Point de vue

Les voix du G.D.I.R.* qui invitent les Réunionnais à plus de fraternité

Témoignages.re / 3 octobre 2012

Comme on aimerait les voir plus souvent à l’unisson, éveiller les consciences et appeler en frères à aller au-delà de l’être pour faire ensemble dans la fraternité et la solidarité !

Ils étaient là, ces éternels artisans de la paix qui prônent avant tout, en simples citoyens, la recherche de la voix pérenne de la fraternité. Parmi eux, Idriss Bissop-Banian, président du Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion ; Mgr Gilbert Aubry, le guide spirituel chrétien ; un Révérend bouddhiste zen, Philippe ; les représentants de l’Âshram du Port, dont le Swami Adwayananda ; il y avait aussi des officiels, comme le maire de Saint-Joseph et son équipe, ainsi que Jean–René Dreinaza, de la Direction de la Promotion culturelle et sportive au Conseil général.

Tous pour la fraternité

Voilà donc des frères réunionnais qui, indépendamment de leur coiffe, se sont mobilisés pour la 4ème Journée de la fraternité réunionnaise. Leur message, d’une teneur singulière, nous invite — dans leur offrande à l’île — à la contribution à l’édifice d’une société réunionnaise unie, forte, harmonieuse et surtout fraternelle. La fraternité est et reste leur leitmotiv depuis douze ans qu’ils se rassemblent. La magnanimité, qui anime ces femmes et ces hommes habités d’esprit du bien, les guide à conduire ceux qui sont encore en marge de la cité à se rejoindre dans le « dialogue » pour une société égalitaire plus juste, plus fraternelle et tolérante. L’honneur de ces gens simples est de vouloir du bien à leurs proches, de vouloir une société plus humaine. Leur mérite est d’être des bergers qui se donnent la mission de faire entendre la voix de l’espoir, de montrer que tous les humains, du moment qu’ils ont encore le souffle, sont capables de relever le défi de l’avenir avec confiance et sérénité, dans la responsabilité et la solidarité.

Beaucoup d’espoir

Le Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion voit l’avenir avec beaucoup d’espoir, il croit à l’apport de la diversité culturelle, cultuelle et spirituelle dans le renforcement des valeurs qui garantissent le vivre-ensemble réunionnais comme un exemple universellement reconnu. Il compte les transmettre à la jeunesse qu’il prépare ainsi à rejeter la peur et la haine qui mènent à la violence.
Pour le GDIR, rien ne justifierait le repli sur soi ou l’égoïsme, sinon l’obscurantisme et l’ignorance. Alors, dans son message pour gagner la fraternité, il convie toutes les collectivités de croyants et non-croyants à l’unité autour d’elles, et à la relayer partout où elles peuvent se situer sur la planète. Leur vision pour l’avenir réunionnais est de consolider et raffermir nos relations avec les voisins sans distinction d’ethnie, de couleur, d’origine ou de classe sociale.

Les artisans de la paix fraternelle sèment l’amour

Unanime dans ses discours, le Groupe est convaincu que les Réunionnais sont tous habités par la même vie, qu’il n’y a que de différences sur la forme, mais qu’ils se retrouvent sur l’essentiel. Car tout chemin les fait se rencontrer. Même les officiels trouvent des convergences dans ces propos et ils encouragent à arroser cette « belle plante de la réunionnité » dont notre Histoire nous a dotés. La preuve que les « édifices » peuvent se côtoyer sans se heurter. Tout repose sur le principe de la laïcité républicaine, qui impose respect et ouverture à l’autre.
« Ce volcan qui a construit La Réunion entraîne ce souffle de l’esprit », disait Monseigneur Aubry ; c’est une « raison pour briser les limites » de nos peurs qui « nous enferment ». Monseigneur croit, par cette prise de conscience collective du Groupe, que même sur terre, nous sommes sur le même océan qui nous entoure. Il invite à la sagesse et à l’audace de vie qui sont des manières d’action et d’approche de l’infini.

Une journée célébrée dans toute l’île

Clôturant son discours d’espérance, le président Idriss Issop-Banian souhaite, à l’instar des Journées de la paix et de la non–violence déjà célébrées dans notre pays, que le dernier dimanche du mois de septembre soit reconnu et déclaré solennellement la Journée de la Fraternité partout célébrée sur notre île.
Cette audace, qui procède du cheminement vers la reconnaissance de l’importance de cette Journée, déjà pour La Réunion, ne peut qu’être encouragée et accompagnée par tous ceux épris de paix et d’amour.
La fraternité, à laquelle nous convie le vertueux Groupe de Dialogue Inter-religieux ici à La Réunion, est le socle incontournable et indispensable de l’unité réunionnaise. Sans elle, le vivre-ensemble réunionnais perdrait son sens avec le risque de fragilisation induit par la globalisation du monde. Une vigilance accrue demeure indispensable si nous voulons protéger ce patrimoine immatériel légué par la formation de notre peuple.

 Bienvenu H. Diogo 

* Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion


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