Point de vue

Le modèle sociétal actuel ne répond plus aux attentes de nos populations

Témoignages.re / 11 septembre 2013

Le modèle de gouvernance des affaires mondiales sur lequel est bâtie notre société atteint aujourd’hui ses limites. La nécessité de le changer paraît évidente. Des interrogations surgissent lorsqu’il faut agir pour tout transformer. Cependant, est-il possible de reformer notre modèle. Et sur quels autres valeurs et principes doit-on fonder le nouveau modèle de société que tout le monde appelle de tous les vœux et aspire ?

La création d’un gouvernement mondial

Le constat aujourd’hui de tous est que le modèle sociétal qui a conduit depuis des années les affaires mondiales est arrivé au bout de son idéologie. Les changements que l’on veut voir venir doivent être issus d’une concertation large pour éviter les pseudo accords de gouvernance établis dans l’urgence au nom de l’intérêt général avec des ressources très limitées. Mais tout reste à faire pour entraîner la majorité des personnes déjà gagnées par le virus de la surconsommation. Il faudra donc parvenir à mobiliser la population baignée dans la consommation de masse à prendre conscience de leur contribution au maintien d’un système qui les rend dépendants et qui les défavorise au contraire, pour enfin faire émerger de nouvelles valeurs. Le mal aujourd’hui est que seule une minorité de gens se soucient véritablement de la nécessité de faire changer le modèle. On comprendrait, bien entendu, que l’état avancé de paupérisation de la grande majorité de ceux qui vivent en dehors du seuil de pauvreté ne leur permet plus autre réflexion que celle qui assure leur survie au jour le jour, avec la peur de ne rien avoir pour subvenir aux besoins fondamentaux. Cet état d’inhibition des populations est exploité et maintenu par ceux qui profitent du modèle pour continuer à exercer leur hégémonie sur les plus faibles. Les actifs, eux aussi pris dans l’étau de surcharges de travail, de fatigue, perdent toute énergie à investir dans ce genre de préoccupations. Seuls ceux encore en marge du système restent plus conscients de la non-pérennité du modèle dominant.

Aujourd’hui, seul un petit groupe d’individus est capable d’entraîner ceux qui traînent encore les pieds pour faire naitre le modèle de société à construire ensemble. Amener les attentistes à rompre avec la logique en vigueur d’accumulation de biens matériels propres aux sociétés. Nous estimons que pour arriver à transformer ce modèle qui handicape le progrès, il faudrait dans l’urgence agir sur les nouvelles valeurs culturelles, économiques et environnementales pour éviter une crise sociétale sans précédent. D’abord, l’impératif de régler les problèmes environnementaux devient une urgence, car avec la catastrophe écologique, le monde risque de manquer de quoi se nourrir. Il apparaît donc à ce stade la nécessité d’agir à la protection de l’environnement. Outre les valeurs du respect de notre environnement à décréter, on doit penser à la valeur solidarité et à la valeur travail. On se rend compte que le modèle en vigueur engendre la recherche du profit individuel. Rien ne nous garantit que dans les jours, les mois à venir, nous ne manquerons pas de ressources vitales avec tout ce qui se fait pour appauvrir les terres et l’augmentation des effets de serre.

La valeur de solidarité est de plus en plus négligée dans nos sociétés avec la création des modèles de réussite éphémères sans effort de création, organisés sur les profits du CAC 40, tant vantés par la pratique et les publicités tendancieuses. Chacun vit dans son confort ou dans sa misère alors que la valeur solidarité pouvait aider à se mettre ensemble et comprendre l’impératif de se développer chacun pour le progrès de l’espèce humaine, au détriment de l’individualisme qui réduit l’existence de relations étroites indispensables à la solidarité humaine pour le progrès social. Le réveil de la responsabilité de chacun pour un monde apaisé parait inévitable, à la fois pour l’intérêt personnel et pour l’environnement comme pour la collectivité. Il apparait important qu’on œuvre pour une solidarité intra et intergénérationnelle, et planétaire, afin de tendre vers un système d’organisation coopératif allant dans l’intérêt de tous. Il faut repenser la valeur travail, qui laissera à tous la possibilité de travailler sans y être contraints. Autrement dit, nous redéfinirons le rôle du pouvoir et du citoyen en nous accordant sur les processus qui mènent à faire coïncider le modèle ancien et celui à préconiser qui sera viable et non figé et perfectible. On s’attaquera aux mécanismes de décision qui ne fonctionnent pas actuellement, et qui font craindre la mondialisation de l’économie. C’est par ce changement souhaité qu’on luttera contre les défauts du système actuel, qu’on bannira les inégalités entre les États et ceux qui consacrent toutes leurs ressources au système en sacrifiant leurs propres besoins.

L’homme doit être considéré avant tout comme un représentant du genre humain dans son ensemble

La société tournera lorsqu’on fera de l’utopie cette raison qui transformera la vie des plus démunis, les plus menacés de notre planète. Il serait logique de préserver cette dignité humaine, en mettant le commerce au service de la lutte contre la pauvreté, en retournant la logique qui a jusqu’alors existé. Du modèle libéral se substituera celui fondé sur la solidarité et le développement. Autrement dit, les rapports de force économiques s’estomperont quand les tensions internationales, induites par les inégalités et la pauvreté, disparaitront.

Enfin, la politique qui associe la démocratie locale peut imposer un rythme humain à l’économie. Le pouvoir mondial doit se construire grâce à la confrontation de l’ensemble des États et des cultures.

 Bienvenu H. Diogo 


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