Libres propos

Quand vous voyez apparaître Joël Manglou et sa guitare…

Témoignages.re / 10 août 2009

J’avais envisagé comme menu de ces « libres propos » ce dont je ne manquerai pas de parler à un de mes interlocuteurs de ce lundi 10 Août. En effet, je reçois régulièrement et à sa demande le Président de l’AVECA, histoire de faire un point sur ce que l’institution régionale « sort » au titre de la commande publique. Il est bon, je crois, d’aller à la rencontre de ce que peuvent attendre des entrepreneurs confrontés à la crise que connaît actuellement le BTP. Tout à l’heure donc, je dirais notamment à Laurent Boyer que, pour la seule Commission d’Appels d’Offres de Mardi dernier, la Région a proposé quelques 25 millions d’euros de travaux. De ces 25 millions, il conviendrait de ne pas tenir compte d’environ 7 millions prévus pour le projet de "Surveillance de l’Environnement Assistée par Satellites dans l’Océan Indien", lequel projet, on s’en doute, ne concerne pas des entreprises classiques. Restent donc 18 millions sur lesquels plus de 15 (plus de quinze) seront consacrés au seul Centre de Formation des apprentis d’une commune de l’Est.
Ce qu’il importe de savoir, c’est que là encore, le souci d’un large allotissement a prévalu puisque pas moins 8 lots ont été faits. Ce qui a permis que, pour ce Centre de Formation, plus de 45 offres d’entre- prises locales de toutes les tailles ont été reçues. Ces offres couvrent successivement les lots "Démolitions et VRD", "Gros œuvre, étanchéité, déménagement et carrelage", "Charpente, couverture, toiles tendues, brise soleil, bardage bois", "Electricité", "Plomberie, fluides spéciaux, eau chaude solaire", "Menuiserie aluminium", "Cloisons, faux plafonds, revêtements acoustiques" et enfin "Peinture, revêtements souples".
Mais la place me manque pour vous en dire davantage, de même que je ne m’étendrai pas sur cette autre rencontre, chargée d’émotion, que j’ai eue mercredi dernier avec les 4 employés et le patron d’une petite entreprise de terrassement de la Rivière des Galets. J’y ai senti un sens de la solidarité et une volonté de serrer les coudes en attendant que l’équilibre de l’économie de la structure revienne. Je puis vous le dire : pour mes interlocuteurs de ce jour, les personnages qui ont traité les élus de rats et qui sont allés accrocher leur forfait sur les grilles de la Région ne méritent que mépris. Je leur dis ici et à nouveau toute ma solidarité.
Le peu de lignes qui me restent, je voudrais les consacrer à ces quelques heures de tranquille bonheur auxquelles il m’a été donné de participer samedi après-midi, quelque part dans les hauts de Sainte-Marie, un peu au-dessus du domaine de la Ressource. Epouse et enfants avaient convié quelques amis pour saluer les cinquante ans du chef de la famille. Rien d’extraordinaire, me direz vous. Sauf que, vous retrouver au milieu de quarante personnes que, pour la grande majorité d’entre elles, vous rencontrez pour la toute première fois, avoir devant vous "une feuille banane" pour déguster… avec la main… un remarquable repas créole, et puis, suprême bonheur, voir apparaître Joël Manglou et sa guitare pour vous donner un étonnant aperçu de toute la succulence du parler créole quand le poète se fait patriote et pose les mots qui faut sur la mélodie et le rythme qui s’imposent au point que le rouge de l’émotion et des débuts de larmes pointent sur les visages des plus aguerris, oui, alors vous pardonnerez au narrateur de cet instant la longueur de ses phrases et vous lui piquerez en échange un peu du bonheur auquel il a eu droit.
Il y a des choses qui se partagent volontiers. Samedi, tout autour de la jolie petite case de Fabien, de Clémence, de Marie-Automne, de Sophie et de Manu Lemagnen, il n’en manquait pas.

Raymond Lauret


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