Point de vue

Qui sauvera la maison France en feu quand des citoyens veulent l’abandonner ?

Témoignages.re / 9 janvier 2013

Le patriotisme, le civisme et la démocratie sont nos valeurs très convoitées partout dans le monde entier. Aujourd’hui, des évènements politiques amènent certains citoyens à adopter des attitudes on ne peut plus surprenantes et déroutantes. Ces attitudes de certains de nos compatriotes sont renversantes au point qu’on s’interroge sur le sens aujourd’hui du civisme et de patriote. La valeur de la démocratie nous interpelle quand on sait qu’elle nous permet d’exercer nos droits à la liberté et de se plier à la chose communément décidée par nos élus et admis par le peuple.

Le civisme du patriote

Il y a des raisons indéniables et irréfutables qui expliquent, à juste titre dans la démocratie, qu’un citoyen qui a travaillé dur et honnêtement puisse profiter du fruit de son labeur. On peut être agriculteur, fonctionnaire, artiste ou autre, on a justement la liberté de disposer de ses revenus financiers, et cela est incontestable. La démocratie protège par les droits civils et politiques tout sujet qui dispose de la liberté de conscience et d’expression de la liberté d’aller et venir. Et tout citoyen est en droit de réclamer légitimement de l’Etat le respect de ses droits inaliénables parce que l’Etat lui réclamera légitimement l’accomplissement de certains devoirs. Et lorsque certaines de ces lois paraissent inadmissibles pour le citoyen, il est de son plein droit d’user de cette liberté qui lui est donnée de participer à la vie politique et d’être candidat à toutes les fonctions électives pour faire entendre son désaccord et faire des propositions. Mais quand on est patriote, est-on sûr que la réponse à nos interrogations ou à nos désaccords avec telles ou telles décisions des gouvernants serait dans l’infiniment petit des replis sur soi, ou dans un départ vers une autre Nation ? Une chose paraît à nos yeux incompatible et incompréhensible pour les patriotes épris d’esprit de civisme.

Le patriotisme français existe-t-il encore quand la Maison se vide ?

Le patriotisme de certains sent le doute, car au lieu de peser de leur poids intellectuel pour exiger le changement d’une situation intolérable défavorisant pour la collectivité, ils choisissent l’esquive et ils prennent le large. L’amour de la patrie résiste au découragement et, au contraire, incite à s’efforcer de la servir. Ce ne serait pas du civisme ce comportement qui fait que la pratique ne vise pas le respect des décisions prises par les gouvernants. Or, on devrait primer les actes qui doivent faciliter la vie commune, même si, pour le citoyen, ils peuvent être coûteux. Ce ne sont pas des gestes de civisme attendus quand on ne peut se savoir partie prenante d’une collectivité. Il est plutôt souhaitable, voire impératif, qu’en démocratie, on se sente concerné en citoyen, comme un acteur social. Et on doit se conduire comme si de notre comportement personnel dépendrait le cours de l’histoire de notre pays et de la relève de son économie. En même temps, nous avons obligation de respecter les décisions des gouvernants qui sont élus aux suffrages universels et démocratiquement, puis le devoir de participer aux dépenses collectives en fonction de nos ressources et de défendre la société dont on est membre lorsqu’elle est en danger. En ces moments où le pays est à genou économiquement, nous devons faire table rase de tout et surtout de nos états d’âme pour participer à la solidarité nationale, dont grand besoin se fait sentir. Nos libertés, nos droits, nos convictions ne seront pas en contradiction à la participation à l’effort national demandé. L’argent qui fait notre fortune, on l’a gagné de quelque part et de quelqu’un, on ne doit pas s’offusquer quand il faut remettre quelques sous pour redresser et redynamiser notre économie agonisante et moribonde, celle qui doit nous faire vivre tous ensemble. A la liberté républicaine intangible, opposons le droit à l’éthique citoyenne, l’esprit patriotique. Au moment crucial, où la survie du peuple est en danger, on peut faire référence à l’intérêt général, c’est-à-dire de la cité, mère de la démocratie, on doit penser à la vie de la cité. Ce serait un choix sans présomption de culpabilité qui honore ceux qui s’associent librement à la recherche de solutions qui sortiraient la Nation de la crise qu’elle affronte. Ceux qui s’y soustraient ou en ont envie seraient des traites apatrides qui, même sur la conviction de leurs raisons légitimes, resteront incompris.

L’Amour de la patrie

Le citoyen n’est pas seulement un sujet de droit individuel. En même temps qu’il peut jouir de ses droits, il ne doit perdre de vue que c’est l’ensemble des citoyens constitués en collectivité politique ou « communauté » des citoyens qui, par l’élection, choisit les gouvernants, et donc, c’est un ensemble de citoyens qui est à la source du pouvoir. Ce qui l’oblige contre toute son opinion et sa volonté à obéir aux ordres des gouvernants, car ils ont été choisis par ceux qui leur donnent ces ordres, et ils restent sous leur contrôle par l’intermédiaire des élections. La liberté de conscience et d’opinion a des restrictions quand ces apatrides manquent aux qualités de chevaliers parfaits qu’on attribue aux hommes de mérite qui, par leur comportement désinvolte, se désolidarisent des intérêts du peuple qui se bat pour préserver ses acquis.

Ce serait pour les moins courageux une erreur impardonnable de marcher sur ce qui a permis au peuple, dans la fidélité à ses valeurs et à ses principes aux moments importants de son histoire, de se souder pour sortir victorieux des deux grandes guerres. Au lieu de lâcher les compatriotes au nom de la liberté d’opinion, chacun doit se demander ce que lui apportent nos valeurs, et ce, qu’en retour, il peut faire pour la souveraineté de la France.

Bienvenu H. Diogo


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