Nou lé kapab

Yanbane en scène

Thierry Imira “Na fé”

Jean Fabrice Nativel / 5 janvier 2010

Les mélodies de “Na fé”, du reggae new roots, portent la signature du chanteur Thierry Imira. Avec Yanbane, groupe qu’il fonde, il transmet au public son amour pour l’Afrique… Rencontre avec cet artiste qui, à force d’efforts, réalise son rêve.

Que signifie Yanbane ou inhambe ?

- C’est une région du Mozambique. En français, Yanbane ou inhambe veut dire le pays des gens aimables. Des Mozambicains(aines) rencontrés récemment m’ont confirmé cette bonne traduction.

Ceci explique votre choix pour le nom de votre groupe ?


- D’une part, on détient en nous une branche mozambicaine. J’ai donné ce nom à ce groupe en rappel aux Mozambicains venus à La Réunion. On les appelait les noirs Yanbane. D’autre part, La Réunion est une terre accueillante que l’on peut nommer : le pays des gens aimables. J’insiste sur le point suivant, Yanbane fait partie du patrimoine réunionnais… peut-être oublié ?

Avec le Mozambique, quel est votre lien ?


- Parti à la découverte de l’arbre généalogique de ma mère, j’ai constaté qu’elle avait des parents originaires du Mozambique. La terre de ce pays — comme celle de Madagascar, autre terre de mes ancêtres où j’ai voyagé, j’irai à sa découverte bientôt.

Mais pourquoi ?

- J’éprouve le besoin de connaître, d’aller puiser dans mes racines pour savoir kisa mi lé, de comprendre ce qui s’est passé.

Vous parlez de racines, est-ce si important de les connaître ?

- Pour nous, jeunes Réunionnais, oui, et surtout pour ceux d’entre nous qui sont des descendants d’esclaves et d’engagés. En effet, il est très difficile, voire impossible d’accéder à notre vraie généalogie. Puisque l’identité de ces êtres a été tronquée. Dépouillés de leur nom, ils n’existent plus, perdant du coup toute dignité, toute liberté, toute humanité... Ils sont réduits à l’état de meubles.
De nos jours, ce processus d’exploitation de l’Homme par l’Homme — mis en place autrefois — a encore un impact négatif auprès de la population réunionnaise et tout particulièrement les Cafres. Une fois de plus, ils ne peuvent prendre leur plein essor, s’organiser, se structurer sur le plan social, religieux, économique et politique… Même s’ils sont les plus nombreux dans l’île !

Yanbane, est-ce un défi ?

- Pour les artistes qui composent le groupe, c’est un défi ! Il y a un an, on a pris le pari d’enregistrer un album et de mettre en place les conditions artistiques pour s’inscrire dans le paysage musical réunionnais. L’accent a été porté pendant cette période sur les arrangements musicaux, les voix, la communication, le management, l’encadrement du groupe…

Durant cette période, vous avez eu le temps d’écrire ?


- La composition des textes et de la musique a été réalisée 3 années auparavant.

Vous avez opté pour quel genre musical ?


- Du reggae, mais du new roots ! On apporte au reggae local des textes, des mélodies, des arrangements musicaux nouveaux.

Que portent vos chansons ?


- Les textes chantent la paix, la spiritualité avec un regard tourné vers l’Afrique. Un retour aux racines avec “Mozambique”. “Na fé”, titre de l’album et d’une chanson, appelle à un réveil, une prise de conscience, afin de prendre en main les affaires, les orientations de notre pays.

L’année 2009 a été pour Thierry Imira faite de compositions, d’efforts, de sacrifices… couronnée par un concert de bravos de la part d’un public venu découvrir “Na fé”. 2010 débute, il a avec son staff à préparer des dossiers, planifier moult rencontres pour des scènes. On le sait déterminé à réussir ce qu’il a entrepris. Pour preuve, “Na fé” !

Interview : Jean-Fabrice Nativel


Contact spectacle : O692-75-70-89
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