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Après les annonces des Européens, Washington fait évoluer le “Plan Paulson”
15 octobre 2008, par

Lundi, les pays de l’Union européenne ont annoncé un total de 1.700 milliards d’euros pour relancer leurs banques. Washington n’a pas tardé à riposter en débloquant 250 milliards de dollars pour soutenir des institutions financières, dont neuf des plus grandes banques américaines. Grâce à ses pleins pouvoirs, le gouvernement des Etats-Unis a pu rapidement adapter le “Plan Paulson”, prévu à l’origine pour racheter les créances douteuses. Washington puise donc dans cette enveloppe pour renforcer une industrie financière en pleine déconfiture, et montre que la guerre monétaire est entrée dans une nouvelle étape.
Lundi en Europe, les gouvernements ont détaillé leurs plans nationaux. Au total, près de 1.700 milliards d’euros ont été mis sur la table pour dégripper la machine bancaire.
Hier, Washington a débloqué 250 milliards de dollars pour entrer au capital d’institutions financières dont neuf des plus grandes banques américaines, a annoncé le ministre du Trésor américain Henry Paulson.
Les neuf plus grands établissements bancaires du pays recevront 125 milliards de dollars. Ce sont Bank of America, Wells Fargo, Citi group, JP Morgan, Goldman, Morgan Stanley, Bank of New York, Merrill Lynch et State Street, indiquent “Les Echos” d’hier citant le “Wall Street journal”. Rappelons que grâce à l’aggravation de la crise des subprimes, Bank of America est devenue la plus grande banque du monde en rachetant Merill Lynch. Ce géant recevra 25 milliards de dollars.
Washington actionnaire des banques
JP Morgan Chase, devenue la plus grande banque de dépôts des Etats-Unis grâce au rachat des actifs de la caisse d’épargne Washington Mutuals, recevra la même somme, ainsi que Citigroup, autre géant bancaire. « Wells Fargo, qui émerge de la crise comme un nouvel acteur majeur du secteur après son rachat de Wachovia, recevrait entre 20 et 25 milliards de dollars. Les deux ex-banques d’investissement Goldman Sachs et Morgan Stanley devraient recevoir une injection de 10 milliards de dollars », précisent “Les Echos”.
En échange de ces fonds, l’Etat américain entrera dans le capital de ces banques.
Prenant la parole une heure avant l’ouverture de la Bourse de Wall Street, le président américain a dit qu’il s’agit de « stabiliser les institutions financières pour stabiliser les marchés ». George Bush affirme que « ces mesures ne sont pas destinées à prendre le contrôle de l’économie de marché, mais à la préserver ».
Vendredi et samedi à Washington, le G7 et le G20 ont vu le président américain imposer sa présence et son analyse. Ce dernier a dit en substance aux pays du monde qu’ils devaient s’adapter aux décisions prises par Washington pour gérer la crise financière. Autrement dit, il s’opposait à ce que d’autres pays imitent le “Plan Paulson”. Car George Bush avait bien précisé que grâce à ce plan, les Etats-Unis allaient pouvoir rester les leaders de l’économie mondiale.
L’atout des pleins pouvoirs
Dimanche, les pays de la zone euro ont défini une riposte pour préserver l’euro sérieusement mis en difficulté par l’impact de la crise financière. C’est une véritable contre-offensive monétaire que les pays européens ont mise sur pied. Lundi, sans tenir compte de l’avertissement du président des Etats-Unis, ils ont annoncé au total un plan de soutien de 1.700 milliards d’euros. Les marchés sont repartis à la hausse en Europe.
Face à cette situation, Washington a réagi rapidement en modifiant le “Plan Paulson”. Doté des pleins pouvoirs, le gouvernement américain a pu en effet du jour au lendemain affecter d’emblée 250 milliards de dollars pour la capitalisation d’institutions financières, dont la moitié rien que pour neuf banques. Ces pleins pouvoirs ont donné à Washington l’agilité nécessaire pour agir de telle manière que l’annonce de cette mesure a pu être faite juste avant l’ouverture de Wall Street.
En mettant 1.700 milliards d’euros sur la table, les Européens ont montré qu’il pouvait se battre à armes égales. Washington a donc dû ouvertement modifier sa stratégie, montrant que la nouvelle étape de la guerre monétaire est lancée. Et si le président des Etats-Unis veut « stabiliser les marchés » et « préserver l’économie de marché », c’est uniquement dans le seul objectif de consolider l’hégémonie des Etats-Unis grâce au dollar.
Manuel Marchal
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