Point de vue

Le citoyen doit participer à la sécurité de sa ville

Point de vue

Témoignages.re / 16 octobre 2013

Il n’y a pas de jours, où les médias ne nous relatent pas des faits d’insécurité dans nos villes. Les médias en continu, nous informent sur les viols, les cambriolages, les agressions physiques. Un climat d’insécurité et de peur s’installe dans les cœurs, une peur collective envahit les citoyens, qui se méfient et suspectent tous ceux qui leur paraissent étrangers. Ils s’interrogent, se demandent par quelle manière, ils peuvent contribuer à rétablir la sécurité dans leur cité.

Le sentiment d’insécurité prime sur les situations d’insécurité

Les nombreux faits divers relatés ici et là, et colportés par nos médias, donnent à croire à un phénomène généralisé auquel plus personne n’est épargné et qu’aucune personne ne peut lutter efficacement contre. Cette atmosphère inconfortable peut montrer que l’insécurité peut paraitre une affaire de subjectivité. Le sentiment d’insécurité vient de beaucoup, des médias qui donnent plus de gravité au caractère des faits cités. Ils grossissent l’information et la dramatisent parfois. Un fait peut être rapporté différemment et, selon l’informateur il peut susciter plus de climat d’insécurité par la manière dont les individus en font écho. Et en écoutant trop ceux qui se sentent accablés par la peur de l’insécurité qu’on communique, certains sont ainsi gagnés par cette psychose des lieux sensibles à éviter, alors qu’il n’en est rien de grave à faire créer la panique dans les cœurs.

La mauvaise répartition des populations et le déséquilibre dans la redistribution des richesses induisent des situations d’insécurité sociale, qui semblent pousser certains citoyens à commettre des délits répréhensibles. Même si parfois, des cas isolés de délits commis par certains agents des forces de l’ordre sont amplifiés et dénoncés par les médias, ils ne sont pas si importants pour en faire une généralité et dire qu’ils sont tous « pourris ». Ce ne sont pas eux qui constitueraient de menace pour la sécurité du citoyen. Au contraire, ils restent par leur fonction, ceux qui protègent et assurent la sécurité publique. Le mélange savamment dosé des populations de communautés diverses peut être une réponse à l’insécurité sociale. La ghettoïsation d’une partie des citoyens présente plus de danger à la sécurité des citoyens qu’à l’intégration dans les villes où ces derniers participeront à sa construction. L’organisation sociale produit l’insécurité, avec des quartiers de riches séparés de ceux des pauvres, elle suscite des frustrations et déclenche des convoitises qui parfois ne sont pas de nature à apaiser les relations de voisinage entre ceux qui aspirent à la paix et ceux qui vivent leur bruit comme une passion. La différence de centre d’intérêt peut occasionner l’insécurité chez les uns. L’individualisme très prononcé de la plupart des concitoyens empêche aussi la communication entre les voisins.

La sécurité des citoyens doit être l’affaire de tous.

Nul ne peut rester insensible à la problématique et chaque citoyen peut considérer l’éminence de son rôle dans la construction de la paix et la tranquillité dans sa ville. La responsabilité du citoyen ne serait-elle pas engagée quand au quotidien, il détourne son regard de tous faits d’incivilité ? Or sa réaction semblerait logique, s’il intervenait pour secourir ceux qui sont dans la détresse ou victimes d’actes de délinquance. Ou encore s’il ne respectait pas les biens publics et ne respectait pas les forces de l’ordre et de protection sensés assurer la tranquillité dans nos villes. La faillite dans la communication entre les voisins renforce la méfiance entre les personnes qui ne se parlent pas, et peuvent avoir des comportements suspects. On change de trottoir dès qu’on aperçoit un étranger arriver. Une passerelle de communication servirait à l’instauration de la solidarité intergénérationnelle qui rétablirait la confiance et briserait les barrières artificielles soutenues par les idées préconçues que les uns peuvent avoir envers les autres.

Néanmoins des précautions sont à prendre

Le changement du regard sur les autres éviterait cette attitude agressive qui marque la peur de l’autre et montre le sentiment de mépris. Le citoyen doit se sentir acteur responsable du milieu dans lequel il vit. Et de ce fait, il apportera sa contribution à la protection des biens et des personnes en prônant le dialogue, en collaborant avec les forces de l’ordre. Il doit se voir en première ligne, ceux qui prendront des initiatives pour créer ou renforcer les mouvements citoyens de défense de leur environnement, en intervenant face aux incivilités du quotidien. L’usage des outils modernes de protection comme la caméra aiderait à la lutte contre les actes de vandalisme ou les violences gratuites sur des personnes physiques. La généralisation des caméras de surveillance serait plus efficace que si elle ne s’arrêtait pas seulement à la protection de quelques de banques. L’éducation plus centrée sur l’instruction civique, surtout auprès des écoles et dès le plus jeune âge, sensibiliserait les futurs citoyens aux problèmes de sécurité à défendre. Les médias participeraient aussi à cette éducation des masses en agissant par leur côté pédagogique auprès du citoyen encore ignorant des causes qu’il peut créer à autrui. Ce rôle doit en premier lieu être relayé par les parents. La lutte contre la pauvreté, en facilitant l’accès au logement des plus démunis serait un levier pour éviter les problèmes d’insécurité liés à la précarité, par exemple. Autrement dit, la sécurité doit être l’affaire de tous et tous les citoyens doivent s’y intéresser.

Bienvenu H. Diogo


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