Libres propos

Route libre sur périmètre comprimé : comme l’a écrit David Chassagne sur un autre chapitre, « ça sent la manœuvre, la tactique et les petits malins »…

Témoignages.re / 15 novembre 2010

On aurait pu penser qu’ ils avaient sûrement compris à la direction politique de la Région, puisque l’opération (dite) « Route libre » a finalement déclenché le flot (pourtant prévisible) de commentaires hésitants, agacés ou franchement irrités que nous avons tous lus ou entendus, qu’il leur importait d’annoncer que cette journée du 7 novembre n’était qu’une étape. J’avais eu la faiblesse de me dire que, forts de ce qu’ ils ont entendu et lu, ils en allaient tirer les leçons. J’avais eu la faiblesse de me dire qu’ils allaient proposer à ceux des militants qui ont engrangé une bonne réflexion et une certaine expérience en matière de politique cyclable, d’en causer autour d’une table. Ce qui aurait eu pour effet de ne pas arrêter un élan qui était pris du temps de l’autre mandature pour que, le plus vite possible, La Réunion toute entière avance. J’ajoute volontiers que je n’avais nullement en tête que l’on devait me convier à faire partie du groupe alors mis en place. Je l’aurai compris. Car, bien entendu et Dieu merci, cela n’aurait pas empêché les choses d’avancer dans notre domaine des déplacements cyclables…
On aurait pu le penser. Il n’en fut rien.
Il n’en fut rien. Mieux, ce vendredi 12, soit cinq jours plus tard, dans le même journal auquel deux fois une page et demie de pub pour annoncer l’événement furent achetées, il eut un autre pavé pour dire et se féliciter, citons la pub, que … « La journée du 7 novembre était consacrée à la sensibilisation du plus grand nombre aux modes de déplacements doux… ». Et moi qui, comme bien d’autres, croyais fermement que, question sensibilisation, beaucoup a été fait à ce jour !

Du coup, on s’accorde à lire David Chassagne (le "JIR" de samedi) qui nous apprend que, du coté de la Région et de son actuel président, « ça sent la manœuvre, la tactique et les petits malins »…
C’est à propos de l’accession de Jacqueline Farreyrol à l’Assemblée nationale et, sans détour, sur ce qui s’apparente à « …la tactique de Didier Robert (qui), elle, mérite un brin d’attention » écrit l’éditorialiste du "Journal de l’Ile". Et de poursuivre que « la méthode est symptomatique des usages politiques : on peut vouloir se présenter comme un rénovateur des pratiques et faire son beurre des bonnes grosses ficelles inventées par les anciens » avec notamment « ce coup de la mission parlementaire prolongée de six mois… ça sent le brainstorming d’énarques de haute volée… avec le moyen de rallier la vieille droite héritée du debréisme, à sa cause ».
Poursuivant sur la personnalité que l’on sent… disons malléable de celle qui est notre toute nouvelle députée, David Chassagne attribue à Didier Robert l’arrière pensée d’avoir « surtout voulu éviter l’accident trop bête, celui-là même qu’il a fait subir à André Thien-Ah-Koon : après avoir reçu de ses mains l’écharpe de maire, il s’est appliqué à le dégager de l’aire de jeu sans grand ménagement… ». Oui, vous avez bien lu !

Si cela avait été Geoffroy Géraud-Legros ou Manuel Marchal qui avaient écrit dans "Témoignages" de tels propos, on aurait pu dire que c’est bien la preuve qu’ils sont indécrottables, ces journalistes communistes qui veulent toujours chercher des poux dans la tête du Didier ! Mais là, c’est sous la plume de David Chassagne et c’est dans le "JIR" qu’il est affirmé que, chez Monsieur le nouveau président de la Région Réunion, « ça sent la manœuvre, la tactique et les petits malins ». C’est dans le JIR et sous la signature de David Chassagne qu’est lancé, concernant Didier Robert, dans un foutan bien senti : « Et si c’était ça, la marque d’un grand député ? ». La marque d’un grand député : manœuvre, tactique, petits malins !
Je ne peux qu’inviter les cyclistes à ne pas attendre que ceux qui font de la manœuvre, de la tactique et des petits malins l’axe principal de leur priorité leur proposent encore de « s’approprier la route des Tamarins » et leur promettent « l’ouverture de portions de routes traditionnellement réservées aux seules voitures ». Qu’ils aillent, le dimanche notamment, sur nos routes, là où ils sont autorisés à pédaler et là où les automobilistes ont le devoir de respecter les usagers qu’ils sont eux aussi.
Je ne peux qu’inviter les cyclistes à s’adresser, par voie de presse et par le relais de tous ceux qui, dans les écoles, à l’université, sur les lieux de travail et, pourquoi donc pas aussi, dans les lieux de pratique religieuse, oui, je ne peux qu‘inviter les amateurs de vélos à s’adresser par ces voies à l’opinion publique et plus particulièrement à ceux et celles qui pourraient se retrouver, au volant d’un véhicule à moteur, derrière ou face à eux : qu’ils leur manifestent le respect auquel ils ont droit et auquel ils s’attendent.
Parce que attendre que se manifeste « la marque d’un grand député » risque de nous faire perdre à tous beaucoup de temps. Or, le développement durable ne peut se conjuguer au temps de ceux qui ont mars 2011 comme seul horizon.

Raymond Lauret


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