Point de vue

Du malaise des jeunes : La faute de l’École ?

Point de vue

Témoignages.re / 30 mars 2011

Une orientation par l’échec et des diplômes qui ne donnent plus accès à l’emploi, c’est l’école qui ne forme plus des diplômés opérationnels mais des chômeurs. Cependant la responsabilité du politique, des parents et de tous ceux qui ont choisi d’être passifs par leur mutisme, n’est jamais engagée. Seul l’enseignant est tenu responsable des maux de la société.
L’École est une institution qui implique la participation de trois types d’acteurs : parents, professeurs et élèves. Aujourd’hui, la société pèse de tout son poids sur la communauté enseignante sans pour autant lui simplifier la tâche. L’enseignant à leurs yeux est le symbole de cette institution qu’est l’École, qui engendre des chômeurs. Il ne prépare pas comme il le faut, le jeune à entrer dans le marché de l’emploi.
Ces réflexions que l’on entend de plus en plus ici et là, qui au demeurant sont peut-être fondées, nous amènent à lever quelques incompréhensions, qui ont toujours brouillé la réalité des faits.
Tout d’abord, nous considérerons la composante Parents d’élèves, sans elle, l’école aurait cessé d’exister faute d’apprenants. La communauté scolaire y gagnerait en la sentant solidaire des actions des maîtres. Leur collaboration et leurs propositions semblent être essentielles dans le choix des enseignements, et de l’orientation des jeunes. Aujourd’hui, leur posture passive n’est pas de nature à faire avancer les souhaits des enseignants, à en finir avec la situation de léthargie dans laquelle est plongée l’institution. Leurs souhaits pour un meilleur enseignement qui prépare à l’entrée dans la vie professionnelle seraient exaucés, s’ils accompagnaient et soutenaient sans condition les efforts incommensurables des enseignants, qui dans des conditions très difficiles, se démènent pour garantir la réussite des futurs citoyens. Seuls eux sont capables de contribuer à apaiser le climat délétère de méfiance qui pèse sur les maîtres et casse l’École. Parfois, ils sont absents là où leur intervention est souhaitée et attendue. Prendre le parti de leurs enfants au détriment des maîtres ne serait pas un meilleur service à rendre aux jeunes scolarisés, lorsqu’il s’agit de leur éducation. Cette attitude d’opposition systématique casse la recherche de cohésion entre les enseignants et les parents. Plutôt que de laisser de failles entre eux, ils auraient tout à gagner en avantage à encourager ce qui peut les unir. Unis, les résultats de leurs revendications seront plus assurés qu’en ordre dispersé. Certes, les professeurs sont loin d’être des saints à qui on donnerait la communion sans confession. Ils n’ont toujours pas raison. Ils ont forcément leurs parts de responsabilités dans cet échec de l’École malgré leur bonne volonté. Mais, ils ont besoin d’être soutenus et veulent se parfaire. Les élèves doivent sentir une totale entente et une parfaite cohésion entre les différents acteurs pour avancer. Toute cacophonie dans les actions mutuelles tuerait toute entreprise sensée bénéfique menée à leur endroit. C’est donc pour cette raison que, de se hasarder à critiquer la pédagogie d’un enseignant comme de dénigrer son travail, affaibliraient considérablement l’autorité de l’enseignant. Aux parents que nous sommes, de montrer un vrai respect des professeurs, de nous interdire de mettre à bas, l’autorité des enseignants, pour que nos enfants en fassent de même. Les parents devront se résoudre, à admettre que nos jeunes adolescents ne sont pas toujours studieux à l’école comme nous semblons l’imaginer. Ils peuvent aussi comprendre les limites de la patience des enseignants face à la montée des incivilités et des agressions.

Les Jeunes, l’avenir

Nous ne pouvons occulter la jeunesse de leur âge et leurs conditions d’existence, parfois très difficiles à assumer. Il est du devoir des adultes et des enseignants de les guider dans leur éducation et dans leur formation. C’est à eux, de leur tenir un discours de vérité pour les obliger à véritablement se consacrer aux choses de l’école, notamment aux études pour mettre de leurs côtés toutes les chances de réussite. . Cependant, s’il peut arriver qu’ils rencontrent des difficultés de compréhension des cours, ou des difficultés d’apprentissage des leçons que les professeurs tentent de leur inculquer, cela ne doit pas être, pour autant des raisons de se laisser à la défaite et de tout abandonner. De même, l’ennui ou le découragement que tout jeune peut ressentir à un moment au cours de sa scolarité, ne peut constituer un alibi pour se résigner à tout. Tout apprentissage paraît difficile à première vue, et ce n’est pas parce qu’il paraît compliqué qu’il faille se laisser gagner par le désespoir. Au contraire, c’est en s’accrochant, et en persévérant qu’on recolle au plus vite au programme. Il est certain que toutes les connaissances acquises au cours de la scolarité restent un capital d’acquis définitifs, dont on peut en avoir besoin à un certain moment ou à un autre, pour s’en servir sur le lieu d’emploi. En revanche, il semble nécessaire que l’élève ait conscience, qu’il préparera son entrée dans la vie en se pliant au règlement intérieur de son de son établissement scolaire. C’est la condition incontournable qui crée le champ de la discipline dont a besoin tout aspirant à entrer dans le monde du travail. Apprendre à se discipliner pour mieux se structurer dans sa vie étudiante est l’une des étapes principales à franchir pour se hisser aux portes de l’emploi. Ce qui suppose entre autres le respect de l’enseignant. Or on constate de plus en plus, que l’élève confond son état d’apprenant avec celui de l’enseignant qui, lui est habilité à dispenser des savoirs. Il a pouvoir, en dehors de l’outil informatique, à proposer et accompagner l’élève dans son projet scolaire. L’école compte surtout sur lui pour former l’adolescent à l’apprentissage de l’esprit critique et donc de la liberté de penser. L’école garantit l’égalité des chances, on ne peut donc pas s’y soustraire par désespoir ou par dégoût. Le chemin qui conduit de l’école vers le monde du travail est semé d’embûches. L’élève doit s’armer de courage.

L’école

De l’école, il s’agit avant tout des "Hussards de la République", ces enseignants dont on attend des miracles pour que les jeunes en entrant dans la vie trouvent un travail et ne chôment pas après l’obtention d’un diplôme. La société très exigeante attend d’eux qu’ils instruisent, qu’ils forment et éduquent la jeunesse, voire les soigner psychologiquement quand celle-ci ne va pas bien. La société attend également que cette même école répare les difficultés sociales et qu’elle pallie aux carences familiales. Et lorsque cette composante de l’institution refuse d’assumer le trop-plein de charges, elle est rendue responsable de tous les échecs de la société, tant et si bien que pas une semaine ne passe qu’elle ne fasse la une des journaux, qui ne cessent de faire son procès. Or les vrais responsables sont ailleurs.
Chaque année, plus de 11% de jeunes sortent du système scolaire sans qualification, Ils constituent le lot important des chômeurs. L’école doit bouger avec les mutations sociales, et c’est en cela qu’elle sera en phase avec les exigences de formation et de besoins du monde de travail. Bien évidemment, les enseignants doivent être les moteurs de cette vaste entreprise. Aujourd’hui face à l’urgence, aucune voix ne doit être discordante entre parents et enseignants, pour pouvoir réclamer de vrais changements au sein de l’école. Pour ce faire, entre acteurs, la confiance doit être rétablie puis la considération entre partenaires éducatifs doit être significative. L’encadrement des élèves, le manque d’autorité parentale, le pouvoir croissant de l’enfant dans la structure familiale, l’absence de motivation, seront les futurs chantiers à parcourir pour ramener l’élève au centre des préoccupations scolaires, afin de lui proposer une issue professionnelle. Chacun dans la composante de l’école doit œuvrer pour endiguer le chômage des jeunes. Les enseignants souvent pointés du doigt ont certes leur part de responsabilité, cela dit le chômage des jeunes est en partie dû à la crise économique. Au Pays de faire face aux difficultés en organisant efficacement le passage de l’école au travail. Il faut donc que l’institution accepte de revoir son fonctionnement, qu’elle reconsidère ses enseignants, enfin qu’elle ose remettre un peu, chaque acteur à sa place en évitant les brouillages des rôles.

Bienvenu H. Diogo


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