Oté

Z’anfan la Creuse

Justin / 12 séptanm 2013

Yèr moin lété l’Inivèrsité Sin-Dni ékout parl z’anfan la Creuse ; zot i koné, antr 1963 é 1982, 1.615 marmay la kit nout ti péi po atéri an Frans. Bann politik la droit té i vé pèp la Frans soupéplé par androi.

Z’anfan transporté té san paran, sinon sa pov, zordi i apèl sa « ka sosio »  ; i apèl a zot z’anfan la Creuse pars sé dan so départman la amèn la plipar.

Kan té i kit La Rényon èk la complisité z’asistant sosyal, té i mèt a zot dann in ti kombi fourgonèt, té i di a zot, bès la tèt po zot pa war ou sa té i anmèn a zot.

Na in pé la atéri la pèp Hell-Bourg ; dot l’APECA épi ankor dot foiyé.

Té i vant a zot la Frans, té i manti èk zot : « Inkièt pa, zot paran lé dakor, zot var ni an vakans, zot va fèr d’zétid, zot va ni médsin, avoka »  ; bann marmay i rant dan l’avyon lo kèr kontan.

Sé apré ké bèzman i komans : i sépar bann frèr èk bann sèr, i fé dor dan la pay, i lèv gran matin dan la nèz, i kas la glas po lav la figir dann basin déor, i fé tout travay, konm z’ésklav.

Sé po sa la parl « déportasyon », konm rézim hitléryin la fé èk bann Zuif !

Moin té i vé évok in ka personèl : monmon lé mor an 1966, moin té dan l’armé, lo vyé la arèt travay po okip lo 7 z’anfan té i rès. Oté ! in l’asistant sosyal la DASS la ni dan son l’alé po domann a li son pé d’valal. Rézman li la rofizé ; li la di : « Marmay, kan zot i sort l’ékol, si in moun i domann a zot rant d’in loto, refuz dirèk… ».

Donk, la pèr déportasyon marmay par la politik Debré, sé in afèr té vré, pa bézoin di lo kontrèr. Dann l’istwar La Rényon, obli zamé parl z’anfan la Creuse.

Justin



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Bann modékri andann forom






  • tit l’article là y fé rappele à moin deux choses : premièrement , quand momon y meurt en janvier 1966, moin néna 6ans et demie, mon autre frère 9 ans et un autre tit frère 5 ans, mon frère de 9 ans y rappelle très bien que l’assistance sociale la ni trois fois la case po ni flatte papa po donne les trois derniers, " Monsieur, vous ne pourrez pas s’occuper des 7 enfants tout seul , donnez les trois derniers’" et là papa s’est mise en colère, il s’est levé et il a dit "foutez-moi le camp, j’ai fait mes enfants, je saurais les élever moi -même" . et le temps a passé, papa ne nous a jamais parlé de çà, mais je sais qu’à 53 ans , il a arrêté de travailler, il a embauché des gens pour couper la canne à sucre, il a mis une femme de ménage pour le repassage, une autre pour faire à manger, pour que la maison soit propre, pour que l’assistance sociale ne porte pas plainte à la DASS,et les grandes soeurs étaient chargées d’aller nous récupérer à l’école pour éviter qu’on soit "enlevé", je dis bien "ENLEVE"
    40 ans plus tard, je suis nommée dans un lycée dans l’Aude et là je vois une tit femme malbarèse, toute maigre qui est "agent d’entretien", je lui dis "excusez-moi, vous êtes de quelle origine ? Avec fierté, elle me répond "Réunionnaise" , Moi toute contente, je lui réponds ’moi aussi", "Vous y allez souvent ? " et là elle me répond " non, depuis l’âge de quatre ans, elle n’a plus revu sa mère, elle se rappelle qu’on la mise dans une petite jeep avec les gendarmes avec son frère de deux ans, foyer saint ’denis, et en novembre en savate deux doigts et un tit paletot, direction le Gers dans un foyer de soeurs et elle y restée jusqu’à 18 ans, elle a gardé son nom de jeune fille, elle avait son carnet de santé, donc avec son frère elle a fait des recherches sur Minitel, elle a appelé par téléphone un nom synonyme à Saint -André et quand elle a prononcé son prénom à cette dame, la dame a raccroché, elle n’a plus donné suite jusqu’au jour où à 44 ans , elle entend parler de la même histoire sur le journal de France 2 et là elle s’est dit "je ne suis pas toute seule dans ce cas" son frère est décédé entre temps à l’âge de 32 ans, et à partir de là, elle est partie voir les bonnes personnes qui l’ont aidé dans sa recherche et maintenant elle a droit "au congé bonifié" , elle le mérite amplement mais quand je lui ai parlé de samoussas , elle m’a dit "ah, ces petits triangles là " , mais dire que j’aurai pu vivre la même situation, me séparer de mes frères et soeurs, , aujourd’hui je dis MERCI avec un grand M à mon père qui a réussi à voir le danger.

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  • moin lé content que papa la vu le danger , quand l’assistance sociale la nu la case "Monsieur, donnez -moi les trois derniers, vous ne pourrez pas élever 7 enfants tout seul’ il s’est mis en colère et a dit "foutez-moi le camp, j’ai fait mes enfants, je saurais les élever moi -même" et à 53 ans , il a arrêté de travailler pour éviter qu’on soit enlevé, kidnappé, les grandes soeurs devaient aller nous chercher à l"école ;

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  • papa la jamais parle à nou de çà mais quand moin la rencontré in tit malbarèse que la connu çà , la dit moin " je n’ai plus revu ma mère depuis l’âge de 4 ans, les gendarmes sont venus me chercher avec mon frère de 2 ans , on ne voulait pas rentrer dans la jeep, on a pleuré et ils nous ont emmené au foyer saint -denis et en novembre avec savate deux doigts et un petit paletot, direction le Gers"

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