Oté

An parlann Michel Rocard : kom di lo patoi, si li té gran, li lé gran pou li, pa pou moin !

Justin / 5 zwiyé 2016

Misèl Roccard i sort désédé é oila ké lo kèr dé gronouy i shant son louanj. Sa in gran bononm ! Sa l’avé z’idé klèr ! Sa té i oi l’avnir konmsi li oi dann in liv rouvèr ! Sa la modèrniz la gosh ! Sétaki i vant ali, sétaki i shant son kouplé ! Gosh konm droit, shakinn i tir son flite pou zoué in sinfoni la flatri.

Zot lé dakor avèk moin kan mi di azot : shakinn I oi l’èr dsi son mont-braslé, ali, pa si dsi sète lé z’ot. Donk si li la fé gran-gran z’afèr, tanmyé pou li é pou sak i vant ali, mé l’androi mi lé, moin la pa vi. Li lété troi z’ané promyé minis é pandan troi z’ané nout parti la pa arète tir signal d’alarm pou in vré solisyon pou nout problèm rényoné dann l’oséan indien san zamé k’i ékout ali. Sèl komantèr mésyé Roccard : i fo pa rode lo bèr, avèk l’arzan lo bèr…2pi la krémyèr par dsi lo marshé.

Lé ga, di amoin si li la toush lo Frans-afrik dann sans k’i fo ! Mi pans pa. Di amoin si li la fini la dékolonizasyon ! Di amoin si li la trouv in solisyon pou arète lo néo-kolonyalis, isi épi dann lé z’ot péi lo l’ansien anpir fransé ! Li la pa fé tousala. Di amoin si li la antrovi avan lé z’ot la késtyonn lo réshofman klimatik ! Mi pans pa : La Frans, konm La Rényon té forsé atann Paul Vèrgès pou signal in gro problèm konmsa.. Mi di é mi répète, mi oi l’èr dsi mon la montr, pa dsi sète lé zot.donk mi pé di par l’fète Mésyé Roccard la pa in gran rényoné, ni in gran vizyonèr pou l’outro-mèr.

Mi arète la é mi domann azot kontinyé dir li té gran pars konm di lo kont si li té gran, li té gran pou li ! Pa pou moin ! Pa pou moin ditou !

Nb : Li a fé lo rmi ? Bravo ! Mé li té kont k’i aplik pa sa dann bann péi l’outre-mèr. Sé li k’la di sa : la pa nou !



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Bann modékri andann forom






  • ROCARD, UN HOMME POLITIQUE DE LA BOURGEOISIE

    Le décès de Rocard, qui fut entre autre Premier ministre de Mitterrand, a été l’occasion pour des ténors de la gauche, et y compris de la droite, d’encenser un des leurs. Formé par l’ENA dans la même promotion que Chirac, Rocard se distingua pendant le conflit algérien en militant contre cette sale guerre. Il était alors la tête du Parti socialiste unifié, le PSU, un parti qui s’opposait au Parti socialiste de Guy Mollet qui, s’étant fait élire sur un programme de paix, accentua la guerre en rappelant plusieurs classes du contingent. Face à un Parti socialiste déconsidéré, voire en décomposition, Rocard voulait reconstruire la gauche, mais toujours une gauche réformiste, c’est-à-dire une gauche qui ne s’en prenne pas au fondement du régime capitaliste.
    Quelques années plus tard, lors de la grève générale de mai-juin 1968, Rocard porté par l’air du temps s’afficha dans les manifestations aux côtés des leaders étudiants en révolte contre le pouvoir gaulliste. Mais toujours foncièrement réformiste, il n’eut aucun mal à rejoindre quelques années plus tard le nouveau Parti socialiste, dont Mitterrand avait pris la tête, en utilisant pour parvenir à ses fins l’influence du Parti communiste au sein de l’Union de la Gauche.
    Malgré sa rivalité avec Mitterrand, Rocard, à défaut de pouvoir se hisser au poste suprême de l’Etat bourgeois a été choisi par son rival pour être Premier ministre, une façon pour Mitterrand de lui manifester son entière confiance pour gérer les affaires de la bourgeoisie.
    A ce titre, Rocard fut à l’origine du RMI (en 1988) et de la CSG (en 1990) . La CSG a permis au gouvernement de mettre encore plus à contribution les travailleurs pour financer leur assurance maladie et le RMI a été instauré par le Parti socialiste pour préserver la paix sociale dans une période où le grand patronat licenciait par dizaines de milliers les ouvriers dans les mines, l’automobile et la sidérurgie.
    Rocard fut aussi à l’origine du Livre Blanc sur les retraites (en 1991), ouvrage qui servira à tous les gouvernements de droite et de gauche pour reculer sans cesse l’âge du départ à la retraite et en diminuer son montant.
    Rocard aimait à se présenter comme un socialiste « ouvert ». Ouvert il fut, mais surtout sur sa droite puisqu’il écrivit dernièrement un ouvrage à quatre mains avec Juppé, cet homme bien de droite qui s’illustra en 1995 par son plan éponyme d’attaques contre les retraites et la Sécurité sociale, ce qui déclencha en retour une grève générale dans les entreprises publiques.

    ROCARD ET LA RÉUNION

    La presse a rappelé qu’à l’occasion de la révolte du Chaudron de 1991, Rocard s’était illustré par ses propos méprisants à l’égard de la population pauvre de ce quartier. Il avait en effet déclaré qu’ « il n’était pas le Père Noël ». Une sortie qui ressemble à s’y méprendre à celle d’un Macron qui, confronté à des manifestants ouvriers, leur avait répondu que « pour se payer un costard il faut se lever tôt ».
    Créateur du RMI, Rocard n’était pas partisan de l’étendre à la Réunion au prétexte que les conditions locales étaient trop différentes de la métropole. A l’époque il faut rappeler que le SMIC réunionnais était encore inférieur de 20 % à celui de France. Le RMI national aurait donc pu concurrencer le SMIC comme source de revenu, ce que refusait le gouvernement.
    Avec la disparition de Rocard, les travailleurs ne perdent donc pas un ami. Tous ceux qui le pleurent et affichent leur admiration pour le personnage qu’il était sont, comme lui, dans le camp du patronat.

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