Tribune libre

Respecter la vie : un choix, un droit, une liberté

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Témoignages.re / 3 février 2010

Depuis que l’Homme vit en société des dizaines de millions d’hommes (si ce n’est des centaines de millions) sont morts soit pour servir de nourriture à leurs frères cannibales ou pour servir d’offrandes aux Dieux pour obtenir leurs bonnes grâces, une bonne récolte, une issue heureuse à une guerre ou tout simplement pour que des prêtres puissent lire les augures et prédire l’avenir. Les sacrifices humains étaient monnaie courante dans l’antiquité et sont toujours d’actualité notamment dans certaines tribus africaines où les albinos qui sont sensés avoir des pouvoirs magiques font l’objet de meurtre rituel et sont ensuite vendus au détail comme de vulgaires animaux pour des sommes astronomiques.

La mort, la déportation, l’esclavage ou tout simplement l’élimination totale de certaines communautés dépendaient de la bienveillance des monarques ou de l’humeur des tyrans. Les exemples de massacre de population ne manquent pas dans l’histoire et le plus souvent, après une bataille, le sort des soldats vaincus était réglé au fil de l’épée ou par l’esclavage.

Et pour mieux illustrer le peu de cas qu’on a fait de la vie humaine, on peut citer cette parole de Simon De Montfort dans sa guerre contre les Cathares « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens », ou encore cette parole d’un chef d’un parti politique bien connu en France qualifiant le massacre de six millions de Juifs dans les fours crématoires allemands de « détails de l’Histoire ».

Par ailleurs, si la société assure la protection de notre vie, elle nous demande souvent de la lui donner en échange et dans ce cas la valeur de la vie se réduit à peu de chose : l’homme devient de la chair à canon. Le nombre de morts causés par les deux grandes guerres mondiales du siècle dernier nous montre bien combien les vies humaines ont été sacrifiées par les pouvoirs en place avant de déboucher sur un armistice.

Certes actuellement la perte des vies humaines est un souci important des chefs politiques et des chefs de guerre, mais souvent on se soucie plus du soldat que des civils qui paient un lourd tribut lorsque les combats se déroulent chez eux.

Par ailleurs, malgré des progrès certains, les dérapages existent toujours. Les exemples des génocides qui ont été causés au Rwanda, en Serbie et en Yougoslavie ces dernières années, nous montrent bien combien le droit au respect de la vie humaine est bien fragile et surtout combien malgré le vernis de la civilisation, l’Homme reste une bête pour l’Homme.

Il est vrai que les criminels de guerre commencent à payer leur crime et que le droit d’ingérence pour la protection des droits de l’homme institué par l’O.N.U. et par les Etats-Unis pour arrêter les crimes commis en Somalie, en Yougoslavie ou en Afghanistan et plus récemment en Irak, nous permet d’espérer une évolution intéressante du droit au respect de la vie. Mais il y a encore beaucoup à faire pour que la vie soit respectée partout dans le monde, dans les mêmes conditions.
Peut être que cela arrivera lorsque les hommes auront abolis leurs frontières pour ne former qu’une seule communauté : la communauté des humains ou des terriens.

(à suivre)

Joseph Luçay Maillot


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