Autant dire que je manque de réflexion, que j’ignore le doute et que la nuance m’est étrangère… », cet homme qui n’a jamais trouvé dégradant pour un responsable politique, fut-il de premier plan, de déjeuner d’un sandwich et d’une canette de bière. En un mot, cet homme dont le bulletin au Lycée Carnot pour l’année scolaire 1947-48 notait déjà qu’il est « plus spontané que réfléchi » et qu’il « pourrait mieux faire avec plus de réflexion » et révélait qu’il était classé 13ème en Mathématiques, 15ème en Histoire et 23ème en Français !

Pourquoi donc ce billet en forme de lettre que je lui fais pour qu’il la lise peut-être vu qu’il ne manque pas malgré tout d’un peu de temps et qu’il se pourrait que, par la magie de l’internet, elle arrive jusqu’à lui, là-bas à Paris ?
C’est que nous sommes quelques uns à trouver aberrant que notre République française puisse ainsi donner au reste du monde l’image d’une Nation qui peut être, et à tout moment, dirigée par quelqu’un qui aurait, selon les règles du Droit qui s’impose à l’ensemble de ses citoyens, détourné de l’argent public et qui aurait commis le grave délit d’abus de confiance.
Soit Jacques Chirac était alors coupable de ce qui lui est actuellement reproché, et la question qui s’impose est de se demander comment notre système judiciaire peut-il n’avoir point établi à l’époque même des faits qui ont vu notamment le Trésor public payer des salaires qui n’étaient sans doute pas de misère ?
Soit Jacques Chirac, accaparé par mille responsabilités, a en réalité commis la négligence qui consiste à déléguer. Ce que sont amenés à faire bon nombre d’élus de la République. Et nous devons nous demander où sont passés ceux qui ont commis les délits ainsi que ceux qui en ont été les bénéficiaires ?

D’ailleurs, il est significatif que dans les deux dossiers qui valent à Jacques Chirac d’avoir à comparaitre en mars et avril, le parquet a requis un non-lieu en ne suivant ni le TGI de Nanterre, ni la cour d’appel de Versailles qui, eux, avaient pourtant validé la théorie d’un système que Jacques Chirac aurait mis au point et orchestré pour les détournements d’argent public évoqués.
Finalement, n’est-ce pas la Mairie de Paris et Bertrand Delanoë qui ont eu raison en considérant que, l’UMP et Jacques Chirac ayant remboursé les sommes détournées, l’affaire pouvait être classée ? Peut-on aller plus loin dans un tel dossier ?
Certes, je le sais, on est toujours responsable à défaut d’être obligatoirement coupable. Et il est bon que Laurent Fabius n’ait pas été condamné dans l’affaire dite du sang contaminé. Car, qui croit vraiment que l’ancien Premier ministre socialiste savait, même si on peut toujours dire qu’il aurait dû savoir ?
Voilà pourquoi, Monsieur le Président, voilà pourquoi, cher Jacques Chirac, en faisant mon "libres propos" d’aujourd’hui, je nourris l’espoir que vous le lirez peut-être. J’écris ce billet pour vous dire que je ne serais pas dans le camp de ceux qui hurleront ou qui hurlent déjà avec les loups. Ce que vous avez apporté à la France vaut bien plus que ce qui, disons à cause de votre négligence, a pu jeter un certain trouble sur votre carrière et votre vie. Je ne fus pas des vôtres, politiquement s’entend. Mais permets-moi cette idée : face à ceux qui vous interrogeront, ne vous défendez pas. Etonnez vous seulement que l’on vous reproche si peu et qu’on passe aux oubliettes tout le reste.
Tout le reste, c’est ce qu’ont été l’image et la place de la France dans le monde. Et que seule l’Histoire jugera.

Raymond Lauret



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  • pas du tout d’accord avec cet article de Raymond Lauret ! chirac est coupable et doit payer sa faute comme tout le monde ! qu’a t-il fait pour les français à part s’enrichir sur le dos de ceux-ci ? NOUS ATTENDONS TOUJOURS " rien ! sans parler du scandale des piéces jaunes de bernadette, sa femme ! mais nous savons trés bien qu’au mois de mars les magistras chargés de l’affaire feront tout leur possible pour innocenter chirac ! la justice balance toujours du coté de l’argent en France comme ailleurs ! à si c’était une mére de famille qui vole un pain pour nourrir ses enfants ! contairement à monsieur Lauret je n’ai jamais voté pour chirac, méme à l’époque ou se touvait le pen en 2iéme position car il n’y avait aucun danger que celui-ci passe au 2iéme tour ! et qu’a fait chirac aprés cela ? il s’est approuprié des 82 pour cent des voix , alors que les Français avaient voté contre le pen et non pour approuvrer la politique de chirac ! non, chirac a toujours " magouiller " contre le peuple Français, et ne mérite pas d’indulgence !

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