Tribune libre

Point de vue après le G20 !

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Témoignages.re / 7 novembre 2011

Le G20 réuni à Cannes sous la présidence du Président de la République française s’est achevé le 4 novembre dernier. A l’issue du Sommet, les chefs d’État et de gouvernement ont reconnu, dans leur déclaration finale, que « les déséquilibres mondiaux persistent ».

Cette affirmation ne me surprend pas ; elle est à mon sens éclairée par une autre information — nettement moins diffusée — selon laquelle 1.318 multinationales possèdent des participations dans des sociétés produisant 60% des revenus totaux de la planète. De plus, selon un rapport des Nations Unies, seulement 2% de la population détient la moitié de la richesse mondiale. Le constat de « déséquilibres persistants » doit donc nécessairement s’accompagner de celui des gigantesques écarts entre les niveaux de vie entre les hommes...

Cette affirmation ne me surprend pas quand on sait que ces « déséquilibres » occasionnent des guerres, l’impossibilité d’accès aux soins et aux progrès scientifiques pour des centaines de millions d’hommes et de femmes à travers le monde, des famines qui tuent en particulier nos frères et sœurs du continent africain.

Cette affirmation ne me surprend pas quand on sait que plus de la moitié de la population réunionnaise vit en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 450 euros par mois. Et cela, avec toutes les conséquences malheureuses que l’on peut voir tous les jours.

Or, après ce nouveau G20, dont l’acte final consiste en une déclaration intitulée « Pour bâtir notre avenir commun, renforçons notre action collective au service de tous », Nicolas Sarkozy, celui-là même qui a présidé ce Sommet, prépare l’opinion à une nouvelle cure d’austérité. Heureusement qu’à l’instar du ridicule, la contradiction ne tue pas.

Après avoir créé, en cinq ans, pas moins de 24 taxes qui ont pris 15 milliards d’euros dans le porte-monnaie des familles, N. Sarkozy s’apprête de nouveau à nous alléger de 6 à 8 milliards sur 2012, dans le but d’assurer des revenus aux marchés financiers.

Dans une tentative pour rester crédible, celui qui s’est posé en donneur de leçon de la Grèce, de l’Italie — passons charitablement sur son plan “com” avec le Président Obama — nous remet à la diète afin, paraît-il, de ne pas faire perdre à notre économie son « triple A ». Il s’agit donc, encore et toujours, de faire plaisir à la finance internationale.
Dans ce contexte, nos compatriotes ne peuvent que ressentir de l’inquiétude. Dans ce contexte, notre jeunesse ne peut que se sentir abandonnée. C’est notre modèle réunionnais même, notre cohésion, nos valeurs qui sont sérieusement mis en danger.

Face à la dégradation programmée de ce que nous sommes et à la dépossession planifiée de nos conquêtes culturelles et sociales, la résignation serait une faute.

C’est pourquoi j’appelle tous ceux qui refusent cet ordre inique des choses à la résistance : se saisir de l’espoir est, aujourd’hui, un devoir.

Yvan Dejean,
Membre du secrétariat du PCR



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