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Connaitre pour conserver : le patrimoine naturel caché des Comores

15 octobre 2008

Le projet "Connaître pour conserver : le patrimoine naturel caché des Comores" est une Réponse à l’Appel à Proposition de Recherche "Biodiversité des Iles de l’Océan Indien".

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L’objectif visé est d’intégrer les connaissances naturalistes sur plusieurs groupes peu emblématiques, mais caractéristiques de l’originalité de l’archipel et illustrant bien les problématiques de conservation, afin de proposer des politiques de conservation pertinentes et adaptées au contexte socio-économique de l’archipel. Il s’agira de montrer l’originalité des Comores et les problèmes qui leur sont propres dans le contexte régional de l’Océan Indien.
En effet Madagascar est depuis longtemps un aimant puissant pour les naturalistes, et concentre la majorité des recherches sur la biodiversité dans la région, suivi par les Mascareignes.
Et pourtant l’archipel des Comores est caractérisé par une biodiversité riche et originale, avec des taux d’endémisme pouvant dépasser 70% dans certains groupes.
De même les écosystèmes forestiers se dégradent et régressent à un rythme élevé, faisant craindre leur disparition à court terme.
Pour répondre à ces dégradations, un réseau d’aires protégées a été créé (Mayotte) ou est en projet (trois autres îles). Or ni l’impact des dégradations sur les espèces à valeur patrimoniale des Comores, ni la pertinence du réseau d’aires protégées n’ont été évalués sur d’autres groupes que les vertébrés supérieurs, qui ne constituent pourtant qu’une petite partie de la biodiversité. En s’appuyant sur des groupes mal connus (plantes à fleurs, mollusques terrestres, arachnides, insectes hémiptères et orthoptères) mais représentatifs de la richesse et de l’originalité de l’archipel, le présent projet vise à répondre à trois questions cruciales pour le développement d’une politique de conservation efficace dans l’archipel :

- Que reste-t-il vraiment de la biodiversité indigène des Comores ?

- Quelle est la pertinence des aires protégées existantes ou envisagées ?

- Où faut-il focaliser les actions de conservation et quelles sont les priorités de conservation d’espèces pour un maximum d’efficacité dans un contexte de ressources humaines et financières limitées ?
L’évaluation de la répartition et du statut de conservation des espèces sera basée sur des données collectées lors de missions de terrain, conduites par les investigateurs du projet et les étudiants et techniciens comoriens formés à cette occasion. Mais le travail proposé dépasse le simple inventaire de la situation actuelle de la biodiversité des Comores, puisqu’il présente également un aspect diachronique, en prenant en compte les données déjà disponibles dans les collections des muséums, donnant ainsi un recul de plus d’un siècle pour juger de l’évolution de la faune et de la flore. Il présente par ailleurs plusieurs aspects innovants, tant sur la collecte des données que sur leur traitement ultérieur : techniques de bioacoustique pour les inventaires d’insectes, utilisation de "Recognizable Taxonomic Units" pour l’exploitation des données de richesse des communautés (gain de temps par rapport aux études taxonomiques classiques), analyses des résultats par la modélisation des niches écologiques, afin de juger de la pertinence du réseau d’aires protégées. Les connaissances développées permettront d’affiner les approches patrimoniales et conservatoires et d’orienter la stratégie et les plans de conservation, en particulier pour les plantes. Le projet tient également compte de la dimension socio-culturelle de la conservation dans le contexte comorien, puisqu’il prévoit de sensibiliser les gestionnaires de l’environnement, mais également de susciter une approche sociologique de la problématique de la conservation de la biodiversité. Le transfert des connaissances est un aspect important du projet, puisque des gestionnaires, enseignants et étudiants comoriens seront intégrés au travail tant sur le terrain qu’en laboratoire (deux séjours prévus d’un thésard comorien au Muséum de Paris). Outre les publications scientifiques, les résultats seront visibles sur le site du Centre d’Echange sur la Biodiversité des Comores et sur le GBIF (Global Biodiversity Information System), et une partie des échantillons collectés sera déposée dans des institutions locales. Le SIG mis en place lors de ce projet sera livré à un organisme comorien.
Le projet est mené par des personnes habituées à l’organisation de grosses missions multidisciplinaires ainsi qu’à leur restitution, en termes de communication et de conservation.
Il est sous la responsabilité du Professeur Jean-Noël Labat (Muséum national d’Histoire naturelle - Département Systématique et Evolution) et Dr Benoît Fontaine (Muséum national d’Histoire naturelle - Département Ecologie et Gestion de la Biodiversité).
Les organismes partenaires sont : le Centre National de la Recherche Scientifique,Paris ; le Centre National de Documentation et de Recherche Scientifiques (CNDRS), Moroni ; le Conservatoire Botanique National de Mascarin, Réunion ; le Muséum national d’Histoire naturelle, Paris ; le Département Systématique et Evolution, UMR OSEB 5202 ; le Département Ecologie et Gestion de la Biodiversité, UMR 5173 ; l’Université des Comores, Moroni et l’Université Cheikh Anta Diop, Dakar.
Selon Mr Yahaya Ibrahim, chef du département de recherche sur la biodiversité au CNDRS, une mission de l’équipe des chercheurs est attendu aux Comores à partir du 18 Novembre.

Said Ahamada, MediaTerre

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