23 août 2010
Pourrie par le populisme, la campagne de la liste UMP aux élections régionales faisait feu de tout bois contre ses adversaires. Aux accusations gratuites contre les personnes, à la diffamation et aux injures les plus écœurantes envers les membres de l’Alliance s’ajoutaient les rumeurs les plus absurdes, propagées en toute connaissance de cause.
S’en souvient-on ? Selon l’une d’entre elles, le tracé du Tram-Train prévoyait de faire passer le chemin de fer sur les ruines du Lazaret de la Grande-Chaloupe, lieu de mémoire lié à l’engagisme. Et cela était fait exprès, ajoutait-on du côté des professionnels de la haine et du ladi-lafé, de leur blog et de leur radio en campagne. Une désinformation manifeste, dans le but évident de jouer des préjugés et d’attiser les suspicions « communautaires ». Dans les conditions normales d’une société normale, média et représentants de la société civile auraient balayé l’absurdité d’une pareille entreprise… et dénoncé comme il se doit les visées malsaines.
Il faut croire que nous vivons dans une société bien malade. Car dans le monde de la presse, parmi les garants du savoir académique et même parmi ceux qui étaient au fait de l’affaire du Lazaret, fort peu se sont employés à faire taire la rumeur. D’autres, il faut bien le dire, l’ont franchement accréditée. Paresse ? Laisser-aller ? Ou complaisance, dans une atmosphère où le lynchage de l’Alliance et de ses projets étaient devenu chose banale ?
Le fait est qu’à quelques jours des élections, on était tombé si bas que des penseurs de café du commerce clamaient, avec la bienveillance des bien-pensants et l’appui d’une certaine presse, que le Tram-Train passerait délibérément sur les tombes de nos ancêtres, engagés et esclaves.
C’est une tout autre réalité qui apparaît aujourd’hui : recruté au Tampon par Didier Robert, maire UMP de Saint-Philippe, conseiller régional UMP, Olivier Rivière a envoyé les bulldozers sur le cimetière marin de Basse-Vallée, qui remonterait à 1820. Et pour le coup, en sachant très bien ce qu’il faisait, le site ayant été répertorié de longue date. Pris la main dans le sac, le premier magistrat de Saint-Philippe se défend comme il peut et annonce qu’il prendra un « arrêté de classement ». En attendant, il est responsable de l’arrachage de plusieurs pierres tombales et du saccage volontaire d’un lieu chargé d’histoire. Une profanation bien réelle…face à laquelle on attend toujours la réaction de ceux qui, pour des raisons politicardes, étaient si prompts hier à dénoncer un attentat imaginaire contre la mémoire des Réunionnais…
G.G.-L.
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