Libres propos

Sans doute a-t-il toujours placé au premier plan de sa conscience le constat que l’Abbé Pierre a livré à ses contemporains…

Témoignages.re / 28 décembre 2009

Henri Delebecque nous a quittés aux premières heures de ce samedi 26 décembre. Il avait 72 ans. J’avais été amené à connaître Henri Delebecque quand il était arrivé dans l’île, à la fin des années 1980, plus précisément en 1987. A la Ville du Port, nous avions besoin de monter un service de proximité sociale qui, en relation avec le C.C.A.S. et dans une approche personnalisée des administrés relevant d’une aide municipale, serait allé plus loin qu’une seule vision administrative de chaque cas. Henri se trouva bien à l’aise dans les quartiers populaires de notre cité et très vite, il dota la Mairie, à une époque où l’informatique n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui devenue, d’un mode d’appréciation de la relation d’accompagnement des plus pauvres.
Tout naturellement, il évolua vers une mission d’information sur le territoire de la Commune du Port avec K.O.I., puis à Saint-Pierre toujours avec K.O.I. avant de choisir, sitôt sonnée l’heure de la retraite, de s’installer au Tampon, chez ses beaux-parents, dans le quartier de Trois-Mares. Là, il œuvra pour ce qu’il avait été en définitive formé dans sa première jeunesse et qu’il lui tardait de retrouver : l’animation éducative dans une paroisse. Sa disponibilité, son sens de l’écoute, son aptitude à une constante et grande humilité lui valurent tout naturellement d’être appelé à la responsabilité diocésaine et à la "Commission Justice et Paix" que préside Monseigneur Gilbert Aubry. Il y fut apprécié pour les mêmes qualités de bosseur attentif à ce que ses frères aillent toujours au delà de leurs capacités.
Sans doute était-il animé lui aussi par cette recommandation du "Prêtre des loubards", le Père Guy Gilbert qui nous invite à vivre et à lutter là où nous sommes. Sans doute aussi a-t-il toujours placé au premier plan de sa conscience le constat qu’a livré à ses contemporains l’Abbé Pierre pour qui, « vivant au cœur des peuples nantis, nous n’avons pas pris garde que tant de femmes et tant d’hommes ont faim pendant que nous avons plus qu’il ne nous en faut et alors que nous disposons de la science qui permet aux sols ingrats d’être nourriciers ».
Qu’il repose en paix, lui qui ne disait jamais de mal de quiconque, lui dont personne n’avait dit du mal.

R. Lauret


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