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Paul Milot, agriculteur pendant 43 ans

Colon puis fermier, il sera sous le seuil de pauvreté

9 décembre 2008

Colon pendant des décennies à Piton Bois de Nèfles, Paul Milot a enchaîné des journées de travail qui pouvaient durer jusqu’à 18 heures. Au 1er janvier prochain, il touchera une retraite de 787 euros, ce qui le situera en dessous du seuil de pauvreté. Paul Milot participait dimanche à la conférence de presse à la Chambre d’agriculture (1). À cette occasion, il est revenu sur les 43 ans qu’il a passé à donner le dos au soleil sur une terre pentue à 45%.

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<p>Paul Milot, agriculteur pendant 43 ans. Il a travaillé comme colon pendant plusieurs dizaines d'années. Montant de la retraite : 787 euros.
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Paul Milot, agriculteur pendant 43 ans. Il a travaillé comme colon pendant plusieurs dizaines d’années. Montant de la retraite : 787 euros. (photo MM)

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Paul Milot, agriculteur pendant 43 ans. Il a travaillé comme colon pendant plusieurs dizaines d’années. Montant de la retraite : 787 euros. (photo MM)

Paul Milot, quel était votre rythme de travail ?

- J’ai commencé à travailler à 13 ans. Tous les jours, il fallait se lever grand matin. En général, je travaillais 15 heures par jour. Mais les jours de marché, il fallait se lever à 2 heures du matin, ce qui faisait des journées de 18 heures. Nous n’avions pas de week-end, ni de jour de fête. Même le 1er janvier, je travaillais. Car pour moi, le travail du 1er janvier faisait que l’année partait sur un bon rythme.
En cas de cyclone, il fallait aussi travailler. Nous allions protéger les plantations car si nous ne faisions rien, nous risquions de tout perdre.

Quel était votre statut ?

- J’étais colon sur la terre d’un propriétaire. Et je peux vous dire qu’à cette époque, le colonat, c’était comme l’esclavage. Il fallait faire tout ce que le propriétaire disait. Si nous voulions planter un pied de banane ou quelques tomates, il fallait demander l’autorisation du propriétaire. Alors les colons étaient obligés d’aller planter ce qu’ils souhaitaient dans les ravines. Si le propriétaire voyait un peu d’herbe dans le champ de cannes, il nous envoyait gratter la terre, passer le balai.
Le propriétaire gagnait un tiers des produits de l’exploitation. Je cultivais deux hectares de cannes. En échange, il devait payer un tiers des engrais et un tiers du transport. Mais il arrivait que des colons devaient tout payer. Après, la répartition a évolué, trois quart-un quart. Le propriétaire se payait sur une base de 8 à 9 tonnes à l’hectare. Ensuite, il y a eu le prix CEE. Nous payions alors le propriétaire directement sur son compte. Mais il fallait travailler tous les jours sur un terrain abrupt, avec une pente de 45%. Je le répète, le colonat, c’était l’esclavage. Cela a duré pour moi jusqu’en 1986.
Après, avec le fermage, nous étions un peu mieux tirés d’affaire. Nous avons pu planter de l’ananas qui rapporte un peu mieux que la canne.
Agriculteur, c’est un métier vraiment fatiguant. Et il doit être mieux valorisé même si les choses commencent à s’améliorer. Sinon les jeunes vont se décourager.

Pour 43 ans de travail difficile, quel est le montant de votre retraite ?

- Je viens de recevoir un papier qui me dit que je toucherai 787 euros par mois. Et encore, je ne suis pas le plus mal loti. J’ai un camarade qui a 74 ans, il a droit à 351,83 euros. D’autres reçoivent des courriers leur indiquant qu’ils gagneront 3 euros par mois de retraite.
Le métier le plus difficile, c’est celui d’agriculteur, et nous sommes les moins bien traités.
Il est urgent que l’on prenne en compte la difficulté du métier d’agriculteur.

(1) Voir "Témoignages" du 8 décembre 2008, page 5.

Propos recueillis par M.M.

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1 Message

  • > Colon puis fermier, il sera sous le seuil de pauvreté 9 décembre 2008 23:42, par kalimouna

    combien sont-ils ? ces Rénioné pris dans le bourrasque de la vies ou la disparité règne en maître a nou ti kolon nou va râle lo diable par la queue pou l’instant cabri i mange salade c’est nauséabond c’est comme si on pisse dans un violon pour tiré un son, l’argent va au riche, comme l’eau va à la rivière. dire que le système actuel est ankylosé .

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